‹ Contribution à l'étude de la pneumectomieChapitre 29 sur 59 · OBSERVATION XIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIV

Récidive de carcinome mammaire. Large résection des plèvres el ablation d’un morceau de poumon adhérant à la paroi.

(HeINRricx et Gross. Beitraege zur Klinis. Chirurgie, 1899, page 288.)

Bôge (Emma), 47 ans, rentre à la clinique du professeur Krause, à Altona, le 17 janvier 1893, présentant, du côté gauche, une récidive de carcinome du sein dans la cicatrice. (Elle avait été opérée trois ans auparavant par le docteur Neuber-Kiel).

On résèque 12 centimètres de longueur de la troisième côte, portion s'étendant du sternum à la ligne axillaire antérieure. On constate la présence d’un noyau de la grosseur d’une noix ; il occupe l’espace intercostal même et se prolonge plus loin adhérant aux feuillets pleuraux. Pour extirper la tumeur le plus largement possible, on résèque la quatrième et la cinquième côte sur 12 centimètres de longueur. La mammaire interne est prise entre deux ligatures et réséquée.

Après ablation des trois côtes précitées, les feuillets pleuraux sont réséqués sur une étendue égale à celle de la paume de la main, ainsi qu'un lambeau de la largeur d’une pièce de trois marcs, paraissant adhérer à la paroi costale dans l'angle inférieur de la plaie. Le cœur était ainsi mis à nu sur une bonne étendue. L’ablation des feuillets pleuraux se fit au bistouri et aux ciseaux; l’hémorragie de la surface pulmonaire fut comprimée avec des tampons. Des adhérences rattachaient le poumon lui-même à la paroi dans toute la partie correspondant aux points d'attache du carcinome aux feuillets pleutaux.

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Au voisinage de l'incissure cardiaque, un morceau de tissu pulmonaire épais du volume d’une grosse pomme reinette d'Allemagne fut enlevé, laissant une dépression en forme d’entonnoir. L’hémorragie est arrêtée en partie par le tamponnement, en partie par la ligature des gros vaisseaux saisis avec des pinces. La cavité est aussitôt fermée par une suture profonde au catgut accolant les bords de l’excision. Dans ce temps, la partie du lambeau inférieur s’avançant vers le sternum fut attirée et suturée en haut dans le but de recouvrir la portion péricardique réséquée.

Pour maintenir le poumon au-devant du cœur, la ligne de suture fermant l’excavation pulmonaire fut encore fixée à la paroi thoracique.

Les lèvres de la plaie cutanée sont incomplètement rapprochées mais suffisamment cependant pour recouvrir le cœur. L'angle inférieur de la plaie entrouvert fut comblé par bourveonnement.

Le 13 février 1893. La malade était guérie. Rien d’anormal du côté du cœur. Six mois après la guérison, l’examen cardiaque est normal.

La malade mourut chez elle un an et demi après l’intervention, de cause ignorée.

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