‹ Contribution à l'étude de la pneumectomieChapitre 28 sur 59 · LT ES · texte numérisé non relu

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Dans toute la hauteur de l’ouverture faite à la paroi, un linge est appliqué, à travers la plèvre, sur le poumon, et sur lui, on disjoint les quatrième, cinquième, sixième côtes; de la troisième à la septième côte, toute la paroi latérale du thorax est ouverte, laissant voir l’intérieur de la cavité. Une grosse tumeur, du volume d’une tête d’enfant, apparaît, adhérent d’une part à la paroi et de l’autre à toute la portion du poumon sous-jacente au lobe supérieur. On libère les bronches et les vaisseaux, puis le reste du pédicule pulmonaire, traversé avec une aiguille courbe, fut lié avec fort fil de catgut et sectionné.

L’hémorragie des vaisseaux du pédicule fut insignifante. Un lambeau de tissu pulmonaire, rattaché au moignon, fut rabattu et cousu sur la tranche de section des vaisseaux et des bronches, en sorte que le moignon était recouvert de séreuse sur toute sa surface.

En arrière, larges adhérences rattachant la tumeur aux parois thoraciques et s'étendant presque jusqu’à la colonne vertébrale. On se décide à ouvrir la paroi de la troisième côte, aux insertions du diaphragme. Pour mener rapidement ce temps, on se sert d’une scie à chaine.

En haut, le trait de section nasse par la troisième côte, les parties molles du troisième espace intercostal, la musculature de la plèvre et l’omoplate elle-même, dans la partie située audessous de l’épine.

En bas, par le mème procédé, section de la paroi thoracique, suivant une ligne passant près de la colonne vertébrale, audevant des apophyses transverses des septième, huitième, neuvième, dixième et onzième côtes.

Ainsi, les septième, huitième, neuvième, dixième côtes, et les espaces intercostaux correspondants furent enlevés.

L’hémorragie consécutive à ce sciage de la paroi est peu considérable : les intercostales sont comprimées et liées.

De la paroi thoracique droite il ne reste plus, en haut, qu’un volet de faible étendue recouvrant le reste du moignon pulmonaire afaissé, à la partie inférieure, la portion abdominale de

Te

la paroi costale. La moitié du diaphragme et celle du médiastin sont à jour.

La rétraction de la peau est telle qu'il ne faut pas songer à en recouvrir lhorrible plaie opératoire. On se contente de tamponner la cavité et de jeter dessus un pansement de gaze stérilisée. Durée de l’opération, une heure et demie. Pendant ce temps-là le malade resta dans un collapsus très marqué: extrémités froides, peau et visage pales, pouls à peine perceptible rapide mais régulier, respiration superficielle mais accélérée. Injection sous-cutanée d'huile camphrée et d’un litre de sérum artificiel.

Quelques heures plus tard, légère amélioration ; les extrémités sont chaudes ainsi que Île reste du corps; le pouls réeulier reste rapide, 140° à la minute.

Au bout de six heures, tout danger de collapsus est écarté. Pouls et respiration restent ce qu'ils étaient; celle-ci se fait sans peine et sans douleur, onze heures après, le malade a un peu dormi. Le surlendemain, 11 juin 1897, le pouls est à 160 avec des intermittences, la respiration est très difficile. Mort à 7 heures du soir.

L’autopsie montre une anémie profonde des organes; ia plaie n’est pas infectée, n'a pas saigné; le poumon gauche sain ; aucune métastase dans les viscères abdominaux.

L'ensemble des parties réséquées pèse 2.130 grammes. La hauteur de la masse est de 1$ centimètres; elle mesure 15 centimèêtres de profondeur au niveau du pédicule pulmonaire. Elle comprend une portion des huit côtes suivantes : les quatrième, cinquième, sixième sont réséquées du col au cartilage en avant; la septième en totalité jusqu’au cartilage ; la huitième côte sur une longueur de 19 centimètres; la neuvième sur 15 centimètres et 10 centimètres de la dixième.

La troisième côte est réséquée sur 27 centimètres de longueur. Donc en tout huit côtes dont cinq dans presque toute leur longueur.

L'examen microscopique de la tumeur à montré que l’on

avait affaire à un sarcome à petites cellules rondes noyées dans un stroma de tissu conjonctif peu dense.

Dans le poumon, ce tissu de néoplasie prolifère sans limite tranchée avec celui de la tumeur elle-même; les cellules alvéolaires y sont en pleine prolifération offrant un aspect intermédiaire entre celui des cellules épithéliomateuses et celui des masses sarcomateuses.

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