‹ Contribution à l'étude de la Pneumonie des DiabétiquesChapitre 13 sur 20 · RAC VERS · texte numérisé non relu

RAC VERS

ses symptômes habituels, mais où ces symptômes sont atténués ou modifiés.

Le frisson manque souvent ou est à peine marqué. Le point de côté est loin d'être constant. Par contre, la dyspnée est très marquée; cette dyspnée violente est le symptôme dominant; elle est en rapport avec l'intensité et l'étendue des phénomènes congestifs. L'expectoration est peu abondante.

La fièvre n’est pas très intense, elle ne dépasse pas toujours 38°. Ceci s'explique facilement. La température des diabétiques est d'ordinaire abaissée, parfois à 36° et 34", chez les diabétiques en état de dénutrition : « Tant que le diabétique répare ses pertes organiques, dit Jaccoud, sa température reste normale ; dès qu'il commence à mai-, orir, elle baisse ». D'autre part les imfections, qui causent une grande élévation de iempérature férysipèle, phlegmon, elec.) ne s'accompagnent souvent, dans le diabète, comme l’a montré Lécorché, que d’une ascension thermique insignifiante. Toutefois, à ce point de vue, la pneumonie fait assez fréquemment exception : dans un cas de Merklen, la température, pendant la plus grande partie de son évolution, est restée au-dessus de 39°: elle dépassait 39° et atteignait même 40°? dans un cas de Cantani ; elle s'était élevée chez un- malade de Lécorché jusqu'à 40°1. Chez le malade de MM. Rauzier el Roger, la température reetale au 8" jour de l'évolulion atteignait encore le soir 393.

Quant à la marche cyclique de la fièvre pheumonique, le diabète ne l'influence en rien, sauf quand survient quelque complication locale.

Les signes physiques sont ceux de la pneumonie habi- Luelle ; matité, exagération des vibrations, souffle, sous-

crépitants, plus ou moins nets, plus ou moins étendus suivant l'intensité et Fétendue du bloc pneumonique.

- Quant à l’action de la pneumonie sur les urines, elle est assez analogue à ce qui se passe chez l'individu normal, exception faite de la disparition du sucre dont nous aurons à reparler plus loin. D'une facon générale la quantité d'urine diminue; l’urée augmente, comme cela est fré-

me

quent, vers le 4% ou 5% jour de la pneumonie banale {(Talamon et Lécorché) : chez le malade de Merklen, il y a élimination de 42 gr. d’urée: chez celui de MM. Rauzier et Roger 54 gr. Par contre il y a rétention chlorurée atteignant dans le cas de MM. Rauzier et Roger 1.08 el dans un cas de Huchard jusqu'à 0.36.

3° Pneumonie à évolution foudroyante. — Il est enfin des pneumonies où la mort survient d'une façon très rapide-et souvent brutale, en 24 à 36 heures, ou même en 5 ou 6 heures. Ce sont les cas que Bouchardat avait particulièrement étudiés sous le nom de pneumonie foudroyante et que Dieulafoy appelle pneumonie foudroyante de Bouchardat. En voici deux exemples empruntés à Bouchardat :

OBSERVATION III (Résumée).

Bouchardal: Mémoire de l'Académie des Sciences, 1851

G... Emmanuel, 17 ans, entré un assez grand nombre de fois à l'Hôtel-Dieu pour son diabète : polyphagie, polydypsie, polyurie, 6 à 8 litres d'urine contenant envi-

- ron 100 gr. de sucre. Après un mois ou deux de régime,

le glycose disparaissait, le malade se rétablissait, mais s'empressait de quitter l'hôpital.

« Quinze jours après sa dernière sortie il dépense une parie de son épargne, dans une bombance où les féculents ne furent pas ménagés. A la suite d’un refroidissement, il fut pris immédiatement d'un frisson, de fièvre, de difficulté de respirer, il se fit aussitôt transporter à l'Hôtel-Dieu, mais cinq heures après son admission il avait succombé. |

» L'autopsie démontra qu'il était mort des suites d'une pneumonie foudroyante. Ses poumons rapelissés, gor gés de sang noir, avaient perdu toute perméabilité ; quelques tubercules vus au sommet du poumon gauche. Les reins avaient leur forme, leur couleur et leur consistance ordinaires; leur volume paraissait un peu augmenté; les autres organes ne présentaient rien d'anormal. »

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