‹ Contribution à l'étude de la Pneumonie des DiabétiquesChapitre 19 sur 20 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

Le pronostic de la pneumonie des diabétiques est grave, mais il n'est pas absolument falal comme l'avait écrit Bouchardat à propos de malades d'hôpital débilités où cachectiques. Bouchardat était d’ailleurs revenu ultérieurement sur sa première assertion. Les guérisons ne se comptent plus.

«Chez lies diabétiques, dit Grisolle, même chez ceux qui conservent une santé apparente, la pneumonie à une gravité exceptionnelle ; elle guérit pourtant; j'en ai vu récemment un assez remarquable exemple... sur un des artistes les plus éminents de la Comédie-Francçaise. »

«J'ai vu, comme Bouchardat, dit Léjine, des diabétiques jeunes succomber en quarante-huit heures à une pneumonie. Mais ces cas, foudroyants en quelque sorte, sont devenus rares. En effet, ils ne se rencontrent guère que chez les diabétiques ne suivant aucun régime, soit que leur diabète ait été méconnu, soit pour un autre motif. Or ce type de diabétique est devenu relativement moins fréquent... D'autre part une pneumonie peut évoluer chez certans diabétiques comme chez les sujets sains: j'ai vu trois cas de ce genre; dans un de ces cas, le diabète, assez grave, entraîna la mort l’année suivante par phtisie-pulmonaire ». Naunyn a également observé des pneumonies bénignes chez des diabétiques graves.

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Rappelons enfin l’heureuse influence qu'’eut la pneumonie sur l’évolution du diabète dans le cas de Glaessner,

cité plus haut.

Quoiqu'il en soit, le pronostic reste grave, soit que la mort survienne presque subitement, soit qu'une complication mortelle s'installe : suppuration, gangrène, urémie, insuffisance myocardiaque liée à l’artériosclérose et à l'obésité.

Cette gravité du pronostic dépend de 3 facteurs prineipaux (Rauzier) :

I Une plus grande virulence de l'infection due à la présence du milieu sucré favorisant la pullulation du paneumocoque et des microbes de la suppuration

2 Le défaut de résistance du terrain diabétique.

3° L'insuffisance de la fonetion respiratoire propre au diabétique.

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TRAIÏTEMENT

Avant tout, il faut éviter l'installation d'une pneumonie chez un diabétique. Comme l’a dit Landouzy, le diabétique estun colis fragile ; aussi un surcroît de précautions serat-il toujours de mise dans le moindre de ses déplacements. Il faudra éviter au diabétique tout Juase el surtout tout refroidissement.

Une fois la pneumonie installée, on luttera contre elle par les moyens ordinaires. Comme révulsif, on emploiera localement les cataplasmes sinapisés, les ventouses et l’on proscrira complèlement le vésicatoire à cause de la possibilité d'érysipèle ou de gangrène au point d'application et surtout à cause de la possibilité d'une néphrite sur un rein déjà prédisposé. Comme décongestionnant on utilisera le kermès, et l’on ‘évitera l'ipéca et surtout le tartre stibié qui prédisposent trop à l'adynamie.

On s’adressera surtout à l’état général afin d'éviter l'adynamie, la gangrène, la suppuration ; on administrera des toniques (alcool, kola) et des médicaments anti-infectieux (électrargol, par exemple). On empêchera le collapsus cardiaque en soutenant le cœur au moyen d'injections d'huile camphrée, d'éther, de caféine. On évitera l'urémie en poussant aux urines au moyen du régime lacté, de la théobromine.

VA 2e Quant au diabète, on attendra, pour le traiter, que le malade soit guéri de sa pneumonie. Avec M. le professeur Rauzier nous ne croyons pas, à l’encontre de Ja plupart des auteurs, qu'il faille administrer aux diabétiques de l’antipyrine durant le cours de la pneumonie, à cause du retentissement souvent fâcheux de l'antipyrine sur le rein.

. GONCLESIONS

Parmi les complications respiratoires aiguës du diabète, la pneumonie est la plus fréquente.

Elle survient surtout chez les diabétiques anciens, déjà débilités ou cachectiques ; parfois c’est à l’occasion de la pneumonie que l'analyse d’urines décèle un diabète jusqu'alors latent. i

Cette pneumonie a une gravité considérable. Elle emporte parfois les malades en quelques heures (forme foudroyante de Bouchardat) ou bien elle aboutit à une complication fatale, suppuration, gangrène, urémie, insuffisance cardiaque en partie liée à de l'artériosclérose et à une surcharge adipeuse. La gravité de son pronostic ést due à l'accroissement de virulence du pneumocoque et des microbes associés (par suite des milieux sucrés),au défaut de résistance du terrain, à l'insuffisance respiratoire du diabétique. La mort n’est pas toutelois l'aboutissant fatal de la pneumonie.

Son diagnostic est souvent difficile à cause de son allure discrète et de sa marche insidieuse (sans fièvre, sans point de côté violent, sans grande expectoration); la dyspnée, assez intense, doit, chez un diabétique avéré, faire penser à ce diagnostic. Dans les cas où la pneumonie a des allures plus franches et attire suffisamment l'attention, c’est souvent le diabète qui est méconnu, d’où

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