INOCULATION AU COBAYE DE LA SÉROSITÉ ARTICULAIRE
Cette inoculation donne des résultats variables. Il n’est pas rare qu’elle soit négative, dans des cas où tous les arguments cliniques sont en faveur de la bacillose, même lorsque l’autopsie montre des lésions indiscutables. L'observation. de MM. Düurour et Ecarre souligne ce fait. L’inoculation de la sérosité articulaire fut négative alors que celle d’une partie de la synoviale prélevée au cours de l’autopsie tuberculisa le cobaye.
Un résultat négatif ne doit donc pas faire rejeter le diagnostic de bacillose.
Parmi les constatations positives, on doit distinguer plusieurs | groupes de faits. Dual
On compte actuellement un chiffre appréciable de cas où l l’inoculation développa chez le cobaye une tuberculose typique telle que l’a décrite Virremm. Ces cas, devenus plus fréquents ces derniers temps, sont en tout d’une vingtaine environ.
Cependant, parmi ces inoculations on peut fréquemment | souligner quelques atypies. Dreuraroy et Grirron, BaRBier, Décser, Mirran, chez leurs animaux inoculés avec des liquides articulaires, ont obtenu des lésions généralement tardives, la
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plupart du temps bénignes. Le cobaye inoculé par MM. Durour et Ecarre ne présentait pas trace de chancre tuberculeux au niveau de la cuisse mais des tubercules de la rate. Devant le résultat négatif au point d’inoculation, ces auteurs n'avaient pas osé faire état de cette recherche.
Dans un autre groupe de cas, on doit ranger les faits décrits par MM. Parsseau et Oumansxy. Ces auteurs ont obtenu chez leurs animaux une tuberculose atypique, restant pendant plusieurs passages, localisée au système lymphatique sous forme de tuméfactions ganglionnaires ne contenant qu’un petit nombre de bacilles acido-résistants. Cette tuberculose est strictement comparable à celle provoquée par l'inoculation de produits tuberculeux filtrés.
Avec M. Vrararp, dans un cas de purpura rhumatoïde, l’inoculation de la sérosité d’une arthrite du genou accompagnant ce purpura, provoqua une tuberculose localisée aux ganglions et sans généralisations viscérales.
Dans un autre cas, il s'agissait d’un malade tuberculeux pulmonaire qui présentait une polyarthrite subaiguë. Ce malade avait subi plusieurs poussées polyarticulaires. Au cours de l’une d'elles la ponction d’un genou permit de retirer un liquide dont 10 centimètres cubes furent respectivement injectés à deux cobayes qui succombèrent trois semaines seulement après l’inoculation. Les deux animaux présentaient des tuméfactions ganglionnaires iliaques et lombaires. Mais sur la rate de l’un d’eux il existait deux petits tubercules avec présence de bacilles de Koch sur les frottis. Un animal réinoçulé avec le produit de broyage des ganglions hypertrophiés présenta une tuberculose typique constatée trois mois après son inoculation.
L’inoculation de la sérosité d’une hyÿdarthrose du genou, consécutive à une polyarthrite aiguë, chez un sujet présentant ‘des signes cliniques et radiologiques de tuberculose inactive et fibreuse, donna des résultats analogues.
Chez une malade atteinte d’une arthrite aiguë suppurée consécutive à un épisode rhumatismal aigu, ces auteurs ont obtenu
avec le pus et les fongosités prélevés à la curette, une tuberculose atypique remarquable en ce fait que les ganglions, très volumineux et abcédés, contenaient un nombre considérable de bacflles acido-résistants, qui, malgré plusieurs passages successifs, ne provoquèrent aucune lésions viscérale.
Un cas concerne une hydarthrose récidivante, post-traumatique de l’épaule, À ces observations il faut ajouter celle de MM. Bezancow, Oumansky et M" Pau. L'inoculation du liquide articulaire d’une polyarthrite tuberculeuse leur donna une tuberculose purement ganglionnaire.
MM Parsseau et Oumansky résument de la sorte les particularités de la tuberculose qu'ils ont observées.
“CO Hypertrophies ganglionnaires multiples et be tant au niveau dé la région d’inoculation qu'au niveau des groupes abdominaux, iliaques et lombaires, mésentériques et bronchiques ; chez plusieurs animaux, les adénopathies bossuaient et déformaient la région inguinale inoculée et on pouvait encore sentir à la palpation des chapelets de petits ganglions en grains de plomb remontant presque jusqu’à l’ombilic ; dans plusieurs cas, ces ganglions atteignaient les dimensions d’une petite bille ou d’une noisette. Ces ganglions suppurent fréquemment, cette suppuration pouvant aller jusqu’à l’abcédation complète du ganglion et sa fistulisation lorsqu'il s’agit d'un ganglion inguinal ; surtout lorsqu'ils sont suppurés, quoique non constamment, ces ganglions contiennent, contrairement à ce qui s'observe dans la tuberculose type Calmette-Valtis, des bacilles acido-résistants en très grand nombre.
«2° Ces tumeurs et abcès ganglionnaires régressent le plus souvent et leur disparition peut être à peu près complète aux environs du quatrième ou cinquième mois, les bacilles tendent également à diminuer et à disparaître complètement ; chez un certain nombre d'animaux, dont la survie a été suffisante, nous n'avons plus observé de bacilles acido-tésistants ; dans deux cas où nous avions observé une suppuration inguinale avec