‹ Contribution à l'étude de la polyarthrite aiguë tuberculeuseChapitre 22 sur 29 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

PoncET a soutenu qu'il s’agissait là d’une tuberculose d’un

type spécial : tuberculose inflammatoire due à des toxines. Ces toxines sécrétées en un point quelconque de l’organisme viendraient se fixer sur certaines articulations pour y produire des lésions banales auxquelles il manque la signature du bacille. Pour soutenir sa thèse, PonceT s’appuya sur de nombreux faits : les arthropathies consécutives à des injections de tuberculine (Mirrran), les réactions focales chez les rhumatisants après cuti ou ophtalmo-réaction, le balancement entre arthropathies et la marche des accidents pulmonaires, et surtout la banalité des lésions rencontrées.

Cette opinion n’est actuellement plus soutenable. En effet, les toxines du bacille ne sont pas diffusables et d’autre part la présence du bacille au niveau des articulations atteintes a été vérifiée dans un trop grand nombre d'observations pour que l’on puisse considérer ces cas comme exceptionnels. LETULLE a montré que les lésions de sclérose imputables au bacille tuberculeux ne sont que des lésions focales et que les lésions à distance ne sont pas dues à la toxine qui n’est pas diffusable, les toxines bacillaires étant des poisons adhérents.

Pour ARLOING, il y aurait bacillémie passagère avec arrêt et colonisation en certains points. Cette explication cadrerait assez bien avec les faits connus actuellement : la faible quantité et la virulence atténuée des bacilles rencontrés au niveaux de ces articulations. En effet, le caractère souvent atténué de l’évolution de la bacillose chez les animaux inoculés, qu'il s'agisse du type Villemin et à plus forte raison du type Paisseau- Oumansky, indique bien que l’on est en présence de bacilles n'ayant pas leur virulence habituelle. « La difficulté de repro-

nd L.! dose othe

Ro duire une tuberculose généralisée typique par l’inoculation de produits dans lesquels les bacilles acido-résistants se trouvent en grande quantité témoigne à coup sûr qu'il s’agit de races dont la virulence doit être considérée comme très notablement atténuée » (ParssEAU et OUMANSKY).

Ce qui n’est pas le moins curieux dans cet ordre d'idées, c'est la difficulté qu'ont éprouvé certains auteurs à mettre en évidence le bacille d’une part au niveau des articulations, mais aussi dans leur expectoration lorsque ces malades étaient aussi des pulmonaires.

Etant donné que l’on rencontre le bacille au niveau des articulations et aussi dans le sang des malades, on doit admettre comme pour le gonocoque que l'infection se fait par voie sanguine.

L'évolution ultérieure doit être due pour une certaine part au hasard de sa localisation primitive au niveau de l’articulation ; si le courant sanguin le dépose au niveau de la synoviale on assistera à l’évolution d’une forme aiguë fluxionnaire alors qu’au niveau du cartilage il donnera plutôt une forme plastique.

D'autre part, le terrain doit jouer un rôle des plus importants. L'intensité de la réaction à la tuberculine que présentent ces malades en est une preuve. Ce sont des organismes pour lesquels le bacille est particulièrement désagréable.

Devant la diversité de cas observés on est en droit de se demander si de nombreux facteurs n’entrent pas en jeu. D’ailleurs M. BEzANÇON a émis l’opinion que parmi les manifestations articulaires qui peuvent survenir au cours de la tuberculose, un certain nombre peuvent être d'ordre protéinique et comparable à la maladie du sérum.

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