ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Nous n'avons, dans la littérature consacrée à ce sujet, trouvé qu'un nombre restreint d'observations. L'évolution se faisant soit par la guérison, soit par la constitution d’une tuberculose articulaire chronique, ne permet pas de constatations nécropsiques fréquentes. |
D'après Poncer, les lésions sont très banales. La synoviale est épaissie, survascularisée. Dans les cas à tendance hydropique, cas favorables, cette synoviale est infiltrée par un œdème gélatineux, faisant saillie dans la cavité articulaire et laissant exsuder un peu de liquide citrin. Dans les formes à tendances ankylosantes, outre l’épaississement de la synoviale, les cartilages présentent une teinte grisâtre, lavée, un léger dépoli et par endroits quelques rugosités et des taches rougeätres lie de vin.
MM. Durour et Ecazze ont pu examiner le genou d’un malade qui avait présenté à ce niveau des signes d’épanchement transitoire au cours d’une polyarthrite. La synoviale présentait peu d’altérations ; par contre, sur le cartilage de revêtement d’un condyle on apercevait une ulcération de la largeur d’un pois à fond jaunâtre. Une partie de la synoviale inoculée à la racine de la cuisse d’un eobaye le tuberculisa.
Enfin, tout récemment, MM. BEzancon, M. P. Weir, DE- LARUE, Oumansky et M° Pau ont décrit les lésions rencontrées à l’autopsie d’une malade qui avait succombé à la suite d’un rhumatisme bacillaire d’allure spéciale. Au niveau du genou la capsule articulaire et les tissus qui l’entouraient avaient une résistance extrêmement augmentée et une épaisseur atteignant 6 à 8 millimètres ; de la face profonde de la synoviale partaient des brides fibreuses assez lâches, peu vasculaires, qui réunis-*
A Qi den saient la capsule aux surfaces articulaires et ces surfaces entre elles. Les ménisques étaient normaux et la cavité contenait une très faible quantité de liquide séro-fibrineux.
L'étude histologique de la capsule montra qu’elle était constituée par des faisceaux collagènes, denses, onduleux, parallèles, feutrés de fibres élastiques, sillonnés de vaisseaux grêles, tous entourés de manchons cellulaires inflammatoires polymorphes : lymphocytes, polynucléaires neutrophiles et surtout ‘ plasmocytes, histiocytes enfin en métamorphose inflammatoire. En aucun point on ne constatait de formations épithélioïdes, de véritables follicules tuberculeux. L'examen histo-bactériologique montra deux bacilles inclus chacun dans un des volumineux macrophages situés dans les modules inflammatoires péri-vasculaires. |
Il s’agit donc là de lésions banales quant à leur allure, mais spécifique quant à leur étiologie.