HISTORIQUE
Il n’y à guère que trente ans que le rhumatisme tuberculeux est devenu une entité morbide. Cependant, il y a longtemps que les cliniciens ont eu le soupçon qu'à côté des manifestations ordinaires de la tuberculose articulaire il pouvait y en avoir d’autres. |
Déjà, en 1845, Bonnet notait la transformation sur place d’une arthrite qualifiée de rhumatismale en une arthrite fongueuse. nee
Ce n’est qu’en 1874 que le premier travail important fut fait sur cette question. Power, sous l'inspiration de son maître GUBLER, se propose, dans sa thèse, d’étudier les affections rhumatismales qui surviennent chez les tuberculeux sous l'influence générale de la diathèse, dit-il, et sans l'intervention directe du tubercule comme lésion anatomique.
En 1876, le professeur LAverAN, du Val de Grâce, publie une observation très intéressante mais rare. Il reçoit un soldat qui présentait une polyarthrite d’allure rhumatismale : quelques jours après son malade fit une granulie généralisée à forme asphyxique. À l’autopsie, les synoviales étaient bourrées de granulations. è
Mais c’est à Poncer que revient le grand mérite de montrer que la tuberculose peut donner des manifestations articulaires curables. En 1896, une observations lui révéla le rhumatisme tuberculeux. 11 observe un enfant de 15 ans qui avait une coxalgie suppurée, des lésions pulmonaires relativement discrètes, des synovites des gaines de poignet, des polyarthrites multiples des articulations interphalangiennes et une pléiade de ganglions cervicaux. Quelques jours après son entrée, il fut
atteint d’une crise de rhumatisme articulaire aiguë occupant les articulations de genou et du pied : manifestations aiguës ayant l’allure du rhumatisme et ces manifestations, dit-il, tournèrent brise assez brusquement. Quelques semaines plus tard, le rhumatisme se présenta de nouveau âvec la même allure.
S'appuyant sur la banalité des lésions rencontrées, l’absence habituelle des bacilles à leur niveau, il affirma qu'il s'agissait là d’une tuberculose d’un type spécial : tuberculose inflammatoire due à des toxines.
L’impulsion donnée par Poncer fut féconde en résultats. A Lyon, des disciples enthousiastes se mirent à l’œuvre ; les communications s’y succédèrent ininterrompues. Une avalanche de thèses, d'observations parurent en quelques années à ce sujet. Si le rhumatisme tuberculeux fut de suite admis à Lyon, il n’en . fut pas de même à Paris où il fut violemment combattu. Cependant, Lanpouzy en admettait l'existence : il a même publié avec mon maître M.'La£perLiCH, un cas de phtisie septicémique avec déterminations pulmonaires pleurales, cutanées, périostées et articulaires. Une coupe montra la présence de bacilles au niveau d’une articulation.
Poncer a, peut-être, exagéré la fréquence et l’importance du rhumatisme tuberculeux. Déclarer que toute manifestation articulaire chez un tuberculeux doit être considérée de même nature, nous parait une formule par trop rigide. Mais « l’exagération est le propre des apôtres et, à tout prendre, les recherches de ce Maître ont été particulièrement fécondes » (Broca).
Cette question du rhumatisme tuberculeux, après les discussions passionnées auxquelles elle avait donné lieu, semblait être entrée dans l'ombre lorsque ces dernières années, des observations parurent à son sujet, lui donnant un intérêt nouveau.
M. le professeur LEMIERRE inspire à Winp une thèse dans laquelle sont décrites avec soin de belles observations.
M. le professeur SERGENT, à propos d’un cas observé dans son service, fait une clinique sur le rhumatisme tuberculeux. Il insiste sur l’intensité des douleurs moins pénibles que dans
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le rhumatisme articulaire aigu, l'absence de lésions cardiaques, la salicylo-résistance et aussi sur la difficulté du diagnostic.
M. le professeur BEZANÇON à publié de nombreuses observations de rhumatisme tuberculeux. Dans la plupart le bacille donne sa signature en tuberculisant le cobaye ou en évoluant vers la tumeur blanche.
Enfin, récemment, MM. Parsssau et Oumansky ont insisté sur la forme atypique de tuberculose qu'ils ont obtenue chez le cobaye par l’inoculation de sérosités prélevées au cours de polyarthrites aiguës.
Le-nombre de leurs résultats positifs leur permettent de penser que leur méthode est susceptible d'accroître dans des proportions importantes le nombre des cas de rhumatismes, dont la nature ne peut plus être discutée.
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