‹ Contribution à l'étude de la Polypeptidémie des brûlésChapitre 10 sur 16 · POTH · texte numérisé non relu

POTH

ne À Pure

Chauffer assez vivement jusqu’à dégagement de vapeur blanche, puis lentement après avoir couvert le Kjeldahl d’un petit entonnoir jusqu'à totale décoloration.

2° Distillation de l’ammoniaque. Le contenu des Kjedahl est distillé séparément dans l'appareil de Préjl en présence d’un excès de lessive de potasse et l'ammoniaque qui distille est reçue dans la solution N/100 d'acide sulfurique : 5 cm” ; durée trois minutes.

3° L’excès d'acide est dosé par la soude N/100 en présence de rouge de méthyle, en ayant soin de toujours mettre la même quantité de colorant et de faire bouillir quelques instants pour chasser l'acide carbonique. On obtient ainsi deux résultats : avec 1 cc. de filtrat trichloracétique il a fallu n cm3 de soude et n° cm3 pour 1 cm3 de filtrat phosphotungstique.

On° obtient aisément par une règle de trois l'azote trichloracétique et l'azote phosphotungtique. L'azote polypeptidique est la différence entre les deux.

Sort des polypeptides

« L'organisme cherche sans cesse à sélectionner les molécules qu’il reçoit, et par un travail de désintégration suivi d'une synthèse progressive à les

adapter à sa personnalité biologique » (Professeur Noël Fiessinger).

Que deviennent donc les polypeptides ? D'une part ils sont éliminés par le rein. D'autre part ils sont transformés par les organes doués d’un pouvoir protéopexique (foie, poumons).

Le rein élimine les polypeptides dans l’urine où on les retrouve normalement au taux de 7 millier. par litre.

Le poumon transforme les polypeptides en acides aminés ainsi que M. le Professeur Léon Binet et ses élèves l’ont montré au cours de leurs expériences sur l'étude isolée du poumon. d

Le foie pousse la transformation jusqu’à l’urée. On sait, comme l’ont démontré différents auteurs, que l’urée n’est pas toxique par elle-même. Ce corps apparaît ainsi comme un facteur fondamental au cours de l'étude de la polÿpeptidémie. Certains délabrements tissulaires, notamment au cours des brûlures, libère de grandes quantités de polypeptides. Quelle va être la réaction de divers organes devant cette invasion massive ?

En ce qui concerne l'élimination rénale, on comprend qu'elle va être en partie fonction du volume des urines excrétées. Le rein semble avoir certaines difficultés à éliminer une grande quantité de polypeptides. Il n'existe pas, pour ces corps, une concentration maxima comme pour l’urée ; d’ailleurs le taux de la polypeptidurie augmentant peu

au cours des grosses invasions sanguines par les produits de désintégration, on doit admettre qu'il existe une rétention polypeptidique. Le Professeur Noël Fiessinger et ses élèves ont précidé dans leurs travaux quel était le travail du foie vis-à-vis de cette agression chimique. Le foie, du moins au début, travaille au ralenti ; il lui faut un certain temps pour accélérer son travail protéopexique ; son pouvoir de désintégration vis-à-vis des polypeptides n'est pas illimité. Il existe un seuil. On comprend ainsi qu'au cours de la polypeptidémie des brülés, l'hyperazotémie soit basse pendant 24 à 48 heures et la polypeptidémie élevée. Un autre aspect de la physiologie du foie est le rapport qui existe entre les fonctions glycogénique et protéopexique. Le Pr. Noël Fiessinger a montré qu'il y avait un certain antagonisme entre ces deux fonctions. Pour satisfaire aux nécessités anormalement accrues de la polypeptidolyse, le foie sacrifie ses réserves de glycogène. Ainsi s'explique l’hyperglycosurie précoce que l’on rencontre dans le sang des brûlés. Au bout de quelques jours, le foie ayant retrouvé son équilibre et s'étant adapté à sa nouvelle surcharge de travail, l'hyperglycémie rétrocède. Inversement Sokolnikow a montré expérimentalement que si l’on injecte du glucose dans le sang, l'hyperpolypeptidémie s’exagère.

Mais il est un autre aspect de la question que des travaux récents ont mis en lumière : c’est l’effet qu'ont les polypeptides issus de tissus nécrosés,

nu

sur les tissus homologues sains. Ces derniers, SOUS leur influence, se trouvent rapidement adultérés et par là même, deviennent une nouvelle cause de production de polypeptides. Miyagawa l’a montré en ce qui concerne le tissu musculaire. Le Pr. Fiessinser l’a signalé pour le foie et Underhill pour la peau. Il y a donc en quelque sorte production de polypeptides en cascade. Ceci explique ce qui déroutait au début les chercheurs : le non parallélisme entre l'hyperpolypeptidémie et l’évolution des lésions. Ceci explique également pourquoi, au cours des premiers jours qui suivent la brûlure, le malade est peu touché dans son état général alors que quelques jours après, progressivement ou subitement, son état s’altère.

Toxicité des Polypeptides et expérimentation

Le tableau clinique que nous offre un brülé dans les jours qui suivent l'accident est celui d'un intoxiqué grave : période initiale d'excitation puis adynamie et secondairement apparition des vomissements, de diarrhée et parfois, de l’incontinence des matières et des urines. La tension artérielle est abaissée, le pouls est rapide, sans arythmie, la température est basse ou anormalement haute à 40, 41° (action toxique, sur les centres thermo-régulateurs) ; les urines rares, albumineuses, parfois sanglantes, autant de facteurs qui ne laissent aucun doute sur l'origine toxique des symptômes observés. Quel est

l'agent toxique ? Certains auteurs pensent qu'il s'agit d’une toxine. Personnellement nous ne le croyons pas et nous suivons là l'opinion de divers auteurs. Christophe de Liége qui a consacré de nombreux mois de travail à l’étude expérimentale des brûlures, nie son existence : « Ces expériences nous ont amené à douter de l'existence d’une toxine spécifique des brûlures et à croire que le postulat d’une semblable toxine est absolument inutile. De plus je suis convaincu que la persistance de la croyance à cette toxine est un obstacle dans la voie de la clarification du problème des brûlures. » Maïs ensuite, il émet une théorie pathogénique reposant sur les modifications humorales provoquées par la brûlure, or ces modifications ne peuvent être que les corollaires d’une intoxication que le tableau clinique et biologique prouve amplement. Par contre divers facteurs semblent venir à l’appui de l'hypothèse de l'origine polypeptidique de l’intoxication :

Arguments cliniques : Si les brülures apparaissent comme une agression anatomique et biologique, provoquant le maximum de libération de polypeptides, d'autres modifications tissulaires libèrent également ces mêmes corps : les opérations chirurgicales, les grands traumatismes tels que les plaies de guerre, l’action des rayons X, constituent des agressions tissulaires provoquant des nécroses et des libérations de produits de désintégration des albumines vitales.

Or, on est frappé par la similitude des symptômes cliniques et biologiques constatés à la suite de ces différentes agressions organiques. La maladie des brülés et la maladie post-opératoire paraissent calquées l’une sur l’autre d’une manière frappante ; la thérapeutique employée dans les deux cas est identique. Il en est de même pour les grands traumatismes et les délabrements tissulaires. Nous laisserons de côté les troubles provoqués par les rayons X dont l’évolution plus lente est moins typique. Il est évident que dans ces trois cas pourtant superposables au point de vue clinique et biologique, et comportant tous trois un taux élevé de polypeptides, il ne saurait être question de toxine commune.

Arguments expérimentaux : Pour étudier l'intoxication polypeptidique, la brülure expérimentale chez l’animal est un merveilleux moyen d’observation. L'homme brülé est en général en pleine santé au moment de son accident, en plein équilibre biologique, tout comme l’animal d'expérience et l’expérimentation peut exactement se servir des agents de brûlure humaine et en varier les degrés d'action. Dans cette étude des brûlures, l’expérimentation, compte tenu de la différence essentielle entre l’homme et l’animal, est done particulièrement valable. Cette expérimentation tentée par différents auteurs est aisée à concevoir. Elle consiste à brûler par différents moyens des parties de plus en plus

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étendues de la surface cutanée de l'animal et d'étudier la nature clinique et biologique des réactions. Un point certain est que le tableau clinique observé chez l'animal est en tous points comparable à celui que l'on connaît chez l’homme. Quant au facteur humoral à un coefficient près on retrouve les mêmes chiffres que pour l’homme. L’anatomie pathologique nous fournit un argument supplémentaire de la toxicité des polypeptides : les lésions viscérales constatées au cours des brûlures sont dans leur ensemble toujours les mêmes, elles se localisent sur les différents organes : système nerveux, foie, pancréas, tube digestif, surrénales, poumons, etc... et on retrouve toujours le même caractère des lésions : apoplexie tissulaire, infarctus rouges sans oblitérations vasculaires, œdème plus ou moins prononcé, cytolyse plus ou moins importante. Or, il est un point capital, l'expérimentation reproduit toutes ces lésions par injections intra-veineuses de dérivés protidiques ou de polypeptides. Le Pr. Grégoire a réalisé par injections intra-veineuses de sérum de cheval, de toxines microbiennes, la reproduction expérimentale de lésions telles que la pancréatite adémateuse et hémorragique, que l'infarctus de l'intestin, telle en un mot que l’apoplexie viscérale séreuse ou hémorragique. Les Professeurs Pierre Duval et Léon Binet ont obtenu par injection intraveineuse de peptides et de polypeptides la production expérimentale de lésions pulmonaires. Or, ces

lésions sont rigoureusement les mêmes que celles

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