DRE
Depuis, la malade a presque toujours présenté un état satisfaisant grâce au régime lacté mixte, à la digitaline et surtout à la teinture de strophantus.
La digitaline a été administrée à intervalles variables, 3 à 6 semaines. Chaque fois, on a constaté une élévation brusque et notable des urines avec abaissement marqué de la tension artérielle qui restait légèrement inférieure à la normale dans l'intervalle des crises hyposystoliques. Toutefois cette diurèse digitalique ne durait que 2 ou 3 jours, ayant mème une fois fait complètement défaut.
L'action diurétique du strophantus a été constante. Pendant plusieurs mois, la malade a pris et elle prend encore actuellement 8 gouttes de teinture de strophantus par jour. À plusieurs reprises, la cessation de ce médicament a été rapidement suivie d'oligurie et de dyspnée qui disparaissaient avec la reprise du strophantus,
Ce médicament n’a exercé aucune action sur la tension artérielle et n’a guère modifié l’arythmie toujours persistante.
A l'entrée, l'examen des urines avait donné les résultats suivants : À — 600 grammes, D — 1022, U — 8 grammes. — À — 0,20 à 0,30 c. (albuminurie passagère).
3 mois après, analyse faite par M. Guéguen : Q — 2 litres, D — 1043, ÜU = ?21:grammes AC'ph.=25. "A ="néant.
Depuis, la densité a été presque constamment la même et le chiffre de l’urée est resté à peu près normal, 22 grammes environ.
Une injection de bleu de méthylène a donné les résultats suivants : apparition très retardée, 1 h. 3/4, irrégularités et une intermittence, durée, 8 jours. ;
La malade élait en état de compensation vraie au moment de l’injection, mais 2 jours après, il y avait eu une crise d'hyposystolie.
Le strophantus et la digitaline n’ont exercé aucune action sur la tension artérielle.
L'examen des urines, répété un grand nombre de fois, a presque constamment révélé une diminution notable de la densité et de l’urée, avec albuminurie transitoire, urobilinurie et glycosurie alimentaire, l’épreuve du bleu donnant: apparition presque normale, élimination irrégulière et prolongée 5 jours, 2 intermittences nettes.
O8s. X. — Asystolie proroquée par une émotion vive chez une malade présentant les signes d’une double lésion mitrale d'origine rhumatismale avec cirrhose hépalo-myocardique ; polyurie lactée et médicamenteuse (digitaline, théobromine et surtout strophantus). — Elimination intermittente du bleu de méthylène (ayant fait le sujet d’une clinique de M. MERKLEN).
Th..., blanchisseuse, 58 ans, entrée salle Claude-Bernard le 20 novembre 1898.
La malade entre en état d’asystolie complète: avee augmentation
considérable de la matité cardio-hépatique, tachycardie arythmique, oligurie, œdème énorme des membres inférieurs et dyspnée continue.
La tension artérielle est augmentée, 20, et l'on constate l’absence presque complète de stase pulmonaire coïncidant avec l’existence d’une insuffisance tricuspidienne fonctionnelle.
Sous l'influence de la théobromine et de la digitaline : diurèse aboôndante et réduction rapide du cœur qui reste néanmoins augmenté de volume dans ses deux diamètres, la tachycardie arythmique persistant également. Le foie ne subit guère de réduction, d’ailleurs il est toujours resté gros même longtemps après la cessation des accidents asystoliques. La matité hépatique a présenté jusqu’à 34 centimètres sur la ligne mamelonnaire, offrant une variabilité extrême d'un jour à l’autre.
Chez cette malade, sous l'influence du régime lacté et du traitement médicamenteux (digitaline, théobromine, teinture de strophantus) tantôt associés tantôt donnés alternativement, les urines se sont presque constamment maintenues entre 1 litre 1/2 et 2 litres 1/2. La 1r° reprise d'alimentation a été immédiatement suivie de dyspnée et d’oligurie. Plus tard, la malade a pu manger, à la condition absolue de continuer l'usage du lait. Les 3 médicaments ont exercé d'une façon presque constante leur action, mais les résultats les plus favorables ont été obtenus par la teinture de strophantus ; ce dernier médicament en effet a plusieurs fois produit un ralentissement marqué du pouls et surtout une diminution notable de l’arythmie que la digilaline n’avait guère modifiée.
Oss. XI (due à l’obligeance de M. le D' Hirrz).
Dr..., peintre, 22 ans, entré salle Cruveilhier, n° 28, le 19 septembre 1898.
Antécédents héréditaires. — Mère et sœur rhumatisantes.
Antécédents personnels. — Première attaque de rhumatisme articulaire aigu généralisé au mois de mars 1898. Depuis cette époque, bronchite et hémoptysies légères.
Exumen à l'entrée. — Rhumatisme articulaire aigu avec endomyopéricardite. — Insuffisance mitrale et rétrécissement mitral.[nsuffisance aortique avec légère dilatation de l'aorte. Frottements péricardiques. Augmentation légère de la matité cardiaque dans les deux sens. De plus, congestion pleuro-pulmonaire gauche, et congestion hépatique très accusée ; dyspnée d’effort et précordialgie légère.
Examen des urines : Q = 3 litres 2. — D = 1013. — U = 8 grammes. — À — néant. — Elimination du bleu normale comme apparition et comme durée, mais intermittences coincidant avec hypoazoturie.
Chez ce malade, il y avait fréquence paradoxale du pouls (tachycardie et hypertension) sous l'influence du régime lacté absolu, diurèse abon-