‹ Contribution à l'étude de la polyurie prétuberculeuseChapitre 32 sur 33 · LS UNE · texte numérisé non relu

LS UNE

Quautau passage de gouttelettes de graisse, nous ne l'avons vu nulle part signalé dans la polyurie essentielle.

Au point de vue chimique, un fait nous frappe dans les deux dernières observations où les analvses d’urines ont été faites à ce point de vue, c’est l’excès des principes minéraux, que traduit le coefficient de déminéralisation toujours supérieur à la normale. Si l'on recherche sur quoi portent surtout Îles pertes de l’organisme on trouve dans l'observation H élimination excessive de matériaux azotés, de chlorures et de chaux. Dans l'observation IT on trouve avec un coefficient de déminéralisalion excessif, perte en excès de chlorures et d'acide phosphorique.

La présence du chlorure en excès dans l’urine a été signalée dans la polyurie hystérique par M. Ehrhardt. Tous nos malades sont plus ou moins nerveux et le malade de l’observation IT est nettement hystérique. Mais ici l'excès du chlorure n'est pas constant. Ce qui est constant c’est le chiffre exagéré des éléments minéraux de l’urine comparé au résidu total. Cette déminéralisation de l’organisme est un fait très important qui vient d’être signalé chez les tuberculeux au début par M. AÏb. Robin dans un mémoire publié cette année dans les Archives jénérales de médecine. C'est un fait important au point de vue théorique et au point de vue pratique. Théoriquement on peut hésiter entre deux hypothèses. Ou bien c’est la déminéralisation de l’organisme qui en entravant les moyens de défense de l'individu le rend apte à devenir tuberculeux. Ou bien au contraire, cette déminéralisalion est chez nos malades comme chez les tuberculeux étudiés par M. Alb. Robin l'effet produit par le développement du bacille

dans l’organisme. Il nous semble plus conforme aux faits ob-

servés d'admettre cette dernière hypothèse. Au point de vue pratique pas d’hésilation possible. Celte déminéralisation est une cause d’affaiblissement qu'il est urgent de faire cesser au plus tôt. Nous en rechercherons les moyens à l’article du traitement.

Resterait un point à élucider : S'il est vrai que la polyurie est due à l'élimination par les reins de toxines sécrétées par les bacilles, on devrait retrouver cette toxine dans les urines, ou du moins, la toxine n'ayant pas encore été isolée, trouver à ces urines une toxicité considérable. Nous avions songé à étudier la toxicité du sérum en pareil cas, mais nous avons reculé devant les difficultés pratiques — une des principales vient de la variation extrême de la quantité d'urine qui peut tomber en quelque jours de 12 litres à 3 litres. Entin nous n'avons pas vu de moyen pratique certain d'arriver à

un résultat.

Effets de la polyurie. — Sous l’influence de cette polyurie et peut-être aussi sous l'influence de la tuberculose concomitante on voit se produire différents phénomènes communs à toutes les polyuries :

Une soif inextinguible qui va jusqu’à une sensation de brûlure interne. Cette soif doit être satisfaite car il est prouvé que si l’on supprime les boissons le malade continue à uriner à peu près autant, mais il prend l’eau dans ses tissus. Elle doit être satisfaite surtout dans le cas qui nous occupe puis-

que la polyurie débarrasse l'organisme d’un poison.

L'appétit au bout de quelque temps est généralement plus ou moins aboli. Nous avons même observé des vomissements

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assez fréquents. Dans la polyurie essentielle l'appétit est au contraire conservé, parfois même augmenté.

Enfin la diarrhée observée chez nos malades doit être mise

sur le compte de la tuberculose.

Température. — Nous avons déjà parlé de la température au début.

La fièvre se montre fréquemment où même continuellement dans le cours de la maladie, elle est en général irrégulière. Notre observation 1 présente des écarts de température considérables puisqu'on note les températures extrèmes de 420 et 33°, La fièvre dans la polyurie n’est signalée dans aucune observation à notre connaissance. On admet au contraire en général que chez le polyurique la température doit baisser grâce à l’ingestion d’une grande quantité de boissons froides.

M. Lecorché eile un de ses malades qui absorbait en moyenne de 44 à 15 litres de liquide par jour et chez lequel cet abaissement de température était de 1°. Ce symptôme constitue un des caractères les plus originaux de la maladie. Mais il n’est pas constant.

Rapports de la polyurie et de la tuberculose. — À prendre ces mots dans leur sens le plus strict, le terme de prétuberculeuse, appliqué à la polyurie que nous étudions, ne serait pas absolument exact, puisque nous admettons que l'organisme est déjà imprégné de l'infection tuberculeuse. En effet dans les observations I et IT le malade à déjà eu des hémoptysies qui ont précédé la polyurie. Mais en le prenant dans un sens clinique assez large, ce terme de polyurie pré-

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