PETITES
excès sensible de ses principes solides normaux. Il faut de plus que cette sécrélion soit spontanée, c'est-à-dire qu’elle ne soit pas provoquée par un excès volontaire de boissons et que malgré une diète de boissons elle ne puisse être ramenée à la limite physiologique.
Il distingue trois espèces de polyurie :
{° Augmentation pure et simple de l’eau, les autres matériaux restant dans les limites de la normale. C'est l’hydrurie.
2° Augmentation de l’eau et des autres éléments, lasomme de ceux-ci dépassant la limite de la normale, Cest le diabète insipide.
3° Augmentation de l’eau et des matériaux solides en même temps que présence du glycose. C’est le diabète glycosurique.
Kiener de Strasbourg, en 1866, se plaçant surtout au point de vue physiologique, distingue les espèces suivantes :
1° Polyurie nerveuse. Chez les hystériques par vaso-dilatation ou à la suite de traumatisme portant sur les centres nerveux.
2° Polyurie par augmentation de la masse du sang.
3° Polyurie par altération du sang. C'est le diabète sucré.
4° Polyurie par hypoalbuminose du sang dans certains états anémiques.
M. Lancereaux dans sa thèse d’agrégation (1) rassemble toutes les observations de polyurie connues jusqu’à celte époque. Il la définit : un état morbide caractérisé par une émission exagérée et non passagère d'urines d’un poids spécifique faible, sans sucre ni albumine. Il la distingue ainsi du diabète, de l’azoturie, etenfin des diurèses transitoires surve-
(1) LANCEREAUX, Thèsé agrégation, Paris 1869,
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nant après les attaques convulsives, au déclin des maladies aiguës, à la suite des eaux minérales. Ainsi définie il assigne à la polyurie les conditions étiologiques suivantes :
Lésion traumatique ou non de lPencéphale. Contusion d’une autre partie du corps. Etat hystérique où névropathique. Emotion vive. Excès alcooliques antérieurs. Refroidissement subit. Insolation. Maladies aiguës fébriles ou inflammatoires. Hérédité. Cette dernière cause est notée dans 41 observations. Comme on le voit la tuberculose n’est nullement donnée comme cause déterminante de la polyurie.
M. Tessier, dans sa thèse en 1876, aflirme l'existence d’un diabète phosphatique, distinct à la fois du diabète glycosurique, de l’azoturie et de la polyurie essentielle du diabète insipide. Il est caractérisé par l'élimination exagérée des phosphates et s'accompagne de polyurie. Citons enfin la thèse récente d'Ehrhardt, 4893, sur la polyurie hystérique. Cette polyurie présente les caractères suivants : Lo Elle est influencée par la suggestion et l’expérimentateur peut faire varier pour ainsi dire à son gré la quantité d'urine. 2° La composition des urines est normale, sauf le chiffre des chlorures qui est exagéré, et ce fait n’est pas dû à lalimentation.
Nous venons à notre tour, sous l'inspiration de notre maitre M. Albert Robin, essayer de distinguer une espèce nouvelle de polyurie, la polyurie prétuberculeuse.
L'étude de la polyurie chez les tuberculeux est un sujet qui appartient, autant du moins que nous avons pu en Juger par nos recherches, tout entier à notre maitre.
En 1885, dans une étude sur la polyurie du cheval faite en collaboration avec M. Benjamin, M. Albert Robin signalait
un cas de polyurie chez un cheval tuberculeux observé par DAvr 2
ES AITS MM. Trasbot et Nocard. Depuis, M. Albert Robin à mis la
question à l'étude et en 1894 il à fait paraitre dans les Archeves générales de médecine un mémoire sur les varialions de la quantité d'urine chez les tuberculeux. C'est de ce mémoire que sont extrailes les principales idées émises dans cette thèse. Voici d'ailleurs parmi les conclusions de ce mémoire celles qui se rapportent le plus directement à notre sujet.
« À chacune des périodes de la phtisie pulmonaire il est un » certain nombre de malades qui émettent des quantités d’u- » rine supérieures à la normale. Vingt fois sur cent, il s'agit » d’une polyurie plus où moins accentuée.
« La polyurie du premier stade de la phtisie pulmonaire » est liée à la phosphaturie, on prend les caractères de la po- » lyurie dite simple,c’est-à-dire sans élimination particulière- » ment exagérée d'un des constituants normaux de l'urine.
« Les polyuries phosphaturiques et les polyuries dites » essentielles peuvent à la longue préparer le terrain de la » tuberculose et se terminer par la phtisie pulmonaire.
« Mais il existe une véritable polyurie prétuberculeuse, » quelquefois phosphaturique, le plus souvent simple, qui » peut atteindre des chiffres considérables et provoquer des » accès de congestion rénale. Elle se distingue des précé- » dentes par la rapide survenance de la phtisie et paraît être » la première manifestation fonctionnelle de la réaction vi- » tale à l’endroit du bacille et de ses produits de sécrétion.
«€ I paraît permis d'en rapprocher la polyurie dite simple de » la première période de la phtisie et de considérer ces derniè- » res comme relevant d’une fonction morbide de même ordre.
« A côté des polyuries permanentes, il convient de placer les
» polyuries transiloires qui sont assez irrégulières, survien-