LENS
S 4. — Tuberculose survenant comme complication d’une poly urie antérieure,
Tout d'abord nous adopterons pour définition de la polyurie celle que donne M. Lancereaux :
Un état morbide caractérisé par une émission exagérée et non passagère d'urine, d’un poids spécifique faible, sans sucre ni albumine.
Nous écartons done le diabète glycosurique et lPazoturie.
Ceci posé, nous voulons établir que la tuberculose peut survenir à la suite d’une polyurie de longue date. Cette sorte de polyurie prétuberculeuse est connue depuis longtemps.
Trousseau, dans ses Cliniques médicales, considère la polydipsie comme souvent plus grave que la glycosurie en ce sens qu'elle est plus difficile à améliorer. Elle se termine, dit-il, par la cachexie et fréquemment par la phüisie pulmonaire. Cette opinion semble aujourd’hui exagérée, car on admet précisément comme un des caractères les: plus remarquables de la polyurie essentielle la longue bénignité.
Grisolle dans sa pathologie interne cite le cas d'un homme mort à 48 ans de phtisie pulmonaire à la suite d'une polyurie datant de 30 années. II n'avait pas d’antécédents héréditaires tuberculeux.
On trouve dans la thèse de Kien, l'observation d’un homme mort tuberculeux à 25 ans. Il avait depuis 10 ans une polyurie considérable survenue à la suite d’un excès de boisson. Pas d’antécédents tuberculeux héréditaires.
M. Teissier dans sa thèse sur le diabète phosphatique signale des cas de polyurie phosphatique chez des tuberculeux. Il la divise en deux classes : 1° polyurie coïncidant avec le
DATE … début de la tuberculose. M. Teissier attribue ici la phospha- 2 2 turieà la déminéralisation du poumon. Cette classe touche
sa. de bien près à celle que nous appelons polyurie prétubercu- = leuse vraie. Cependant M. Albert Robin dans ses recherches a L rencontré la phosphaturie assez rarement et jamais aussi abondante que le dit M. Teissier.
7 . La 2° classe comprend des cas analogues à ceux que nous | étudions : ici ; polyurie précédant de longtemps la tuberculose. Nous n'avons aucune remarque importante à faire sur cette | forme de polyurie qui ne se distingue de la polyurie essen- tielle en général que par sa terminaison. Si nous en parlons ‘area ici c’est pour la distinguer nettement de la forme que nous ___ nommons polyurie prétuberculeuse et qui, elle, se distingue ; des autres polyuries par certains caractères assez tranchés. Te les cas cités plus haut en effet, et du reste ils ne Poe MhoSent pas très nombreux dans la littérature, nous avons aféz faire à à des polyuriques de longue date et la tuberculose n’est RTE qu une complication de la maladie primitive. RE" Il n’en est pas de même dans le groupe de faits que nous |rangeons avec M. Albert Robin sous le nom de polyurie pré- Sr tuberculeuse et dont nous allons dès maintenant aborder l’é- Sn ide MOQUE
$ 2. — Polyurie prétuberculeuse.
Nous citerons d’abord trois observations qui nous ont été communiquées par M. Albert Robin. Sur ces 3 malades nous avons pu voir et examiner les deux premiers, à la salle Piorry, à l'hôpital de la Pitié. Les analyses d'urine ont été faites au Laboratoire de M. Albert Robin.