HISTORIQUE DES CAS OU FUT PRATIQUÉE LA PONCTION LOMBAIRE
L'idée de ponctionner le canal rachidien n’est pas, comme ou le croit d'habitude, d’origine allemande. Avant Quincke,àquiilfaut reconnaître le mérite d'avoir scientifiquement étudié la lumbal-ponction, en 1891. Léonard Corning, médecin neuropathologiste de New- York, avait, dès 1885, pratiqué des interventions sur le canal rachidien, dans le but, il est vrai, de produire une anesthésie locale par l'injection de substances médicamenteuses. En février 1889, Essex Wynther, médecin anglais, préconise un drainage de la cavité sousarachnoïdienne au moyen de erins de cheval, pour remédier à l'augmentation de pression du liquide céphalo-rachidien, dans le cas de méningite tuberculeuse. En 1890, la ponction est pratiquée par Hulke et Quincke. C’est en 1891 que ce dernier fit paraître deux mémoires très documentés sur la question. Il recom-
mande la ponclion lombaire répétée, l'évacuation inter-
a )— mittente dans le mmême but que Wynter, celui d'obvier à l'augmentalion de pression, mais däns des affections très diverses.
Deux ans plus tard, en 1893, la question était successivement reprise à deux Congrès : celui de Künigsberg où Lichtheim apporte quinze observations, celui de Wiesbaden, où le point de vue curatif de la ponction lombaire fut discuté et adopté par Ziemssen, Lenhartz, Ewald, Sahli de Berne, avec son drainage au moyen de tubes de caoutchouc, et Naunyn.
De nouvelles publications de Freyhan, Dennig, Heubner se succédèrent en 1894.
En 1895, au Congrès de Berlin, la ponction lombaire est envisagée au point de vue nouveau de sa valeur diagnostique par Furbringer, Freyhan, Heubner, Senator, (Goldscheider. La même année, la même question était reprise au Congrès de Lubeck par Quincke, Ziemssen, Lenhartz.
En France, Chipault apporta à l’Académie en 1897, une modification à la technique de Quincke et l'exposé de plusieurs cas personnels. À celle époque, il nie l'utilité des ponctions lombaires comme moyen d'évacuation, mais croit à l’utulité de l'introduction par cette voie de liquides thérapeutiques diffusibles dans le liquide céphalo-rachidien ou de sérums antimicrobiens.
Nelter dans une série d'importantes communications à la Société médicale des hôpitaux, résumées dans un rapport au Congrès international de 1900, a signalé les excellents effets obtenus par l'usage des bains chauds et des ponclions lombaires.
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En 1901, Chipault rend comte à la Société de Biologte des effets de la ponction sur cimquante-sept malades. Dans quatorze cas, elle n'eut qu'un effet palliatif, mais neuf fois un effet curatif certain.
Des faits analogues furent publiés la même année par Blavot, Pellagot et Vedel. On essaya l'influence de la ponction lombaire, dans tous les cas où l’on pouvait prévoir une hypertension de liquide céphalo-rachidien: dans les traumatismes crâniens et rachidiens (Poirier, Rochard, Mauclaire), dans les crises gastriques du tabes (Debove), dans la céphalée urémique (Marie et Legendre), les processus méningés d’origine syphilitique.
Babinsky présenta, en octobre 1902, à la Société médicale des hôpitaux un cas de guérison de méningite épidémique par une série de ponctions lombaires.
Concetti rapporte également l'observation d’une fillette atteinte d'amaurose, à la suite d’une méningite cérébro-spinale et qui fut guérie par six ponctions successives.
Enfin Antony fit celte année sur ce sujet, considéré surtout à son point de vue militaire, une importante communication au Congrès international de Madrid.
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