‹ Contribution à l'Étude de la Pratique de la Césarienne BasseChapitre 42 sur 51 · EN RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

EN RÉSUMÉ

A) Césariennes basses

a) Indications : nous trouvons comme indications opératoires : Trente fois le rétrécissement du bassin ; Une fois un placenta prævia ; Une fois un kyste dermoïde gênant l'engagement. b) État de la poche des eaux :

Huit fois la poche des eaux était intacte ; Neuf fois rompue depuis moins de dix heures ; Onze fois rompue depuis plus de dix heures et moins de trente heures.

Trois fois rompue depuis plus de trente heures. Un examen interne au moins a été pratiqué dans tous nos cas à l'exception peut-être du cas XI.

c) Morbidité : Les suites de couches ont présenté des réactions un peu inquiétantes dans quatre cas (Obs. I, VII, XI et XII), une réaction fébrile de peu d'importance dans huit cas. Dans cette morbidité entrent six cas de suppuration de la plaie abdominale sans grande importance et deux cas où la suppuration de la plaie fut importante. (Obs. XII et -XIV).:

Morbidité globale, 3807 ;

Morbidité importante, 12,9% ; Morbidité légère, 25,8% :

Suppuration de la plaie abdominale, 25,8°.

d) Mortalité, 6,45%. Mettons en lumière que tout en ayant pris trente-deux cas de césariennes basses, comme base de notre travail, nous établissons nos statistiques d’après 31 cas, car la femme morte subitement des suites de l’anesthésie rachidienne est à éliminer, étant donné que sa mort nest nullement en relation avec le genre d’intervention qu’elle a subi.

e) Résultat pour l'enfant : trente enfants vivants, deux morts.

B) Césariennes classiques

a) Indications :

Huit fois le rétrécissement du bassin ; Une fois la toxémie gravidique ; Une fois le placenta prævia central. .

b) État de la poche des eaux :

Neuf fois elle était intacte ; Une fois rompue depuis peu de temps.

c) Morbidité :

40% en totalité ; 30%, ayant une certaine importance ; Abcès de la paroi, 20%.

d) Mortalité : 20% par péritonite.

e) Résultat pour l'enfant : neuf enfants vivants, un mort. Maintenant que peut-on déduire de la comparaison de nos deux statistiques? A cette place nous tenons à nous élever contre l’importance exagérée que l’on a souvent tendance à accorder à des statistiques réunissant un petit nombre de cas. Par exemple, nous-même, pourrions-nous baser d’une façon solide notre jugement sur les chiffres que nous donnons? Nous en sommes rien moins que convaincu. Si par exemple, au lieu de prendre nos cas du 1% avril 1920 au 1 avril 1923, nous les avions pris du 1° mars 1920 au 1% mars 1923, un seul cas de mort aurait été enregistré pour la césarienne basse et notre statistique de la mortalité aurait été meilleure. De même que nous enregistrons 20% de mortalité

dans la césarienne classique, une série de cas heureux aurait pu faire que la mortalité observée soit nulle. C’est pourquoi nous pensons qu'il est indispensable de baser son jugement sur un grand nombre de cas. Cependant il nous est permis de remarquer qu'en ce qui nous concerne, jamais la césarienne basse n’a été inférieure à la césarienne classique ; bien que cette dernière fût faite dans des cas beaucoup plus favorables que sa concurrente, elle nous a donné des résultats assez médiocres surtout quant à la mortalité.

On trouve une morbidité sensiblement égale pour les deux interventions, il en est de même pour la suppuration de la plaie abdominale. Cette suppuration de la plaie abdominale à été somme toute assez fréquente dans nos cas de césarienne basse ; Jeannin, en effet, ne l’évaluait qu’à 11,5%, et Schäfer à 18%, ; mais personnellement nous avons relevé absolument toutes les suppurations qu’elle qu’en soit leur importance ; ce qui peut-être a augmenté notre pourcentage.

Vient la question siimportante de la mortalité. Là en particulier nous allons faire appel aux chiffres de différents auteurs. Au cours de nos recherches nous avons trouvé des quantités de chiffres, nous n’en retiendrons que quelques-uns.

Pour la césarienne classique Fabre admet une mortalité de 5% ; Bar, de 6,32%, en 1914. Mais nous garderons surtout les chiffres de Brindeau, dans les cas purs, 1,5% ; dans les cas où le travail est plus ou moins avancé 10 à 14 % ; enfin 20% lorsque des manœuvres préalables ont été pratiquées. Car, en effet, pour la césarienne abdominale il ne suffit pas de donner des chiffres, il est indispensable de bien spécifier dans quelles circonstances on a pratiqué l'intervention.

Quant à la césarienne basse, Walthard, sur cent quatorze cas, n'a pas observé une seule mort résultant d’une infection postopératoire ; Schäfer a perdu deux femmes sur cinquante.

Mais les chiffres ne valent quelque chose que s'ils sont accompagnés de détails précis. En effet, on remarquera que les cas de mort relevés dans la pratique de la césarienne basse, dans les difiérents travaux sur cette question, ne se sont produits que dans des cas très impurs, devant lesquels, même les partisans les plus convaincus de la césarienne classique tardive auraient peut-être reculé.

Si

Nous croyons fermement que dans les cas impurs, la mortalité de la césarienne basse n’est nullement supérieure à celle de la classique.

Si l’on remarque en outre, que Walthard, Schäfer et nousmême apportons des données basées presque uniquement sur des cas impurs, on verra que la mortalité est loin des pourcentages donnés par Brindeau, de 10 à 14%, atteints dans des cas semblables pour la césarienne classique tardive.

De plus il est important de faire remarquer qu’en attendant l’évolution du travail, on évite un grand nombre d’opérations inutiles. Or, en supposant que la césarienne prophylactique ait été pratiquée dans tous les cas, avec le maximum de garanties, on ne peut nier qu'elle eût entraîné encore un certain nombre de morts. Nous croyons rester au-dessous de la vérité en disant que là où un partisan intégral de la césarienne classique prophylactique aurait pratiqué cent interventions, un adepte éclairé de la césarienne basse tardive n'en aurait pratiqué que soixante-quinze. Par conséquent les risques de mortalité ne seraient courus que chez soixante-quinze femmes dans la deuxième alternative contre cent dans la première, Il nous semble que ce n’est pas un mince avantage de la césarienne basse.

On ne peut nier que les femmes qui, opérées de la césarienne abdominale classique, redeviennent enceintes sont une faible minorité. [l s'ensuit que pratiquement, d’une façon indirecte on les a stérilisées. Ainsi, inutilement, un certain nombre de femmes chez qui l'opération fut pratiquée par erreur sont exclues de la multiparité.

Enfin nous ne croyons pas inutile de noter que ces mêmes femmes opérées à tort, si elles ont par hasard une grossesse ultérieure, courent toujours le risque d’une rupture utérine; cette complication est plutôt rare, mais la gravité en est telle que l’on doit la prendre en considération.

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