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LES INCONVÉNIENTS DE LA CÉSARIENNE BASSE

L'opération de la césarienne basse ne manque pas d’adversaires résolus.

En dehors de la négation des avantages que nous lui avons reconnus, certains obstétriciens lui ont adressé d’autres reproches. En voici quelques-uns :

On a relevé, et avec juste raison, les accidents et les incidents opératoires. En particulier, on s’est préoccupé plus spécialement des déchirures de la vessie. Dans nos observations nous en rapportons un cas. Gaifami en cite deux, mais 1l en existe quelques autres dans la littérature médicale, et Jeannin, en 1909, en relevait trois, mais dans l’extra-péritonéale. Cependant, d’une manière générale, ces déchirures sont aisément réparables et pour constituer un accident fâcheux de l'opération, elles ne font pas courir un très grand danger à la mère.

Les circonstances dans lesquelles s’est produite la déchirure de la vessie observée par nous, se trouvent relatées dans notre obser-

vation XXI. La césarienne pratiquée était itérative ; l’opération précédente avait eu pour conséquence des adhérences. Le péritoine était peu mobile et malheureusement on ne s’est pas aperçu de l'accident au cours de l’opération. D'ailleurs, dans certains cas, comme le fait remarquer Gaifami, la compression prolongée par la tête des tissus maternels est une cause prédisposante à la déchirure de la vessie, et les cas semblables ne manquent pas dans la littérature, indépendamment du choix de l’intervention.

Nous ne saurions nier que la technique de la césarienne basse demande un entraînement chirurgical plus poussé que la césarienne classique ; mais actuellement, l'orientation de l’obstétrique a pour conséquence d'exiger que l’accoucheur soit doublé d’un chirurgien. La leçon du professeur Brindeau le démontre avec beaucoup de clarté et d'esprit. C’est pourquoi le cadre des maternités et l'éducation professionnelle de l’accoucheur doivent être modifiés dans ce but. « Mais si l’usine doit être moderne, Fesprit de la ruche doit l'être aussi. Il est nécessaire que fe chef soit capable de pratiquer ies grandes interventions abdominales ».

On a prétendu aussi que les césariennes itératives basses étaient très difficiles, même impossibles à cause des adhérences vésico-utérines. Nous ne nions pas l’existence de ces adhérences ; mais qu'elles constituent un obstacle important pour la césarienne itérative, nous croyons la chose rare.

Enfin, et surtout, on a prédit un triste sort à la femme qui se risquerait à avoir une grossesse après la césarienne basse. Dans un autre chapitre nous reviendrons assez longuement sur cet argument et nous le discuterons de près.

Pour être complet, 1l nous resterait à passer en revue toutes les indications de la césarienne basse ; d’en examiner et d’en discuter les résultats en fonction des indications posées. Nous ne le ferons pas, nous nous arrêterons seulement à la grande indication, les rétrécissements du bassin. Cependant, nous signalerons en passant que nous apportons deux cas de placenta prævia traités l’un par la césarienne basse, l’autre par la césarienne classique. Nos résultats ont été bons. Les deux modes de césariennes ont chacun leurs partisans et leurs adversaires dans la thérapeutique du placenta prævia. Nous pensons que seule, l'expérience plus poussée des interventions permettra de trancher le débat.

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