IL LA DYSTOCIE EST PRÉVUE
A) Il y a une disproportion grossière entre les dimensions de la tête fœtale et du bassin.
Nous sommes d'avis que dans ce cas il y a lieu de faire la césarienne basse dès le début du travail. A la rigueur nous accordons un droit de quasi égalité à la césarienne classique faite dans ces conditions, quoique comme le fait remarquer Gaifami, même dans les cas purs on peut assister avec elle à des réactions péritonéales inquiétantes. Bien entendu, les précautions seront aussi rigoureuses que dans le cas suivant.
B) L'accouchement spontané ne paraît pas impossible. Il convient ici à l'approche du terme de placer la femme dans les conditions les plus favorables, c’est-à-dire dans un cadre modernisé où elle puisse bénéficier de soins éclairés et où un prompt remède pourra être opposé à une complication possible. En particulier, le côté chirurgical doit être plus particulièrement organisé. Il s’en suit que les maternités doivent être multipliées et perfectionnées et que les accoucheurs qui ont la responsabilité des parturientes, doivent être aptes à intervenir chirurgicalement, s’il le faut.
Dès le moment où l’on prévoit qu’un accouchement spontané pourrait ne pas se produire, on redouble de précautions. Plus spécialement on évite les nombreux touchers et ceux qui sont jugés nécessaires ne sont pratiqués qu’en s'entourant de toutes les assurances de l’asepsie.
Au début du travail, la prudence est encore plus de rigueur. On pratique le palper mensurateur et l’on en tire quelques présomptions sur l’évolution ultérieure du cas. Si la dilatation est complète, si la tête n’est pas engagée et si la poche des eaux est intacte, on rompt cette poche des eaux. Pour cela un aide éclairé appuie la tête sur le détroit supérieur de façon à ce qu'autant que possible ses grands diamètres se superposent à ceux du détroit supérieur,
pendant que l’accouheur rompt la poche des eaux. Plusieurs fois. nous avons vu l'engagement de la tête suivre cette manœuvre.
Pendant toute la durée du travail on note soigneusement le degré de température, l’état du pouls et les particularités des douleurs. Si la température tend à s'élever, le pouls à devenir fréquent, on se trouve devant une situation à laquelle 1l faut mettre un terme. La césarienne basse s'impose bien entendu, à condition que la tête soit toujours mobile.
Nous faisons une restriction. En cas d'infection ayant dépassé les limites de l’utérus, l’embryotomie ou l’hystérectomie doivent être substituées à la césarienne basse.
Une indication nette d'intervenir serait par exemple, un état de souffrance du fœtus. En un mot, 1l faut pratiquer l'opération dès que la prolongation de l’expectative fait courir un danger appréciable à la mère ou à l'enfant. Évidemment, il est difficile de donner toutes les règles applicables dans les différents cas. Pour ainsi dire chaque situation particulière apporte avec elle certaines données, de l’ensemble desquelles on dégage une décision. Par exemple, un accouchement laborieux antérieur, avec enfant mort et plutôt petit, sera une raison qui nous poussera à ne pas attendre une prolongation trop grande du travail ; à plus forte raison si le palper mensurateur permet de reconnaître une tête grosse et dureet si les douleurs sont mauvaises.
Illustrons ces données théoriques par un exemple (Observation XII). La femme est en travail, le diamètre conjugué vrai est évalué à huit centimètres, et le palper mensurateur a permis de reconnaître une tête plutôt petite. On aurait pu espérer un. accouchement spontané, en laissant évoluer le travail. Mais la température étant allée en s’élevant, le pouls en s’accélérant, (température, 38,3 ; pouls, 104), on s’est décidé à l'intervention.