‹ Contribution à l'étude de la Préparation, de la Conservation et de l'Action Thérapeutique des Sérums de ConvalescentsChapitre 11 sur 41 · I. — L'état de santé du donneur · texte numérisé non relu

I. — L'état de santé du donneur

Tout donneur de sang doit jouir d'une bonne santé habituelle en dehors de l'épisode infectieux qui motive le prélèvement sanguin. Il faut donc éliminer, par un examen clinique complet, toute maladie infectieuse susceptible d'être transmise au receveur, en particulier : la tuberculose, le paludisme, la syphilis et, question récente, l'hépatite infectieuse.

— L'histoire des antécédents héréditaires et personnels, un bilan complet de l'état général suivi au besoin d’un examen radioscopique doivent permettre d'éliminer la tuberculose. Il ne faut pas oublier cependant le risque d’une tuberculose évoluant à la suite de la maladie infectieuse, ce qui pose alors certaines réserves quant à l'utilisation ultérieure du sérum. En pareil cas l'étiquetage de chaque ampoule, déposée au frigorifique, à condition qu’on ne l'utilise pas immédiatement, doit permettre son élimination

— Le paludisme du donneur est également une contre-indication. La question se pose surtout lorsque

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l'on fait appel à des soldats convalescents qui sont les

gros fournisseurs de sérum dans les Hôpitaux Militaires—. Généralement le paludéen connaît sa maladie et en informe son médecin, ce qui facilite le problème. Il faut surtout éliminer les jeunes recrues qui, ayant servi en pays impaludés (tels l'Afrique du Nord, l'Indochine) et n'ayant jamais présenté d'accès palustres, peuvent néanmoins être atteints de paludisme inapparent, bien qu'ils aient été soumis auparavant à la quinisation préventive. Il sera alors prudent, en cas de doute, de pratiquer une réaction de Henry.

— La syphilis sera d'abord dépistée par un examen clinique minutieux du donneur, un interrogatoire approfondi sur son passé vénérien, et par l'étude obligatoire des réactions sérologiques de son sang. On pourra alors demander au laboratoire de pratiquer, pour plus de sécurité, deux réactions de floculation (un «Kahn » Standard et un « Meinicke » qui sont à notre avis les plus sensibles) et une réaction d’hémélyse (un «Hecht Ronchèse»> par exemple). En effet, la possibilité d'inoculer une syphilis décapitée au receveur, doit toujours rester présente à l'esprit du praticien qui se souviendra de l'exemple de la syphilis vaccinale, gros écueil, autrefois, de la vaccination antivariolique de bras à bras. Pour Debré, le fait de conserver un certain temps en glacière le sérum de convalescent permet d'écarter formellement la crainte d'inoculer la syphilis, dans le cas où une réaction de Wassermann fournirait un renseignement erroné. Milian estime que le tréponème est un micro organisme trop fragile pour résister à toutes les épreuves de coagulation du sang, et de rétraction du caillot pour l'exudation du sérum.

En résumé, pour avoir le plus de chances possi-

bles d'éviter une inoculation accidentelle de la syphilis, il convient : Tu

1") de rejeter, d'une facon absolue, tout don-

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