II. — RECRUTEMENT DES DONNEURS
L'adulte est évidemment le plus grand fournisseur de sérum alors que l'enfant est un donneur de trop faible capacité et chez qui il n'est pas toujours facile de pratiquer la ponction veineuse. Én dessous de l’âge de 10 ans on ne peut demander à un enfant de prendre rang de donneur.
C'est dans les milieux hospitaliers que l'on a le plus de chances de trouver des convalescents qui acceptent de donner leur sang. Il faut d'abord obtenir le consentement du donneur, lui faire comprendre que la soustraction sanguine, loin de provoquer une anémie, stimulera au contraire ses fonctions hématopoïietiques, et ensuite obtenir la gratuité de l'acte en lui exposant le côté philantropique de son geste.
Dans les hôpitaux militaires où l’on a affaire, le plus souvent, à la bonne volonté évidente des convalescents (qui pensent toujours à une permission possible), les donneurs, qui sont tous volontaires et non contraints, peuvent fournir un grand apport de sang. De plus on s'adresse, dans ces milieux militaires, à des sujets jeunes, sains et vigoureux et, qui plus est, au passé vénérien connu.
Le malade, qui a déjà recu du sérum de convalescent, contracte une dette morale qu’il ne pourra acquitter que par la restitution en nature, le sérum n'étant injecté qu'à titre de prêt. Il est du devoir des
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familles, dont les enfants ont été ainsi protégés, de consentir à ce que ceux-ci entretiennent les stocks de sérum de convalescents par leur apport personnel. Mais bien souvent, chez les enfants, la ponction veineuse n’est pas toujours facile, la vue du sang effraye les parents. Ceux-ci s’affolent, s'imaginant qu'on va « saigner à blanc » leurs progénitures, et arrètent souvent une ponction qui s'annonçait dans de bonnes conditions. C’est ainsi que l’on prélève de trop faibles quantités de sang pour rembourser le sérum fourni et pour pouvoir pratiquer les examens sérologiques de sécurité. Pour entretenir les stocks de sérum, le chef de centre doit pouvoir agir avec beaucoup de tact et d'autorité et ne fournir les ampoules qu'à bon escient. Il convient, pour le dépistage des donneurs, qu'une entente parfaite et rapide règne entre les différents chefs de service des maladies infectieuses d'un même hôpital ou de plusieurs hôpitaux d'une même région, les médecins praticiens en ville et en campa-gne et le chef de centre de sérum de convalescent.
De plus l'utilisation de sérum de convalescent doit être justifiée par le seul chef de service responsable, sur ordonnance signée de sa main avec toutes les indications utiles sur le malade; indications qui permettront, lorsque celui-ci rentrera en convalescence, de récupérer le sérum fourni et même au besoin d'augmenter les stocks.