‹ Contribution à l'Étude de la Préparation du Sérum AntidiphéritiqueChapitre 4 sur 15 · DER · texte numérisé non relu

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reuse, mais bien à regret. Aujourd’hui, nous demandons à M. le professeur Arloing, d’avoir pour nous beaucoup d'indulgence; nous savons qu’elle ne nous fera pas défaut, car, déjà, il a bien voulu nous le prouver, en acceptant la présidence de notre thèse. Avant de quitter ce laboratoire, où il était notre maître, et où nous considérions comme un très grand honneur d’écouter les lecons d’un savant si universellement estimé, nous lui témoignons notre profonde et respectueuse reconnaissance. M. le professeur agrégé Courmont nous a également prodigué ses conseils si éclairés; nous avons été toujours séduit par ses qualités brillantes ; de plus, il a fait naître en nous un état d’âme, pénétré de déférence et d’affection : lorsque nous avons eu, au cours de nos études médicales, des heures pénibles, il a relevé notre courage, qui faiblissait; nous avons ainsi contracté envers lui une dette de cœur; elle est de celles qu’on n’oublie jamais. Pendant trois ans, nous avons suivi avec assiduité les

leçons cliniques de M. le professeur Teissier ; de tous nos maîtres, c’est celui dont l’enseignement nous a fait le plus

aimer nos études et nous a donné une conscience bien nette de nos devoirs.

Nous remercions également M. le D' Nicolas, préparateur de M. le professeur Arloing, qui a bien voulu nous aider à apprendre quelques principes de bactériologie.

Que nos chefs de l’Ecole du service de santé militaire

reçoivent ici l’assurance de notre profond respect. M. le

it

médecin-major de 1" classe Lemoine, professeur agrégé au Val-de-Grâce, et M. le médecin-major de 1" classe

Brousses, ont eu la tâche ingrate de nous enseigner les premières notions de médecine et de chirurgie; ils ont

souvent corrigé nos fautes avec douceur et bienveillance; nous les prions de vouloir agréer l'expression de notre vive gratitude.

Que tous ceux qui ont eu pour nous quelque affection veuillent bien accepter l'hommage de notre thèse et croire que nous nous souviendrons toujours de leur bonté ; pendant notre année d’études à la Faculté de médecine de Montpellier, nous avons trouvé chez M. le D' Guibal l'accueil le plus aimable ; grâce à lui et à sa famille, nous avons moins souffert d’être livré à nous-même, encore bien jeune; nous nous sommes senti moins seul; du plus profond du cœur : merci!

Nos excellents camarades de promotion et d’Ecole nous ont plusieurs fois donné des marques de sympathie; nous les prions de croire à nos sincères sentiments d'amitié. Entre tous, M. le D'Caujole est devenu, à la suite de ces trois dernières années d’études, notre meilleur ami ; nous avons vivement apprécié la générosité de son caractère ; il nous a témoigné une affection si grande qu’elle atténuait nos tristesses et exaltait nos joies ; les hasards de la vie militaire vont bientôt nous séparer l’un de l’autre; mais le souvenir constant de nos cordiales relations nous fera

toujours éprouver la même émotion et les mêmes regrets.

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DU

SÉRUM ANTIDIPHTÉRITIQUE

Historique.

Nous n’avons pas l'intention d’entreprendre l’histoire de la sérothérapie en général; pour rester dans le cadre de notre sujet, nous allons nous borner à donner un aperçu historique de ce qui a été fait sur la diphtérie.

La communication de M. Roux au Congrès international d'hygiène, tenu à Budapest en septembre 1894, eut en France un grand retentissement ; on ignorait, en effet, Les longues et patientes recherches qui, depuis longtemps déjà, avaient été poursuivies sans relâche par des expérimentateurs peu connus daus notre pays, en dehors des bactériologistes et du public médical.

Ge sont, en effet, Behring'! et Kitasato qui, dès l’année

1 Deutsch. med. Wochenschr. 1890, n° 5. — Zeitschr. f. Hyg., 1892, XIL. I.

CADNES

1890, avaient découvert que le sérum sanguin des animaux immunisés par les toxines du microbe du tétanos, conférait l’immunité aux autres animaux ; répétant ensuite, avec la toxine diphtéritique, les expériences qu'ils avaient faites avec les toxines du bacille tétanique, ils obtinrent pour la diphtérie,les mêmes résultats que pour le tétanos. Dès lors, Kitasato, Behring, Ehrlich entreprirent d’employer le sérum antidiphtéritique à la guérison de la diphtérie humaine. |

Mais, la préparation des animaux, destinés à fournir le sérum antitoxique, offraient beaucoup de difficultés. En 1890, Carl Fraenkel ? publia quelques résultats sur ce sujet; en introduisant à plusieurs reprises sous la peau ou dans le péritoine des cobayes 10 à 20 centimètres cubes de cultures diphtéritiques en bouillon, chauffées pendant une heure à 65, 70 degrés, il avait réussi au bout de quinze jours à immuniser ces animaux contre l'injection de cultures virulentes.

La même année, Behring ? indiquait un procédé d’immunisation spécial, consistant à injecter les cultures diphtériques, préalablement additionnées de trichorure d’iode ; cette substance, par son action antiseptique, avait pour effet d’atténuer la virulence des cultures injectées. Lors que l’animal était déja immunisé à un certain degré par l’injection de cultures diphtéritiques contenant du trichlorure d’iode, Behring injectait, soit des cultures virulentes en nature, soit leurs toxines pures. Avec ce procédé,

{ Berlin. klin. Wochenschr., 1890, n° 49.

? Deutsch, med. Wochenschr., 1890, n° 50. — Behring, die Blutserv stherapie, 1, p. 45, 1892.

CARRE E Dee

Behring essaya d’immuniser des cobayes et des lapins ; mais il réussit surtout sur les moutons; ces recherches présenterent quelques difficultés, parce que les moutons se montrèrent très sensibles à l’action du poison diphtéritique. Behring assure qu'il faut agir avec tant de prudence en injectant des cultures diphtéritiques à ces animaux, que des années seraient nécessaires pour les faire bénéficier d’une immunité sufüisante.

Eu 1892, Brieger, Kitasato et Wassermann préconise rent l'injection de cultures dans de lextrait de thymus, préalablement chauffées à 65 degrés ; mais, des expériences comparatives faites par Behring et Kitasato démontrèrent que le procédé de Behring était le meilleur.

En 1893 *, Bardach et Aronson immunisèrent des chiens par l’injection de cultures vivantes; en injectant à un chien des cultures diphtéritiques faibles, à doses rapidement croissantes, Aronson avait pu conférer à l’animal une immunité telle que le pouvoir vaccinant de son sérum était, d’après la méthode d’évaluation de Behring, de 174000; c'est-à-dire qu’un centimètre cube de ce sérum était suffisant pour vacciner 4000 grammes de cobaye contre la dose mortelle minima de cultures virulentes. Bardach, de son côté, avait retiré, du sang de ses chiens, injectés par le même procédé, un sérum possédant un pouvoir immunisant de 1/24000 ; les chiens supportaient très bien les injections de poison diphtéritique, mais leur sérum ne pouvait guère être employé pour l’homme en raison de sa toxicité.

! Behring Blutserumtherapie, 1892, I, p. 42, ? Berlin, klin. Wochenschr.. 1893, n° 4, p. 100.

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