‹ Contribution à l'étude de la préparation et de l'analyse de quelques ampoules pour injections hypodermiquesChapitre 11 sur 20 · HD · texte numérisé non relu

HD

tr par un simple passage au travers de pores qui, bien que très petits, sont toujours beaucoup plus grands que les bactéries à arrêter, mais le courant de liquide devra parcourir toute une série infinie de petits canaux contre les parois desquels viendra se briser le jet de liquide et y déposer ses germes. Il en sortira purifié mais, par contre, les premières voies du filtre seront souillées de tous ces germes qui opposeront une barrière empêchant le passage des autres germes. Le filtre sera encrassé et c’est là un écueil que l’on pourra éviter en prenant quelques précautions qu’il est bon de signaler. Il faudra entretenir la bougie dans un état de propreté très minutieux. On opérera un brossage énergique pour enlever l’enduit de la surface, puis on plongera la bougie dans de l’eau que l’on fera bouillir pendant quinze ou vingt minutes. Mais cette opération, déjà excellente, ne suffit pas à désobstruer les pores et à régénérer le filtre. Un autre procédé consiste, après un brossage énergique et un rinçage à l'eau froide, à immerger la bougie dans une solution de permanganate de potasse au 1/100, puis dans une solution de bisulfite de soude au 1/20 additionnée de 5 centimètres cubes d'acide chlorhydrique. t Il est toujours bon également de s'assurer de l'intégrité des bougies et de vérifier, en y insufflant de l’air avec une certaine force (au moyen d'une pompe ou d’une poire), après les avoir immergées dans l'eau, si elles ne présentent pas quelques fissures. L'apparition de bulles d’air à la surface de l’eau indiquerait la présence d’une solution de continuité qui, par sa finesse, aurait pu échapper à l’œil. Ces précautions prises, il va sans dire que la bougie, avant le remplissage des ampoules, sera toujours stérilisée

NE EE au bec Bunsen ou bien mieux à l’autoclave, comme les autres parties de l'appareil.

On aura ainsi un procédé de stérilisation suffisant. Mais il a l'inconvénient, tout en paraissant simple, de demander beaucoup de soins, ce qui n’est pas toujours facile à réaliser dans la pratique courante de la pharmacie. De plus, la filtration s’opère assez lentement et c’est peutêtre un inconvénient appréciable. Mais, ce qui est plus grave, la solution filtrée peut souvent avoir été modifiée. Certaines substances chimiques peuvent être arrêtées en même temps que les bactéries. On ne peut, bien entendu, filtrer que des solutions parfaites. Des liquides qui contiendraient des médicaments, même en très fines particules invisibles, ne pourraient être traités par ce procédé qui les appauvrirait considérablement dans sa teneur médicamenteuse. Il en est ainsi des albumines qui sont en partie arrêtées, certaines diastases également. On ne filtrera pas les solutions de ferments, les sérums thérapeutiques dont l’activité est liée à la présence de diastases et antitoxines.

En définitive, la filtration bien employée est un bon procédé de stérilisation des liquides injectables, mais il a un double inconvénient d’être long et de modifier certains liquides. On devra la réserver pour des substances qui ne peuvent supporter des températures même très basses.

Nous venons de passer en revue les divers procédés pratiques de stérilisation des ampoules. Il nous reste à citer quelques modes de stérilisation qui, jusqu’à mainte nant, n’ont pas èté employés, nous voulons parler de l'électricité.

L'action bactéricide de l'électricité sur les solutions

Eee médicamenteuses pour injections hypodermiques n’a pas été étudiée. Peut-être est-ce là un procédé d’avenir. Quoi qu’il en soit, il ne paraît pas actuellement que les microbes soient tous détruits par le courant électrique. De plus, on se heurte à une difficulté sérieuse : la décomposition des solutions.

L’ozone, qui est très en faveur pour la stérilisation de l’eau, n’a pas reçu non plus d’application pratique pour le cas qui nous concerne. Il semble avoir le même inconvénient de modification chimique que le courant électrique.

Enfin, pour terminer, nous citerons le pouvoir stérilisant des rayons ultra-violets, établi en partie par Nogier, sur l’eau d'alimentation. Lesure, qui en a fait une étude, arrive à ce résultat qu'il semble impossible à l'heure actuelle de stériliser les ampoules par ce procédé, car le verre absorbe les rayons ultra-violets de courte longueur d'onde qui sont précisément les plus actifs. On pourrait, d’après le même auteur, imaginer un dispositif spécial permettant le remplissage des ampoules par le vide, au sein de la solution stérilisée ; mais il faudrait, au préalable, opérer la stérilisation à l’autoclave de l'appareil et des récipients ; ce serait long et peu pratique.

Et, d’une façon générale, ces trois derniers procédés (courant électrique, ozone, rayons ultra-violets) en admettant qu’on arrive à les appliquer à la stérilisation des ampoules, resteront probablement toujours des méthodes de laboratoire, car il ne sera pas toujours facile au pharmacien d’avoir à sa disposition le courant électrique et encore moins des appareils producteurs d’ozone et de rayons ultra-violets.

se VE

Page 1