‹ Contribution à l'étude de la préparation et de l'analyse de quelques ampoules pour injections hypodermiquesChapitre 14 sur 20 · EAU DE MER · texte numérisé non relu

EAU DE MER

L'eau de mer possédant des propriétés toniques reconstituantes, on eut l’idée de l’employer en injections hypodermiques. Elle s’est montrée supérieure au sérum physiologique et aussi, bien plus active qu'une eau de mer artificielle fabriquée de toutes pièces et absolument identique comme composition chimique. Comme pour les eaux minérales, il y a des principes non déterminés, quelque chose de mystérieux qui donne à l’eau de mer ses propriétés.

On utilise l'eau captée, loin du rivage, à dix mètres de profondeur, pour éviter les microbes de la surface et du rivage. On choisit un endroit au large d’une côte loin de toute agglomération. On se sert de l’eau de l’Atlantique. On doit la capter avec beaucoup de précautions car on ne peut la stériliser. C’est un milieu vivant; stérilisée, elle est morte et beaucoup moins active. On se servira donc de récipients préalablement stérilisés qui seront

hi hermétiquement bouchés sitôt le remplissage opéré. Ce remplissage se fera à l’avant du navire arrêté.

On n’emploie pas l’eau de mer pure. On la dilue avec de l’eau de source bactériologiquement pure et aussi pauvre en sels que possible. On mélange deux parties d’eau de mer avec cinq parties d’eau de source. Il s’agit d'obtenir un liquide isotonique de facon à ce qu’il soit indolore.

On filtre ensuite à la bougie préalablement autoclavée ainsi que tous les récipients qui vont servir au remplissage. Les ampoules, également, seront stérilisées à 120 degrés. Apres le remplissage, qui se fait comme pour les sérums artificiels, elles sont fermées à la lampe.

Elles ne se conservent pas longtemps. Après trois semaines elles ont perdu une grande partie de leur activité. Nous avons vu que l’eau de mer ne pouvait être stérilisée par la chaleur. On doit se contenter de la bougie. D’après Quinton, le globule blanc ne vit pas dans de l’eau de mer isotonique chauffée. D’après Pouchet et Chabry, les œufs fécondés d’oursins n’évoluent pas dans l’eau de mer artificielle pas plus que dans l’eau de mer chauffée. Les résultats cliniques concordent avec ces expériences.

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