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Le corps thyroïde perceptible à la palpation était normal. |
Pas de ganglions.
Il avait de la dyspnée d'effort, 16 respirations par minute, dans la position assise. On trouvait en avant une zone de matité triangulaire dont la base était située à 1 cm. à droite du sternum sur presque toute sa longueur, le sommet à 2,2 cm. au-dessus et en dehors du mamelon gauche. A cet endroit on entendait un souffle systolique doux, peu prononcé, se propageant dans l’aisselle. Au niveau de la zone aortique, il y avait également un souffle systolique moins doux et d’un caractère plus permanent que celui de la pointé.
Le pouls était petit et assez variable, de 112 à 120 par minute.
L’artère temporale est grosse et sinueuse.
Il y a un excès de 6 % de globules rouges par rapport à la normale. On trouve quelques petits éléments granuleux, mais pas d’hématies nuclées. Il y a un globule blanc pour 346 rouges, les leucocytes sont de forme normale.
Les plis du scrotum n'étaient pas aussi prononcés que normalement donnant à ce dernier une apparence presque lisse. Les testicules étaient descendus et comparables comme taille à ceux d’un enfant de 10 à 12 ans, leur sensibilité était normale.
Urines normales, poids spécifique assez faible (1006 à 1016).
Evolution de la maladie. A partir de l’époque où je le vis en 1891, il grandit à la vitesse presque uniforme de 2,9 CM. par an, mais les mensurations de la tête et de l'abdomen restaient identiques. Le tour de poitrine s’était accru de 5 cm seulement à l’époque de sa dernière mensuration, en octobre 1894, sa taille était alors de Lim. 13
I semblait vieillir très rapidement : ses traits devenaient manifestement plus ridés, son psychisme évoluait
parallèlement et il s'impatientait lorsqu'on le traitait comme un enfant. à
A l’âge de 16 ans, il fut évident qu'il approchaït de la maturité sexuelle à l’occasion de pertes séminales.
Les cartilages du larynx n’augmentaient.pas de volume et il n'y avait pas d’altération de la voix. Vers cette époque il commença à souffrir de rhumatisme articulaire.
Au début de l'hiver 1893, je le soignai à l’occasion d'une pneumonie lobaiïre de la base droite, qui fut suivie d’une adénite cervicale suppurée.
Pendant l’automne 1894, il devint asthénique, encore plus facilement fatigué en même temps qu’il devenait plus grave et plus docile et pourtant moins sociable. Ses troubles digestifs augmentèrent, il se plaignait souvent d’une douleur aiguë, au niveau du sein droit, qui lui paralysait le bras. |
Au début de l'hiver, il fut pris d’une toux sèche et saccadée. l
La dernière maladie débuta le 8 décembre 1894 avec diarrhée et vomissements, sa douleur habituelle au sein droit et de la sensibilité de l’épigastre. Il était incapable de se coucher, le décubitus provoquant de la suffocation. La respiration était difficile et striduleuse, mais non angoissante. Pas de bruits pulmonaires anormaux. Le pouls était à 134, il devint rapidement petit, faible et irrégulier. Aucun souffle au niveau du cœur dont les bruits étaient assourdis. Sa température variait entre 380 et 390 4. La matité hépatique était augmentée mais peu de douleurs à ce niveau. La zone de sonorité gastrique était manifestement augmentée de volume et le petit malade attribuait son malaise aux gaz. Le jour suivant, légère amélioration. Mais le matin du 3° jour, il eut à nouveau de la diarrhée et quoique sa respiration fut meilleure il se sentait plus malade. Un peu plus tard je reçus un message urgent de venir le voir et quand j'arrivai, il était mort. Sa mère l'ayant quitté quelques instants l’avait retrouvé assis dans son
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lit, légèrement livide; ayant peine à respirer, elle Pavaït pris sur ses genoux où il était mort tranquillement en quelques instants.
Aulopsie. La graisse sous-cutanée était si mince qu’elle ne formait pas une couche continue ; au niveau du mésentère et du grand épiploon elle n'existait que par place, il y en avait ure petite quantité derrière les reins, pas de franges épiploïques.
La fontanelle antérieure était fermée. Par son épaisseur et sa structure, le crâne pouvait être comparé à celui d'un enfant d’un an. Son épaisseur était uniforme et il n’y avait pas de différenciation entre Fos compact et le diploë.
La selle turcique et la base du crâne étaient normales.
Les côtes et leurs cartilages normaux également. Le sternum était complètement ossifié et, sauf le manubrium, ses segments étaient soudés. La clavicule gauche qui fut enlevée était longue de 5, 5 cm., y compris le cartilage (les clavicules d’un enfant de 15 mois {ont cette longueur sans le cartilage et je dois rappeler que le mode d’ossification de la clavicule est intermédiaire entre les os cartilagineux et les os membraneux). Cette clavicule contenait le début d’un canal médulaire, il n’y avait pas de point d'ossification à l'extrémité sternale, mais le chapeau cartilagineux étaït très développé en comparaison du corps de l’os. :
Cerveau de toute façon normal, les circonvolutions bien formées et non aplaties, le liquide dans les ventricules et l'espace sous-dural était en quantité normale. À un examen un peu superficiel il semblait que la glande pinéale et la pituitaire étaient saines et de grosseur normale:
A l'ouverture du thorax, on vit un persistant et gros, ses lobes, à peu près égaux, s’étendaient d'environ à 2 cm. du bord du manubrium à la jonction de la 5e côte avec le sternum en bas, recouvrant aïnsi le péricarde. Sa forme était normale, le lobe droit à lui seul mesurait
7 cm. 2 de long sur 4 em. 8 de large et 2,3 d'épaisseur ; le lobe gauche était un peu plus petit. Le poids total de la glande était de 48 gr. 3 (le thymus à son stade le plus gros pèse normalement 26 gr.).
La trachée légèrement aplatie mais n’est pas fermée par la pression de la glande qui n’a pas de vascularisation particulière. A l’occasion d’une étude microscopique qui fut faite plus tard, le thymus ayant été trop longtemps exposé à l'air, il fut difficile de mettre en évidence les détails de structure, à l'exception d’une augmentation considérable du tissu fibreux.
La glande thyroïde était d'apparence et de taille normale et l’on ne trouva rien à l’examen microscopique.
A part quelques vieilles adhérences pleurales au niveau de la base droite les poumons étaient sains.
Le cœur pesait 121 gr., il n!y avait pas de pericardite ancienne, le muscle était ferme et sain, les deux ventricules contenaient du sang. Pas de sténose de l’orifice mitral mais les deux valves étaient athéromateuses. La moitié de la valve antérieure qui est réunie à la paroi ventriculaire était épaissie par une large plaque calcifiée, la partie libre était beaucoup moins touchée. Les bords de la valve postérieure étaient recroquevillés. La base des valves aortiques était garnie d’excroissances calcifiées en forme de chou-fleur, entourant presque l'orifice. Au niveau de la valvule postérieure droite il y avait une tache irrégulière s’étendant à l’aorte sur une hauteur de 23 mm., elle se composait d’une plaque continue et d’un prolongement réuni avec la plaque calcifiée déjà décrite sur la valve mitrale antérieure. Les deux artères coronaires étaient oblitérées, la droite à son début, la gauche en pleine paroi ventriculaire où elle était littéralement ossifiée. Ï y avait çà et là sur toute la crosse de l’aorte et spécialement le long de sa convexité des plaques unies d’athérome ; sur.sa concavité à l'opposé de l’origine de la sousclavière gauche, il y avait une grosse plaque calcifiée.
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L'athérome s’étendait également sur les grosses branches de l'aorte, un paquet de fibrine organisée bloquait presque l’origine de la sous-clavière droite à partir de l'artère inominée. Il n’y avait pas trace de canal artériel et la valve coronaire était presque fermée. Les valves tricuspides et pulmonaires étaient saines.
La rate pesait 42 gr.,sa capsule avait 2 mm.d'épaisseur sur laface convexe où elie était de dureté et de consistance cartilagineuse ; sur sa face concave la capsule était plus mince que normalement et de structure normale.
Les reins pesaient ensemble 130 gr., n'étaient ni durs, ni congestionnés, leur capsule un peu adhérente. Les capsules surrénales un peu aplaties, mais d'apparence saine. L'aspect microscopique des deux reins et de leurs capsules était celui que l’on trouve d'ordinaire dans les organes scléreux des vieillards. Les cellules glandulaires étaient les unes granuleuses, les autres atrophiées, cependant le tissu fibreux était augmenté.
L’estomac était dilaté et sa muqueuse congestionnée. Les éléments musculaires et épithéliaux de l'estomac et de l'intestin étaient fins comme du papier, ils ressemblaient à ceux d’un enfant mort atrepsique. Les plaques de Peyer étaient si atrophiées qu'il était difficile de les distinguer. |
Le foie non congestionné avait une structure absolument saine. Son bord s’étendait jusqu'à mi-chemin entre le rebord costal et l’ombilic. Le foie et le cerveau n'ont pu être pesés.