‹ Contribution à l'étude de la prophylaxie de la syphilis héréditaireChapitre 12 sur 33 · LES DISPENSAIRES ANTI-SYPHILITIQUES ANNEXES AUX MATERNITES · texte numérisé non relu

LES DISPENSAIRES ANTI-SYPHILITIQUES ANNEXES AUX MATERNITES

Historique.

C'est en 1919 que M. le Professeur COUVELAIRE, M. le Docteur Marcel PINARD comprirent la nécessité de pratiquer à la maternité même, la prophylaxie des maladies héréditaires.

Un dispensaire anti-syphilitique fut donc annexé à la Maternité Baudelocque.

Il fut ouvert non seulement aux femmes gravides, dont on voulait améliorer les conditions de traitement, mais aux femmes ayant eu des « gestations malheureuses antérieures, et aussi aux nourrices, aux nourrissons, et même aux pères qu'il était jusque-là impossible d'atteindre.

Ainsi était réalisée, par la collaboration de l’accoucheur et du syphiligraphe, au même lieu et dans les mêmes mains, la surveillance et le traitement des syphilis familiales.

Le 7 août 1920, un an et demi après sa création, le dispensaire de Baudelocque était reconnu officielle-

ment et adopté dans les cadres administratifs de l’Assistance Publique.

Dès 1921, le Docteur FAIVRE, Directeur des services des maladies vénériennes, préconisait, au nom du Ministère de l’Hygiène, l'extension à toutes les Maternités de France, de la formule Couvelaire.

Sous l'impulsion du Docteur CAVAILLON, successeur du Docteur FAIVRE, la formule fut étendue aux institutions de puériculture ; et, à l'heure actuelle, on peut dire qu'il n'est pas de Maternité ou d’Institution de Puériculture de quelque importance, qui ne soit subventionnée par le Ministère de la Santé Publique pour la prophylaxie ou le traitement de la syphilis congénitale.

Fonctionnement.

Il serait fastidieux de s'étendre sur les différents rouages assurant le bon fonctionnement d'un tel dispensaire, rappelons seulement que le mécanisme de la prophylaxie comporte deux étapes :

— le dépistage,

— le traitement.

AU DÉPISTAGE participent tous les services de la Maternité :

— Consultation de femmes enceintes ;

— Service d’accouchements proprement dit;

— Service des suites de couches et des nourrissons ;

— Enfin, consultation de gynécologie.

Tous les renseignements recueillis à ces stades successifs de la « procréation », sont centralisés entre les mains du syphiligraphe. Ce dernier mène alors personnellement son enquête et affirme ou écarte l'opportunité d’un traitement spécifique.

CE TRAITEMENT, c’est encore le syphiligraphe qui en fixe les modalités, le dirige et le surveille, en même temps que l’accoucheur surveille l’évolution de la gestation.

Les résultats acquis.

Les premiers résultats connus furent naturellement ceux de Baudelocque. Ils furent rapportés par M. LÉ- VY-SOLAL, à la Conférence de la syphilis héréditaire de Paris, en 1925 : 256 femmes syphilitiques suivies à Baudelocque, de 1919 à 1924, avaient eu, AVANT TOUT TRAITEMENT, 530 gestations, dont 102 enfants ayant dépassé l’âge d’un an, soit un déchet de 82 %..

APRÈS DÉPISTAGE ET TRAITEMENT AU DISPENSAIRE, ces femmes ont eu : 269 gestations, dont 242 enfants ayant dépassé l’âge d’un an, soit un déchet de seulement 10 % !

D'autres statistiques comparatives, portant alors sur la mortalité in utéro, furent fournies en 1928 (Pa-

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