L... Henriette, 31 ans
LA FEMME
Ant. hér. : Père décédé à 59 ans d'un cancer de la langue. Mère, 51 ans, vivante (2 enfants vivants).
Ant. pers. : ?
Examen : Petite taille, | m. 50. Multiples stigmates de rachitisme. Stigmates dentaires, amorphisme, signe de Gaucher. H. 00.
1° MARI : Aucun renseignement.
2° Mai : 39 ans. H. 00.
Ant. hér. : Père 60 ans, vivant et bien portant. Mère morte à 30 ans, de typhoïde (6 enfants, dont 2 morts).
Ant. pers. : Epilepsie traumatique.
HISTOIRE OBSTÉTRICALE :
Premier procréateur :
1" gestation 1934 : Enfant mort-né au terme de 7 mois. 2° gestation 1924 : Enfant mort et macéré, au terme de 8 m. Deuxième procréateur :
3° gestation 1925 : Garçon à terme, 3.129 gr. mort de convulsions et méningite d'origine (?) à 13 jours. 4° gestation 1935: Dépistage à la fois sur ant. obst. petits signes de syphilis héréditaire chez la mère et cancer de la langue du grand-père. Traitement :
HR TE La
2 séries de Bivato}, pendant la grossesse. Acc. à terme spontané, facile. Garçon mort-né, pesant 2 kg. 490. Mort récente, gros foie et grosse rate.
ANALYSE. — Dépistage tardif à la quatrième gestation seulement d’une syphilis héréditaire discrète venant sûrement du grand-père maternel : mais à cette syphilis ancienne on n’a pu opposer qu’un traitement trop court, pendant la grossesse seulement.
On a toutes chances d'éviter de nouvelles « grossesses malheureuses » par un traitement avant la procréation.
M... Romaine, 26 ans.
LA FEMME
Ant. hér. : Père et mère vivants (4 enfants bien portants et | mort).
Ant. pers. : Rien à signaler. H. 00.
LE MARI
Ant. hér. : Père et mère bien portants (6 gestations, dont 1 f. c., | enfant mort jeune, 4 enfants bien portants. Examen : 00.
HISTOIRE OBSTÉTRICALE :
1"? gestation 1928 : Garçon à terme, mort de vomissements habituels du nourrisson à 5 mois.
2° gestation 1930 : Acc. au terme de 8 mois. Garçon décédé au 3° Jour.
3° gestation 1932 : Acc. gémellaire au terme de 8 mois. 2 garçons de 2.000 et 2.500 gr., morts à 5 et 6 jours.
Ne
4° gestation 1933 : Traitement institué sur antécédents 3 séries de Novar pendant la grossesse. Acc. à terme. Garçon de 3.659 gr/760. Actuellement vivant, mais a été traité et a présenté des végétations dès les premières semaines, du rachitisme précoce et a toujours été très nerveux.
5° gestation 1935 : Traitement très irrégulier pendant la grossesse. La femme ne reçoit que deux débuts de série de Bivatol. Accouchement à terme.
Fille morte et macérée, 2.710 gr. Placenta, 1350 couleur « chair à saucisse » (tréponèmes non
recherchés).
ANALYSE. — Les dépistage a été fait à la quatrième gestation sur des antécédents obstétricaux que beaucoup pourront trouver fort discutables.
Cependant, le traitement a amené un enfant vivant, quoique taré, à la quatrième gestation. La cinquième gestation a donné à nouveau un enfant mort du fait du traitement insuffisant et apporté de nouvelles preuves de la syphilis (placenta énorme).
L'enquête familiale.
Son but essentiel est le dépistage de la syphilis héréditaire des procréateurs.
Lorsqu'elle est étendue, minutieuse, précise, c’est le plus important procédé d'investigation, le procédé qui apporte les renseignements les plus constants.
Elle doit naturellement porter, et nous y reviendrons, sur les deux procréateurs.
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L'interrogatoire doit être méthodique, précis et complet, même si le diagnostic est déjà orienté.
Non seulernent il concernera les parents, mais il s'étendra aux grands-parents, aux collatéraux et aux procréations de ces derniers, s’il y a lieu.
Pour les membres de la famille qui sont morts, on tâchera de préciser la cause de la mort ou, à défaut, l'âge à laquelle elle est survenue et les circonstances qui l'ont entourée.
Pour les membres encore vivants, il ne faudra pas se contenter du qualificatif « vivants et bien portants » si souvent trouvé sur les observations : une bonne enquête familiale doit essayer de faire préciser les manifestations pathologiques importantes que les ascendants ou collatéraux ont présentées. Les résultats des grossesses de la mère et de la srand’mère seront soi-
gneusement consignées.
Résultats du dépistage
À des moyens d'investigation aussi précis, aussi minutieux, aucune syphilis récente ou ancienne, acquise ou héréditaire, ne devrait échapper. Aucun doute ne devrait subsister, aussi bien sur la santé du père que sur la santé de la mère.
En pratique, l’investigation du côté paternel est souvent difficile :
— D'abord parce qu’on ne peut voir le mari de
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chaque femme qui se présente à la consultation des femmes enceintes,
— Et parce que la femme connaît souvent mal les antécédents personnels et familiaux de son conjoint.
Le résultat de ces difficultés d'investigation du côté paternel sont :
Chez les primipares, la méconnaissance complète de toute syphilis, avec comme conséquence une première « grossesse malheureuse ».
Chez les pluripares, ayant eu des antécédents obstétricaux manifestement syphilitiques, la méconnaissance de « l’origine » de cette syphilis, avec comme conséquence, malgré le traitement de la mère, une nouvelle « grossesse malheureuse ».
Ces syphilis paternelles, dont le manque de dépisfage peut ainsi être à l’origine d’ « échecs du traitement », sont le plus souvent des hérédo-syphilis. Ces formes méritent un chapitre spécial.
Les hérédo-syphilis paternelles
Elles ont été l'objet de quelques communications. Divers auteurs ont signalé qu'elles étaient capables de transmissibilité et pouvaient se manifester à l’occasion de procréation soit par une gestation malheureuse, soit par une syphilis évolutive des enfants.
M. LÉVY-SOLAL relatait, il y a quelques années, sur |7 cas de syphilis de deuxième génération obser-