CONCLUSIONS
Dans ce travail, nous avons plus spécialement fait porter notre étude sur :
Les échecs du traitement antisyphilitique prénatal
— Par « échecs » nous entendons :
a) les grossesses n'ayant pas abouti à la naissance d'un enfant vivant ;
b) celles ayant abouti à l'expulsion d’un enfant « débile », mort dès les premiers jours après la naissance,
— en excluant de notre définition :
a) les enfants manifestement morts d’une complication du travail ou d’une manœuvre obstétricale ;
b) les enfants nés vivants et qui, bien qu'entachés de syphilis héréditaire, sont sortis vivants de la maternité.
— Par « traitement prénatal » nous entendons :
Un traitement « minimum » au-dessous duquel on ne peut parler de traitement efficace, et que nous avons fixé à deux séries arsénicales ou bismuthiques, pendant la grossesse.
Les statistiques par nous dressées, sur sept années de fonctionnement à la Clinique Baudelocque, nous ont montré que :
— le pourcentage d’ « échecs » chez les femmes ayant subi un traitement prénatal, pourtant correct en apparence, est encore de 4,5 %.
Il nous a semblé que ce chiffre pouvait être abaissé. Par l'analyse de nombreuses observations de mères syphilitiques traitées sans succès, nous avons essayé d'établir dans chaque cas la cause d’échec du « traitement prénatal », nous avons été amené aux conclusions suivantes :
1° CERTAINS ÉCHECS SONT INDÉPENDANTS DU TRAI- TEMENT, car ils proviennent de causes surajoutées à la syphilis (infections ou intoxications, générales ou gravidiques).
2° CERTAINS ÉCHECS SONT INÉVITABLES PAR LE TRAITEMENT SPÉCIFIQUE, parce qu'ils relèvent directement de lésions syphilitiques organiques, fixées, et qui lui sont devenues inaccessibles (néphrites, hypertension, etc...).
3° LES AUTRES ÉCHECS SONT « LES VRAIS ÉCHECS DU TRAITEMENT », ET NOUS PARAISSENT INÉVITABLES, car ils sont dus presque tous aux deux causes suivantes :
À. — L'absence de traitement de la mère avant la gestation, le traitement, même intense, pendant la
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grossesse seulement s'étant montré, dans la majorité des cas, insuffisant.
B. — L'absence de traitement du père, avant la conception. Le rôle d'une syphilis exclusivement paternelle, dans l’étiologie des « grossesses malheureuses », est en effet plus fréquent qu’on ne le croit; il est souvent méconnu, et sa méconnaissance est grave, car, dans ce cas, le traitement de la mère seule, c’està-dire le traitement de l'œuf, même dès le début de la gestation et pendant toute sa durée, est dans la règle insuffisant.
L'explication de ces deux causes d'échecs, nous l’avons trouvée dans la constatation suivante :
« Quel que soit le procréateur en cause, la syphilis responsable est, dans la règle, une syphilis ancienne, habituellement héréditaire, toujours fruste et larvée. »
Or, d’après les règles de la syphilothérapie, ces variétés de syphilis nécessitent un traitement prolongé. Aussi pouvons-nous conclure que, dans les deux cas, la cause d’échec a été :
UN TRAITEMENT INSUFFISAMMENT PROLONGÉ, C’EST- A-DIRE INSUFFISAMMENT PRÉCOCE pour L’ANCIENNETÉ DE LA SYPHILIS.
COMME REMÈDES : nous affirmons la nécessité d’ajouter au traitement de la mère pendant la grossesse :
1° Le traitement de la mère avant la gestation, si la syphilis est exclusivement maternelle ;
2° Le traitement du père avant la conception, si la syphilis paraît exclusivement paternelle ;
3° Le traitement des deux procréateurs avant la procréation, si l'enquête familiale montre qu'ils peuvent se partager les responsabilités.
AU POINT DE VUE PRATIQUE : il est évident que le traitement ne pourra être précoce que si le dépistage peut lui-même être fait en temps utile.
Cela explique la fréquence des échecs chez les primipares, la syphilis n'étant, le plus souvent, dépistée chez elles qu’en cours de grossesse.
Et cela nous montre aussi de quelle précieuse utilité serait, pour la « Prophylaxie de la Syphilis Héréditaire » :
La consultation pré-nuptiale
Grâce à elle, avant toute procréation, le médecin posséderait le dossier de chacun des procréateurs, ce qui lui permettrait de conseiller, dans certains cas, « un traitement préconceptionnel d'emblée », en faisant partager les responsabilités aux deux conjoints.
Va : Va :
Le Doyen, Le Présinenr pr La Tuèsr TIFFENEAU. LÉVY-SOLAL.
Vu et permis d'imprimer :
Le ReCTEUR DE L'ACADÉMIE pe Paris,