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Etude microbiologique
Êe Lutres caractères de ces types de virus sont semblables; aussi parlerons-nous, du point de vue microbiologique, du virus de la variole.
Le virus est filtrable, mais à condition d’user de certains artifices (broyage fin des pustules, macération prolongée) et de bougies assez perméables (Berkefeld V, Chamberland L2). Il s’en faut, observe Burnet, qu'il filtre toujours dans les conditions moyennes admises et souvent, avec lui, passent les bactéries-test : vibrion cholérique très mobile ou la Pasteurella. Il se comporte à peu près comme le virus claveleux (Borrel) ou le virus vaccinal (Siegert, 1905). Cela tient à leur taille relativement grande : virus aviaire, 125 à 175 mu; virus claveleux, 170 à 260 mu; virus vaccinal, 140 à 160 mx (Levaditi). Supérieurs à 0 y 1, avoisinant 0 y 2, on comprend qu’ils soiént visibles au microscope.
Les unités virulentes apparaissent dans les cellules parasitées sous forme de fines granulations : les corpuscules de Borrel de 0 x 25 dont l’agglomération forme les inclusions de Bollinger qui peuvent atteindre plusieurs 4 de diamètre.
En 1928-29, Good et Woodruif purent dénombrer 20.000 corpuscules élémentaires dans une de ces inclusions.
Le virus se cultive in vivo. L’inoculation intraveineuse, suivie de la scarification de la crête avec badigeonnage virulent de celle-ci, réalise une véritable culture in vivo et assure une abondante production de virus. En effet, les croûtes de la crête et des barbillons, soigneusement récoltées, broyées à sec et maintenues dans le vide en tubes scellés, conservent longtemps leur pouvoir pathogène et permettent de constituer une importante réserve de virus.
La vitalité est très grande :
a) Les lésions cutanées, simplement desséchées, conservent toute leur virulence en glacière pendant plus d’une année;
b) A 37°, la vitalité persiste après 3 jours.
À 60°, la mort survient en moins de 10 minutes, mais le virus desséché résiste infiniment mieux;
c) A l’action prolongée de la glycérine, le virus résiste mieux que les pyogènes. D’après Burnet, la vitalité persiste encore après 4 mois;
d) Dans une solution à 3 % et même à 2 % d’acide phénique, le virus est tué en 30 minutes. Il résiste 1 heure et demie dans une solution à 1 %.
| Epidemiologie
La variole aviaire est observée dans toutes les parties du monde. Mais, selon les contrées, elle affecte plus spécialement telle ou telle espèce animale et se montre avec plus ou moins de fréquence. Elle est observée d’ordinaire sous une forme enzootique. L’affection cause partout des ravages considérables. Elles apparaît toujours grave; moins par sa mortalité, car le pronostic demeure relativement bénin, que par ses conséquences économiques, puisqu'elle cause un retard fâcheux à la croissance et à l’engraissement et provoque un arrêt important de la ponte. :
Les saisons exercent une influence particulière. La variole est une affection saisonnière qui se manifeste surtout à la fin de l’automne et en hiver. C’est de septembre à janvier qu’en France les oiseaux sont atteints de préférence.
Le froid favorise l’apparition du type diphtéroïde ou oculo-nasal. Au contraire, la chaleur fait surgir plutôt le type cutané.
L'espèce semble agir aussi sur l'aspect clinique du processus ; les localisations cutanées sont fréquentes chez le dindon et le pigeon. Elles sont plus rares chez la poule.
Symptômes
Selon quelques auteurs, la variole aviaire se présente exclusivement sous la forme aiguë dont les deux
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: Pteione possibles sont sur la peau et certaines mu- ‘TES queuses. Mais de nombreux cliniciens ont quelquefois Lu observé d’une façon indiscutable les formes suraiguë et chronique. La période d’incubation varie de 3 à-8 jours dans les conditions naturelles. La maladie affecte des formes différentes selon la rapidité de l’évolution et la marche du contage. Aussi est-il pen de distinguer Le à : a) Une forme suraiguë atypique; è
b) Une forme aiguë à localisations variables:
c) Une forme chronique.
. LE 4 : Forme suraigué 6 ù Signalée par Straub et Truche, la forme suraiguë de- é
meure. très rarement observée en nos climats et se révèle
plus fréquente dans les régions chaudes. Elle se traduit uniquement par des signes généraux graves : prostra-
tion et fièvre intenses, inappétence totale, cyanose mar-
quée des muqueuses, dyspnée considérable avec bruit
de cornage. Les malades succombent en quelques heu- | res. |
Forme aiguë
C’est dans nos pays tempérés la modalité la plus fréquente. Suivant les localisations anatomo-cliniques du virus, elle se reflète en des types morbides bien distincts, tantôt isolés, tantôt diversement associés.
l 1° Type épithéliomateux, variolique où cutané
Ce type se manifeste le plus souvent, seulement au niveau de la tête et particulièrement à la érête, autour des paupières et des narines, aux barbillons, quelquefois exclusivement au niveau du conduit auditif externe sous l’aspect des nodules, de macules dures, grisâtres de la grosseur d’une lentille.
Ces lésions se gonflent, surplombent progressivement le tégument voisin pour former une papule arrondie. Puis rapidement, une sérosité transforme cette altération en vésicule; sous l’influence des irritations externes
des germes pyogènes ir vionqent, et De ‘pustule, Fin
d'un pus épais, finit par se ru] turer ‘et. se recouvre d’une croûtelle brune qui se flétrit se dessèche et à l'abri de laquelle la cicatrisation se termine en une douzaine de
quent dans ce dernier cas des déformations marquées
des organes, la fermeture de l'œil, locclusion des na-
à :. rines, etc... Les boutons varioliques des commissures du
bec ont étendu leur action purulente à la muqueuse buccale. Les plumes de la tête ei tèrnes et finissent par tomber. <, norte
’ L’épithélioma peut s'étendre de la tête au cou et au-
4 tres points du corps ou apparaître d'emblée en ces ré- : < VE à \ &
gions, notamment à la face interne des ailes, aux cuisses,
“A HN au pourtour du cloaque. Quelquefois, les pattes, les Dr. tarses se recouvrent de fines pustules, de boutons for- ET mant verrucosités. : r | se «
Les signes généraux sont peu accusés et eee.
ment ne s’observe que lors .d’éruption importante et
d envahissante, lorsque les lésions ayant gravement tou-
ché les paupières empêchent la vision et la recherche des aliments. É
2° Type pseudo-membraneux, diphtéroïde ou muqueux.
C’est la manifestation la plus féquente de la variole de la poule. Elle s'exprime par des signes généraux : tristesse, inappétence, essoufflement, diarrhée à la phase terminale,-et par des signes locaux : exanthème des muqueuses buccale, pharyngée et laryngée aboutissant au développement d’exsudats plus où moins abondants. Quelle que soit la localisation de l’inflammation, elle débute par une congestion avec tuméfaction en relief de la muqueuse et la formation de plaques de couleur rouge foncé; ces îlots inflammatoires deviennent le plus souvent confluents pour former de vastes placards qui tapissent la cavité bucco-pharyngienne. Les localisations habituelles sont la pointe, la base et le frein de la langue, la commissure du bec, la face interne des joues. Maïs le processus peut s'étendre au larynx et à la tra-
jours. Les papules sont isolées ou ‘confluentes et provo-. :
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chée, à l’œsophage, gagner la voûte palatine et atteindre la pituitaire. En profondeur, Paction nécrosante peut déterminer des perforations de l’œsophage, du jabot, des ulcérations des os des mandibules.
On peut observer soit la résolution des symptômes et la guérison du sujet, soit le passage à l’état chronique, soit la mort par asphyxie ou par inanition. La durée
varie fle 5 à 10 jours dans les cas d’une issue fatale, de
2 à 4 semaines dns les cas favorables.
3° Type sculo-nasal ou coryza variolique.
On note un « œil pleureur », du liquide clair à l’angle interne; de petits boutons roses -ou gris rosés sur la conjonctive et le bord libre des paupières qui sont roses, œdématiées et souvent réunies. Vers l’angle interne, on constate, à l’ouverture de l’œil resté clos un moment, un petit bloc jaune d’exsudat purulent. Après guérison, il reste souvent un épaississement des paupières, séquelle d'affection variolique.
Dans le sinus, les lésions spécifiques s’accompagnent d'une inflammation aiguë exsudative. Quelques centimètres cubes de pus peuvent s’y accumuler, gonflant la joue et repoussant la voûte palatine. L’exsudat sourd par les narines sous forme de jetage séro-muqueux, mêlé de grumeaux grisàtres qui donnent un aspect purulent. La respiration ronflante est gênée, obligeant les malades à respirer par le bec. On note aussi de fréquents éternuements accompagnés de secousses latérales de’ la tête.
4 Type mixte.
Les modalités étudiées s’associent le plus souvent, et il est fréquent de les voir coexister chez un même sujet. Aïnsi, le type oculo-nasal se complique presque toujours de la forme diphtérique.
Complications
Elles sont fréquentes au niveau des muqueuses. Il s’agit d’inflammation purulente, et comme chez l'oiseau le pus est consistant, des blocs volumineux jaunâtres
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souvent fétides s'installent et persistent. Panophtalmie, iritis, Cataracte traduisent l’atteinte oculaire, tandis que la localisation sur les canaux semi-cireulaires s’exprime par un torticolis spécial avec démarche chancelante, ataxique, impossibilité du vol.
Forme chronique
Très rare, elle est caractérisée par la persistance soit du coryza, soit de quelques fausses membranes buccales ou pharyngées et surtout par un amaigrissement aboutissant à la cachexie et à la mort.
La Variole des Colombins
Elle est à peu près la même que celle des gallinacés. Cependant, on note chez le pigeon la fréquence d’abcès péricloacaux ayant une dimension allant de celle d’un pois à celle d’un œuf et entraînant une difficulté de défécation. En 1927, Lahaye rapporte des cas de torticolis dûs à la localisation du virus variolique au niveau des canaux semi-circulaires. En 1933, le même auteur signale une petite épidémie d’iritis compliquée de cataracte. Il signale enfin la présence sur les pattes de verrucosités dont la substance injectée à d’autres pigeons détermine la formation de boutons varioliques.
La Variole des Passereaux
Les symptômes sont les mêmes. Il faut cependant noter que les localisations épithéliomateuses, beaucoup plus fréquentes que celles des muqueuses, se constatent surtout au niveau des pattes et des doigts.
Anatomie pathologique
Type épithéliomateux : les lésions essentielles sont constituées par les nodules dont lévolution se poursuit en deux étapes, la papule et la vésicule, le stade pustule étant enregistré exceptionnellement.
Type diphtéroïde : les lésions principales portent sur la muqueuse de la bouche et du pharynx, la pituitaire,
HN Es le larynx, la conjonctive et parfois sur les muqueuses de l'intestin, des bronches et des saés aériens. Les fausses membranes envahissent de préférence les muqueuses des premières voies digestives et respiratoires. Les muqueuses, débarrassées des exsudats, montrent une surface érodée, granuleuse. Les lésions accessoires s’observent au niveau des parenchymes. Elles diffèrent, suivant que la mort succède à une forme septicémique ou résulte d’une obstruction.
Histologie pathologique 4
Dans la peau et dans les muqueuses, les caractères histologiques des lésions sont très comparables: Il s’agit essentiellement d’une réaction double : et du tissu conjonctivo-vasculaire et de l’épithélium correspondant.
Lésion cutanée : e’est tout d’abord une papule. Les papilles sont hypertrophiées, très congestionnées, leurs vaisseaux gorgés de sang. L’épithélium est hyperplasié; les cellules génératrices se multiplient activement. Puis se forme une papulo-vésicule par suite de l’exsudation humorale et de la vacuolisation des cellules épithéliales qui, sous l'influence du virus qu’elles recèlent, deviennent hydropiques, se nécrosent et fusionnent. Audessus d’elle, la kératinisation est intense. La pustule terminale est moins nette chez les mammifères. D’autre part, les cellules épithéliales hypertrophiées renferment en grand nombre, dès la phase initiale de la maladie, des inclusions intraprotoplasmiques : les corpuscules de Bollinger comparables aux corps de Guarnieri da la vaccine, corps de Bosc dans la clavelée, corps de Négri dans la rage, etc...
Etio-pathogénie
Matières virulentes : les nodules cutanés, les parois et le liquide vésiculaire, les croûtes consécutives constüituent un matériel très riche en virus. La virulence s'étend aussi aux différents produits de ‘sécrétion et d’excrétion souillés comme la salive, le jetage, les larmes, l’exsudat oculaire, le pus du sinus infraorbitaire.
RE: nee # À Le contenu intestinal et les excréments sont dangereux en raison de la déglutition de certaines parcelles membraneuses ou de la culture du germe sur les parois de l'intestin. ,
Le sang est virulent, mais seulement à certains moments de la maladie, notamment lors d’une poussée fébrile ou lorsque se manifestent les lésions spécifiques, et encore ne contient-il quelquefois que quelques traces de virus, ns
Le cerveau représente une source abondante de virus pur. La rate, le foie, les reins, les testicules, les ovaires, la moelle osseuse renferment une quantité considérable de virus.
Réceptivité {
De nombreux auteurs se sont appliqués à démontrer des différences dans la réceptivité suivant les races; d’autres, d’après le mode, d’après lendroit de linoculation. D’autre part, les recherches concernant la réceptivité des oiseaux vis-à-vis du virus aviaire d’espèces différentes ont montré qu’en principe :
a) Le virus des gallinacés n’est virulent que pour cet ordre d'oiseaux;
b) Le virus des colombins est virulent pour ces oiseaux et les gallinacés;
c) Le virus dés passereaux n’est virulent que pour les passereaux.
Mais en réalité, il existe des exemples nombreux qui font céder ces barrières de pathogénéité et d’immunité.
On admet généralement que les oiseaux de tous âges sont susceptibles de contracter la variole. Cependant, la maladie est observée le plus souvent chez les animaux de 6 à 12 mois.
Divers états pathologiques tels que la faiblesse générale, le rachitisme, le parasitisme, rendant les muqueuses plus pénétrables, permettraient la pénétration du virus.
Quant aux causes occasionnelles, la température seule