‹ Contribution à l'étude de la prostatectomie transvésicaleChapitre 15 sur 44 · COMPLICATIONS TARDIVES · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS TARDIVES

a) Incontinence. — L’incontinence définitive est extrêmement rare. Elle peut exister aux premiers temps de la guérison, la vessie n'ayant pas encore, surtout chez les distendus, retrouvé toute sa contractilité et les sphincters réappris leurs fonctions oubliées. Mais, peu à peu, rapidement même, l’opéré retrouve le contrôle de ses mictions. Les cas où l’incontinence est définilive ne résultent à peu près certainement que d’une faute opératoire, elle est probablement due à l'extirpation de l’urètre membraneux.

b) Fistules. — La plaie abdominale peut ne pas se cicatriser complètement et laisser persister une fistule par laquelle s'écoule une partie de l'urine. Cette fistule tient à un mauvais procédé de fixation de la vessie. Si on cherche à suturer la vessie, les points cèdent la plupart du temps, car la vessie est mal tolérante. Si, au contraire, on a employé la

Se suspension provisoire par deux fils noués sur un tampon extérieur, la vessie est plus indépendante et plus apte à se fermer ; ce procédé a cependant le défaut d’éverser un peu la vessie et d’écarter l’un de l’autre les deux bords cruentés.

On évitera encore la fistule en supprimant de bonne heure le tube de Freyer, et en le remplaçant au fur et à mesure que la plaie se cicatrise par des sondes de Nélaton de calibre toujours diminuant.

Si malgré tout la fistule survenait, et le fait est rare, il serait aisé de la fermer : dissection du trajet fistuleux et libération; petit décollement de la paroi antérieure de la vessie, suture non perforante de la vessie au catgut, suture des droits et de la peau au crin de Florence.

c) Rétrécissements. — Les rétrécissements à la suite de la prostatectomie transvésicale sont très rares: Cependant, on a observé un cas où le cathétère ne parvenait que difficilement dans la vessie et venait buter contre un obstacle siégeant vers la région du col. Il existe en effet un éperon assez accentué entre la vessie et la loge prostatique, mais qui dans la plupart des cas, ne s’oppose pas à l'écoulement de l'urine. Quelquefois cependant, cet éperon vient former un véritable diaphragme au-devant du col, diaphragme contre lequel viennent buter les sondes.Ces cas, fort rares, sont justiciables d’une taille secondaire ou de l’urétrotomie interne.

d) Calculs. — Les prostatiques sont presque toujours des calculeux ; au cours même de l’opération,

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on doit chercher à enlever tous les calculs que l’on trouve dans la vessie. Après l’opération, si la cause locale de production des calculs, c’est-à-dire la stagnation de l’urine dans le bas-fond vésical, est supprimée,la cause générale peut subsister et les calculs peuvent venir s’accumuler dans le pointle plus déclive qui est la loge prostatique. On a en effet renconiré, un certain nombre de fois, des loges prostatiques littéralement bourrées de concrétions calculeuses. Si les phénomènes d’obstruction, ou si la douleur devenaient trop intenses, on {serait alors autorisé à recourir à la taille ou à la lithothritie.

e) Evolution de la néphrite. — Une néphrite constituée déjà au moment de l'opération pourra continuer ensuite à évoluer. Alors qu’elle était encore peu prononcée, l'opération en assurant le libre écoulement de l'urine aurait pu permettre aux lésions rénales de rétrocéder ou tout au moins de rester stationnaires. Plus l'opération aura été tardive, plus on aura laissé au rein le temps de s’altérer irrémédiablement, et ces malades qui étaient revenus à uriner facilement, meurent au bout d'un temps plus ou moins long d’hémorragie cérébrale, d'urémie, d'asystolie ou d æœdème pulmonaire.

RÉSULTATS DE LA PROSTATECTOMIE TRANSVÉSICALE

Etat local.—%Ta fonction urinaire normale se rétablit, Dés le quinzième jour, même plus tôt, le malade éprouve le besoin d'uriner : presque toujours l’évacuation est complète. Quelquefois, chez les rétentionnistes absolus chroniques, il persiste un résidu,mais souvent, la vessie atone depuis longtemps, retrouve peu à peu, rapidement même, sa contractilité ancienne, La miction est facile et sous le contrôle de la volonté. S'évacuant facilement, la vessie redevient aseptique ainsi que les voies urinaires supérieures. Chez les malades infectés depuis longtemps, il sera bon toutefois de continuer pendant quelque temps les lavages en y associant les antiseptiques urinaires.

L'incontinence est une rareté, et comme nous l’avons déjà dit, imputable à une faute opératoire, l’arrachement de l’urètre membraneux.

La prostatectomie transvésicale, permettant une exploration complète de la vessie, permet aussi d'en extraire les calculs, chose que l’on peut faire par la voie périnéale, mais peut-être avec moins de facilité. On cite des cas où des calculs ont été laissés dans la vessie, et on l’explique par la position inversée qui

refoule les pierres vers le sommet de la vessie. | Aug'er 4.

La récidive est-elle possible ? C’est une rareté, mais elle n’est pas impossible. Une partie du tissu prostatique refoulée contre la loge et y adhérant peut n'avoir pas été enlevée lors de la décortication de ia prostate et pourra évoluer de nouveau vers l’'hypertrophie. Mais, c’est Ià une rareté à laquelle on sera exposé tout auiant sinon davantage en employant la voie périnéale.

Etat général. — Non seulement on parvient à rendre au malade une vessie de jeune homme, mais encore son état général, du fait de l'opération, s'améliore d’une façon surprenante. Des malades cachectisés, amaigris, ayant perdu complètement l'appétit, dégoûtés de tout, deviennent des hommes nouveaux une fois délivrés de leur prostate. Ils reprennent rapidement du poids, leurs fonctions digestives se régularisent et leur appétit revient; ils peuvent sans fatigue fournir un effort dont ils auraient été complètement incapables avant l'opération ; leurs facultés intellectuelles recouvrent toute leur intégrité antérieure ; et eux qui élaient voués à une mort à bref délai après une fin d'existence des moins enviables ont le droit d'espérer vivre encore de nombreuses années en jouissant d’une santé florissante.

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