OBSERVATION XXII
Prostatique distendu, incontinent, infecté. — Prostatectomie
suspubienne. — Guérison opératoire
M. B..., cinquante-sept ans, cultivateur. La Tourlandry (M. et L.)
M.B.. n'a jamais été malade. Pas d’antécédents vénériens. Pas d’alcoolisme.
Depuis très longtemps, le bas-ventre était douloureux, d’une façon constante, peut-être depuis une dizaine d’années. Il ÿy a cinq ou six ans, les mictions nocturnes se produisent deux ou trois fois. Souvent le malade a de la difliculté pour uriner la nuit.
Depuis deux ans, mictions de plus en plus fréquentes, disparition de l'appétit et des forces.
En juillet 1908, mictions très difficiles ; le malade est. obligé de se présenter à la selle pour uriner.
Depuis avril 1909, incontinence nocturne et diurne. Po-
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at Re lyurie de 5 à 6 litres par jour. Le malade assoiffé constamé ment boit des doses considérables de liquide.
Il est sondé par un chirurgien d'Angers, fin août et renvoyé chez lui. Un mois sans sondage.
Le malade se sonde alors lui-même cinq ou six fois, se fait saigner un peu et la fièvre apparaît avec des frissons très intenses mais assez courts.
Pendant dix jours, le Dr Brochard, de Chemillé, fait une fois par jour des lavages antiseptiques et finit par laisser la sonde à demeure.
La température dépassait souvent 39 degrés.
4 novembre. — Le D’ Brin voit M. B... dans un état extrêmement grave. Il a des frissons fréquents, la langue est sèche et collée, les pommettes sont rouges, le pouls rapide. La vessie bien lavée et vidée, on pratique le toucher rectal et on constate une prostate saillante, bien limitée.
Le malade entre aussitôt à la clinique. Un essai de sonde à demeure est mal toléré et on se contente de sonder le malade quatre fois par jour. Si la sonde n'est pas laissée à demeure la nuit, il y a 1.200 à 1.500 grammes d'urine dans la vessie le lendemain matin.
Malade maigre de tempérament, amaigri encore depuis quelques mois.
Au bout de cinq jours de régime lacté, de lavements quotidiens et de lavages vésicaux, l’état général reste précaire, bien que la fièvre ne dépasse plus 37°%5 et qu'il n'y ait plus de frisson. Mais la langue est toujours très sèche et le malade a eu deux vomissements. :
On parle au malade d’une cystostomie préalable, Devant
son horreur de ce procédé, on continue la même préparation et on voit enfin la langue s’humidifier.
11 novembre. — Trois litres d'urine avec 15 grammes d'urée et 3 gr. 4o de chlorures par litre. Ni albumine ni sucre.
16 novembre. — Opération.
Ablation rapide d’une prostate de 45 grammes. Drain de Marion avec deux fils suspenseurs de la vessie. Aucune suture vésicale.
Pas d’hémorragie. :
Ablation du drain le quatrième jour. Les lavages se sont faits par le petit tube sans souiller le malade.
Le cinquième jour, mise en place de l'appareil d'Irving qui n'est pas tout à fait étanche à cause de la maigreur du malade.
Le douzième jour (28 novembre). — Sonde à demeure qui fonctionne bien.
Le seizième jour (2 décembre). — La vessie est fermée et le malade urine seul. |
L'état général est très bon ; le malade est très gai, n’a plus la bouche sèche, mais, commeil y a un peu d’albumine et quelques douleurs des globes oculaires avec un peu de tension oculaire, on maintient le régime lacté avec pain déchloruré.
La plaie abdominale est toute petite, mais encore creuse.
La température a atteint 37°8 une fois, le deuxième jour, et n'a jamais dépassé 37°3.
11 n’y a eu aucune inflammation des testicules.
Le malade rentre chez lui le 10 décembre en excellent état, sans albumine, ayant le régime commun et pissant toutes
TD ju les 4 heures, sans résidu,