‹ Contribution à l'étude de la prostatectomie transvésicaleChapitre 6 sur 44 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Le nombre même des procédés employés pour lutter contre l’hypertrophie prostatique, montre assez leur peu d'efficacité. Nous allons essayer de faire voir les différentes tentatives qui précédèrent l'apparition des deux méthodes d’extirpation totale, aujourd’hui définitives, la périnéale et la suspubienne. L’aperçu historique que nous allons entreprendre n’est pas conçu suivant un ordre chronologique ; sans tenir compte des dates, nous avons classifié les différents procédés employés en les divisant comme suit : |

19 Opérations atrophiantes ; 2° procédé de Bottini: 3 prostatectomie périnéale : a) partielle ; b) mixte ; c) totale ; 4° prostatectomie suspubienne a) partielle; b) mixte; c) totale.

1 Opérations atrophiantes. — Persuadés que toute opération partielle ne pouvait donner que des résultats illusoires, et ne croyant pas encore à la possibilité d'une extirpation totale de la prostate, les chirurgiens, au lieu de s'attaquer directement à elle, s’inspirèrent de la physiologie et cherchèrent l’atrophie de la glande rebelle par la castration d’abord, puis par l’angi6-neurectomie, Les résultats apparu-

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rent assez bons, mais la statistique ne portait que sur un très petit nombre de malades. D'ailleurs à ce moment apparaissait la prostatectomie périnéale et la nouvelle arrivée ralliait tous les suffrages.

2° Procédé de Bottini. — Bottini, en 1856, avait imaginé un procédé de section galvano-caustique de la prostate. D’abord longtemps et vivement combattue, cette opération, grâce à Freudenberg (1897) qui par la publication de ses importants résultats et la modification instrumentale qu’il a imaginée, lui donna une grande extension, cette opération avait recueilli le plus de suffrages, avant l'apparition des deux méthodes de prostatectomie totale.

On détermine,par le toucher rectal et l'exploration de l'urètre et de la vessie, la forme de la prostate pour pouvoir décider du nombre,de l'orientation, de la longueur et de la profondeur des incisions que l’on projette. Puis la vessie distendue par l’air stérilisé, pour ne pas être accrochée et sectionnée par l’inciseur, on introduit à la façon d’un cathéter ordinaire l’inciseur:de Bottini modifié par Freudenberg. L’inciseur arrivé dans la vessie, on le ramène au niveau de l’obstacle prostatique et on lance le courant. On ouvre,selon le cas, avec l’inciseur, une ou plusieurs gouttières dans la prostate, gouttières partant du col vésical et arrivant jusqu'à l'orifice externe du canal, prostatique, d’où dérivation d'urine, bouche permanente entre la vessie et l’urètre membraneux.

Malgré les très beaux résullats obtenus par cette méthode, elle ne pouvait être une méthode définitive

à cause des nombreuses et dangereuses complications qu’elle pouvait entrainer. La mortalité en effet est de 10 0/0, les échecs thérapeutiques de 8 0/0 (mort par hémorragie opératoire, ou secondaire à la chute de l'escarre, par infection, abcès prévésical, phlébite péri-prostatique, septicémie générale, phlegmon uripeux par lésion du canal membraneux).

30 Prostatectomie périneale. — a) Partielle. — Convaincu que la principale cause de la rétention était l’hypertrophie des lobes latéraux, Dittel,en 1890, chercha à en pratiquer la résection. Pour cela il se servait d’une ipcision commençant au niveau du sommet du coccyx, contournant en arc de cercle, du côté droit, l’anus et le sphincter externe, et aboutissant finalement au raphé périnéal.On pénètre par cette incision dans le creux ischio-rectal, on déplace latéralement le rectum après l'avoir séparé de la prostate dont les deux lobes latéraux apparaissent, puis on pratique une résection cunéiforme de ces lobes. |

Là encore les résultats ne furent pas fameux ; sur 11 cas en effet, on trouve 3 fistules urétro-rectales et 1 urétro-périnéale.

D’autres auteurs : Küster,Schede,Socin, Pyle,cherchèrent à améliorer la méthode, mais sans grand succès,

b) Mixte, — En 1896, Alexander énucléait totalement la prostate, par une incision périnéale et indiquait aux chirurgiens une nouvelle voie d'accès. Mais cette nouvelle méthode était susceptible d’amé-

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