‹ Contribution à l'Étude de la Protection des Enfants en bas âgeChapitre 13 sur 28 · SAVE EU · texte numérisé non relu

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quelques cantons de l'arrondissement de Paimpol (villages de pêcheurs assez pauvres), Sur 264 naissances, il y a 22 morts de 0 à 1 an à Plouezec, la mortalité totale est done de 8,33 °,

Sur ces 264 nouveaux-nés, il y a :

PA CTI D'AMENER ME OT NTSTOE UE 164 ME DEDETONR EL Melanie 67 Mixbersscut NOTA SA re 20 MÉDCOTAUE Ne an rende 13

Sur les 22 morts de 0 à 1 an, il y en avait :

Au sein, 6, soit une mortalité de 3,65 %.

Au biberon, 11, soit une mortalité de 16,4 %. Mixte, 5, soit une mortalité de 25 %.

Le Dr Florentin (1) a constaté que les enfants nourris au sein dans l’Arrondissement de Langres présentent une mortalité de 94 %,, ceux nourris au biberon 166 %6» soit 1,7 fois plus.

Le D" Liautey (2) établit une statistique prise à la Maternité de Nancy (1900-1904) : le maximum de la mortalité pour les enfants au sein est de 22,38 %, alors que lé minimum pour les enfants au biberon est de 48 %,.

Et encore, doit-on tenir compte de apostitohté d'établir des statistiques de ce genre qui soient rigoureusement exactes, nombre d'enfants nourris d’abord au biberon, sont remis au sein, comme dernier moyen de sauvetage, et ils grèvent ainsi la proportion de mor-

talité des nourrissons au sein.

En Norvège (3) dans les années 1876-1897, la mortalité a atteint le taux de 9,7 % par suite de l'habitude des mères de nourrir leur enfant au sein. En Allemagne,

(1) Florentin : Loc. cit.

(2) Liautey : Contribution à l’étude de la mortalité infantile par l'allaitement artificiel. (Thèse, Nancy, 1904).

(3) Johanessen : XIIIe Congrès international de Médecine, Paris, 1900.

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où l’allaitement maternel est le moins en honneur, la mortalité est de 25 %,.

- L'élevage au biberon est done le es qui influera pendant toute son enfance, pendant toute sa vie peut être, sur la santé de l’enfant, ainsi délaissé par sa mère.

Des œuvres d’Assistance privée se sont fondées pour essayer de porter remède à cette situation et encourager l'allaitement maternel.

La Société protectrice de l'Enfance, fondée par Marjolin en 1865, donne aux mères nécessiteuses des layettes, des berceaux, et distribue des Secours en argent et en nature.

L'Œuvre de l’Allaitement Matérmel. a secouru un grand nombre d'enfants depuis sa fondation en 1876 ; elle vient en aide à toutes les femmes qui nourrissent leur enfant, lui accordent une aide morale et matérielle. Les visiteuses adoptent pour ainsi dire la mère et l'enfant, paient le loyer de la femme qui allaité et lui viennent en aide par des dons de linge et d'aliments. L’'Œuvre de l’Allaitement Maternel est un rouage très efficace dans la lutte contre la mortalité infantile.

Le Patronage des enfants en bas-âge s'occupe seulement des familles nombreuses, mais les veuves, les abandonnées, les filles-mères sont secourues par lui dans tous les cas.

Le grand défaut de ces œuvres est le manque de surveillance médicale.

‘Le Dr Hergott de Nancy a fondé,.en 1890, une œuvre (La Maternité» (1) dans le but d’encourager l’allaitement maternel par un système de primes aux mères nourrices, ingénieusement associé à la surveillance médicale. Le poids de-l’enfant sert d'indication pour l'allocation des primes. Cette œuvre a eu une grande : influence sur l'allaitement au sein à Nancy, car le professeur Herrgott estimait à 2.052 le nombre de femmes secourues de cette façon en 10 années (1890-1900).

(1) D: Variot ; Loc, cit

Fr

Plus récemment, se sont fondées les Cantines Maternelles dont nous avons parlé précédemment. Elles assurent la nourriture à toute femme qui allaite, en même temps que des soins médicaux à la mère et à l’enfant, en les soumettant à la surveillance médicale.

On ne peut compter les enfants qui ont été sauvés . par cette institution, véritablement et rationnellement - philanthropique.

D'autres œuvres, les œuvres des Layettes qui existent dans presque toutes les villes, les Sociétés qui ont suivi particulièrement la femme enceinte et l'ont aidée à son accouchement, continuent encore leur aide pendant quelque temps, aux mères qui veulent allaiter leur enfant. ; e

Mais toutes ces œuvres ne peuvent secourir toutes les mères nécessiteuses, et, souvent, il faut que l’amour maternel soit bien fort chez elles et leur courage surhumain, pour qu’elles gardent auprès d’elles leur enfant. Peu y réussissent, et le pauvre petit être qui aurait tant eu besoin du lait maternel, va retrouver chez la nourrice et lier son sort aux autres petits déshérités de, la vie : les enfants trouvés, et ceux que la mère n’a pas eu le courage ou la volonté de conserver : les abandonnés, que par la loi du 27 juin 1904 1 “Assistance Publique a pris à sa charge.

Plus que les enfants nourris au sein maternel, ils auront besoin de protection. Ici, il faudra lutter contre la nourrice elle-même, dont l'ignorance et l'esprit de lucre sont traditionnels : il faudra surveiller l'hygiène et la nourriture de ces petits êtres et éviter la mortalité terrible qui les frappe. Plus de 50 %, payent leur tribut à la mort. D’après M. Henri-Moniez (1) la mortalité des enfants assistés s'élève à 80 % dans la Marne, 68,88 %, dans le Morbihan, 66,66 % dans la Garonne et la Haute-Loire pour les pupilles âgés de moins d’un an.

Le seul instrument de protection que nous possé-

(1) Revue Philanthropique, tome XIT.

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dons pour mener à bien cette lutte est la loi Roussel. Votée le 24 décembre 1874 et réglementée en 1877, elle pose en prineipe que tout enfant âgé de moins de 2 ans, placé en nourrice « moyennant salaire» tombe sous la surveillance de l’autorité publique, à 1e de de protéger sa vie et sa santé.

Elle crée un comité de surveillance sous la présidence du Préfet et composé de neuf membres dont un médecin, ainsi que des Commissions locales. Des médecins sont chargés de l'inspection des enfants en nourrice, et de la surveillance des nourrices elles-mêmes. Des statistiques annuelles doivent être dressées.

L'article 8 de cette loi, en vue de protéger entente de la noutrice, ne permet à la mère d'accepter un nourrisson au sein, que si son propre enfant est âgé de 7 mois révolus.

Comme nous le voyons, la loi de Th. Roussel part d'un principe excellent. Assurer la protection de l’enfant chez la nourrice est nécessaire, si l’on veut éviter la mortalité infantile, mais dans l’application de cette loi, on a rencontré de multiples obstacles qui en ont contrarié l'effet. Si bien, que l’on a constaté chez les enfants en nourrice assistés ou protégés, que la mortalité en 1897 était de 203 décès par 1000 (enfants de 10 jours à un an), tandis que la mortalité générale des enfants en France était de 128,64 %,, (Bertillon). Nous ne discuterons pas ici les statistiques qui ont été citées dans maintes thèses, et su sont d’ailleurs très difficiles à établir. :

La loi Roussel a eu bien des détracteurs. On lui reprochait en premier lieu de ne pas s'appliquer à tous les enfants mis en nourrice, même chez des parents, et on demandait la suppression du terme «moyennant salaire», qui ne concernait que les nourrices mercenaires.

En outre, la surveillance HÉdcele est insuffisante par suite de la rareté des visites (une visite mensuelle). On ne peut conduire l'élevage d’un nourrisson, en le

voyant une seule fois par mois. D'autant plus que, si le médecin vient le 127 jour d’un mois et revient le 30 du mois suivant, il peut s’écouler 60 jours entre chaque visite. ee

Le médecin devrait pouvoir venir soigner l'enfant, surtout s’il est malade et être rémunéré en conséquence, car les visites supplémentaires du médecin ne sont pas payées.

M. Bézy, au XIIIe Congrès Hternatiqral de Médécine à Paris, en 1900, a proposé de faire payer les soins par la nourrice qui prendra des garanties chez les parents de l’enfant. «Car, s’il en était autrement, le médecin ne serait Jamais appelé, et l'enfant pourrait mourir sans être soigné. »

Les enfants assistés et protégés sont sous la surveillance du même d’octeur, et profitent d’un plus grand nombre de visites dans les premiers mois (tous les 10 . jours), mais sont ensuite sous Je même régime que le reste des nourrissons.

Cette surveillance est difficile. Les grandes Ataices à parcourir dans les campagnes et aussi la mauvaise volonté dés nourrices qui souvent sont absentes quand l'inspecteur vient, la rendent précaire.

D'un autre côté, les médecins sont nommés par les Préfets, qui n’ont, la plupart du temps, aucune compétence pour juger de celle des candidats qui se présentent. Il se trouve que peu de médecins parmi les inspecteurs sont vraiment capables de remphr leurs fonctions par manque d’une instruction spéciale. Ici se pose la question de l’enseignement des étudiants dans les Universités qui sous ce rapport est négligé. Jusqu'à ce jour, le stage dans une clinique infantile n’est pas obligatoire pour un étudiant en médecine. Nous aurons, d’ailleurs, à revenir sur cette question.

L'autorité, dans le Comité départemental pour le choix du médecin inspecteur devrait appartenir à un médecin, et, dans l’occurence, à l'inspecteur départemental.

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On incriminait l'emploi des biberons à tube, (ils ont été interdits depuis), l’insalubrité des logis et le manque d’ hygiène des nourrices, les longs voyages que doivent faire les enfants débiles pour arriver à leur lieu de placement, l’inobservance de la loi par les maires et les secrétaires des mairies, qui délivrent des certificats de complaisance aux nourrices et se dispensent souvent d’avertir les médecins dans les délais voulus de l’arrivée d’un nourrisson.

L'article 8 de la loi Roussel est le plus décuté Il ne permet à la nourrice de prendre un nourrisson, que si son propre enfant est âgé de sept mois révolus.

La question se pose de savoir si à 7 mois une nourrice a assez de lait pour élever un nouvel enfant d’une façon non préjudiciable à sa santé ; et si la rédaction de cet article ne favorise pas la fraude par l’allaitement . artificiel ; si, enfin, cette restriction tout. en étant salutaire à l'enfant même de la nourrice, n’a pas été la cause des difficultés que rencontre l’Assistance Publi- . que pour assurer l'allaitement au sein de ses pupilles.

Les avis des pédiâtres sont très partagés à ce sujet. Les uns prétendent qu’à 7 mois la plupart des nourrices n’ont plus suffisamment de lait pour nourrir convenablement un autre enfant et le Dr un C5 estime que sur 132 femmes :

63 % ont suffi à l'allaitement de leur enfant es 7 mois.

55,3 % ont suffi à l’allaitement de leur enfant pets dant 8 mois.

37,8 % ont suffi à l'allaitement de leur enfant pendant 9 mois.

22,7 % ont suffi à l'allaitement de leur enfant pendant 10 mois.

13,6 % ont suffi à er de leur enfant pendant 11 mois. |

(1) Planchon : Durée de Lens au sein. (Obstétrique, 1902).

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Là

6 % ont suffi à l'allaitement de leur enfant pendant 12 mois.

1,5 % ont suffi à Pallitement de leur enfant pendant 14 mois. : :

I y aurait donc un très petit nombre de femmes qui pourraient assurer, même pendant 7 mois, l'allaitement d’un nouveau nourrisson. para

Par conséquence, les nourrices fraudent avec la complicité des maires et secrétaires de mairie, donnent leur enfant à une voisine complice, qui le nourrira au biberon pendant l’absence de la mère. A son retour, la nourrice reprendra son enfant à son propre sein, laissant le nouveau venu exposé au danger de l'allaitement’ artificiel. | !

Si par contre la loi est rigoureusement appliquée et la nourrice trop surveillée, elle abandonnera son métier, et, n'ayant plus besoin de lait, elle n’aura plus d’en-. fants. D'où, mortalité pour les enfants qui ne trouveront plus de nourrice, et diminution de la natalité.

D’autres, parmi lesquels le professeur Pinard, prétendent qu’une femme saine et bien constituée (conditions que doit remplir une nourrice) peut allaiter deux enfants à la fois.

MM. Porak et Hutinel sont d'avis que l’âge de 7 mois pour l’enfant de la nourrice, lorsqu'elle a le droit de prendre un autre nourrisson, soit abaissé à 4 mois. A cet âge l’enfant n’est plus aussi fragile, dans nombre de campagnes on le sèvre déjà à cette époque (!), et le lait de la nourrice pourra ainsi sauver un enfant débile et contribuer à la conservation de notre capital de vies humaines.

MM. Pinard, Richet et Fernet sont d’un avis opposé ; il ne faut pas sacrifier l’enfant de la nourrice, il faut au contraire encourager par des secours et des conseils toutes les mères à nourrir leur enfant. C’est encourager l'abandon de l'enfant par la mère que de donner une plus grande extension à l’industrie nourricière.

En 1885, l'Académie de Médecine nommait une Com- :

mission pour la revision de la loi Roussel. Les travaux commencés en 1907 furent terminés en 1914. L’ Académie vota les modifications qu'il conv eue d’ BPROTE ter à la loi.

En voici les principales :

Le 1% paragraphe est élargi, il s bb querà désormais à tous les enfants pauvres en nourrice.

La composition du Comité départemental est modifiée.

Les médecins y auront une plus grande place. Le Vice-Président sera l'inspecteur départemental et les médecins seront: mieux choisis. ;

Des sanctions sont prévues contre l’inobservance de la loi.

Après une longue discussion l’article 8 est Moditié : la nourrice pourra prendre un nourrisson lorsque son propre enfant aura 4 mois révolus. Les voyages de plus de 200 kilomètres sont interdits au nourrisson pendant Pété:

Ces réformes sont justifiées, mais les principaux. obstacles à leur application demeurent. L’inertie des nourrices, l’incompétence de certains médecins et

sages-femmes, l'allaitement artificiel, les mauvaises conditions d'hygiène, seront toujours des facteurs de mortalité chez les nourrissons. Les inspecteurs trop peu nombreux et mal rémunérés n’auront pas plus d’action qu'auparavant.

Malgré cela, dans les dernières années on a constaté une diminution dans la mortalité infantile des enfants protégés par la loi Roussel. Nous devons, sans aucun doute, ces heureux résultats aux conséquences de l’apparition d’un nouveau moyen de lutte, qui, depuis une quinzaine d'années, est venu en aide aux puériculteurs. Moyen d'éducation et de préservation : la Consultation de Nourrissons.

Avant de traiter la question des Consultations de Nourrissons, il nous faut revenir aux petits babys que leur mère ne > peut, ni ne veut envoyer en nourrice, mais

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