‹ Contribution à l'Étude de la Protection des Enfants en bas âgeChapitre 26 sur 28 · NOIRE · texte numérisé non relu

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hécatombes de mères par infection puerpérale et d'enfants par manque d'hygiène, on aurait intérêt À instituer des mesures plus sévères pour combattre la mortalité. infantile en s’inspirant des mesures prises dans nos autres colonies.

D'autre part, si jusqu’à ce jour, l'industrie était fort peu développée, nous avons assisté depuis le début de la guerre à un grand développement industriel dans les villes, et le travail féminin y est recherché. La catégorie si intéressante des femmes employées est nombreuse, il faut s’en préoccuper.

Si, dans les villes, l’indigène s’adapte plus ou moins aux mesures d'hygiène et de prophylaxie, dans l’intérieur de l'Algérie, où il y est complètement réfractaire, les efforts de l’Assistance privée he suffiraient pas pour arriver à sortir les misérables indigènes de leur ignorance. Ce serait au Gouvernement d’instituer une série de mesures obligatoires pour combattre la mortalité ma-

ternelle et infantile. Nous connaissons les efforts qu'il accomplit dans ce sens en multipliant les cliniques indigènes, pourquoi ne pas y adjoindre des Maternités et

des Consultations de Nourrissons ? Pourquoi ne pas adjoindre une clinique avec une sage-femme indigène à chaque centre de colonisation ? Pourquoi non plus ne pas établir une échelle de sanctions pour les infractions : trop graves à l'hygiène dans les douars ? | DEA

Dans l'intérieur de l’Algérie, où européens et indigènes vivent. côte à côte, comme employeurs et employés, il est nécessaire de ne pas laisser subsister des foyers de contamination préjudiciables à l'avenir des deux races. C’est évidemment une œuvre de longue haleine, maïs néanmoins nécessaire. Après la guerre victorieuse, il faudra reconstituer notre matériel économique, nous devrons puiser dans nos colonies la main-d'œuvre qui nous fera défaut pendant de longues années. I] s’agit de favoriser le développement de cette source de travail et éviter qu’elle constitue un danger pour la santé publique dans la métropole où elle sera appelée,

De même que le général Galliéni disait : « Donneznous des médecins, nous vous enverrons des bataillons », nous pouvons proclamer : «Protégez efficacement la mère et l’enfant, vous aurez des travailleurs».

Si nous passons en revue les éléments que possède l'Algérie pour entreprendre le bon combat en vue de la protection et de l’assistance de l'enfant, nous acquérons

Ja certitude qu’on peut en les coordonnant, entrepren-

dre avec succès une véritable «campagne puéricole».

. La Ville d'Alger et les principales villes de l’Algérie possèdent des œuvres d’Assistance publique et d’Assistance privée qui pourraient, en se solidarisant, Jonner une force bien plus grande à leurs efforts.

Il ne nous semble pas chimérique de considérer qu'une puériculture rationnelle pourrait ainsi s'exercer en Algérie, et rendre une vie-nouvelle aux petits enfants anémiés par les chaleurs, mal nourris par leurs mères, et leur assurer la résistance et la vigueur indispensables à l’avenir de notre race.

On protégera la mère :

L'institution des refuges et refuges-ouvroirs, l’assistance aux mères, en un mot, est possible, puisqu' une œuvre de ce genre-existe à Alger et y rend des services — malheureusement limités à cause de ses ressources restreintes —. Les cantines maternelles pourraient s'y développer puisque les soupès populaires existent déjà. Il s'agirait de développer et de subventionner ces

œuvres, pour qu’elles puissént s’annexer des cantines

maternelles gratuites et y adore une Consultation de Nourrissons.

L’Assistance publique assure la Maternité secrète, le bureau d'abandon, l’abandon secret, aussi bien dans notre colonie que dans la Métropole,

La loi Strauss y protège les ouvrières et la loi Roussel les enfants assistés. < ee

Les Mutualités Maternélles peuvent s’y développer également, puisqu’à la suite d’une conférence de Ma-

dame Bérot-Bercher, présidente de cette œuvre à Saint- Quentin, il avait été décidé, en avril 1914, de créer une Mutualité Maternelle à Alger, La guerre à arrêté ce mouvement, il reprendra après la victoire.

À Alper, il existe des crèches, on peut les adapter aux exigences modernes, une Goutte de Lait, une Consultation de Nourrissons, pour la protection de l'enfant du 1er âge. Ce sont les éléments les plus favorables à une organisation de puériculture. ;

Nous pourrions pour cette organisation suivre les mesures préconisées par le Pr Marfan (1) :

19 Unir en une seule Ligue les œuvres d'assistance | aux nourrissons d’une région déterminée, dont l’avantage serait de faire connaître les œuvres les unes aux autres, de leur donner ainsi la possibilité de réclamer ensemble au pouvoir les subventions et améliorations nécessaires, et. de collaborer avec l’Assistance publique à une organisation modèle de l’Assistance au Nourrisson dans une zone nettement limitée.

20 Diviser ces œuvres en 4 sections, comme devant composer le groupe d’Assistance au Nourrisson, quicomprendront :

a) Une ou plusieurs Consultations de Nourrissons.

b) Une ou plusieurs Crèches-garderies du type Marbeau. :

c) Une Crèche-infirmerie, permettant de soigner chez les enfants des diverses crèches, les affections peu graves, ou de les envoyer chez eux, surveillés médicalement par des’infirmières et des visiteuses.

d) Un asile en plein air pour les enfants sevrés.

Le D" Schreiber propose d’ ajouter ; à ces Hubs et nous sommes de son avis :

e) Une cantine maternelle.

f) Un asile de convalescence.

g) Une pouponnière ou, à défaut, surveiller un cer-

(1) Bulletin de la Soctété de Pédiâtrie 1913, p. 313.

tain nombre de nourrices que l’on recommanderait

aux parents.

Au siège central de la Ligue, il y aurait une « Maison :

du Nourrisson», véritable office de renseignements et centre de la lutte contre la mortalité infantile. Elle fournirait aux parents tous les renseignements concernant à un titre quelconque, la mère et l'enfant. Ce serait un centre de propagande, qui distribuerait des conseils et des brochures pour favoriser l'allaitement maternel. On y inviterait la mère à soumettre son enfant régulièrement à la surveillance médicale. Aux pa-

rents pauvres on indiquera les Consultations de Nour-

rissons. Les Crèches tiendront le bureau au courant des places vacantes. Si la mère ne peut nourrir, on lui indiquerait la Pouponnière ou les nourrices surveillées par la Ligue.

La Maison du Nourrisson serait également un centre d’Assistance en signalant les cas intéressants aux Sociétés de secours. Elle donnerait l’Assistance au nourrisson malade (secours à domicile, infirmièrés, visiteuses procédant à une surveillance quotidienne et méthodique). se |

La Ligue aurait des filiales, dans chaque ville quelque peu importante et des délégués dans les villages qui organiseront, selon les ressources et les besoins du pays et avec l’Assistance des Municipalités, des Consultations de Nourrissons dans les Mairies, ou dans les écoles. Des tournées de conférence seront organisées.

La présentation aux Consultations de Nourrissons

des enfants quels qu’ils soient devrait être obligatoire. Le Dr Mocquot (1), fondateur des Consultations de :

Nourrissons à la campagne, écrit que la surveillance médicale s'impose aux mères dont les enfants sont protégés à quelque titre que ce soit par l'Etat.

«Or, les Consultations de Nourrissons permettent

(1) DT Mocquot. La Protection de l'Enfance. Revue philan- #hropique. Mai 1916,

seules de l'exercer efficacement pourvu qu’elles. remplissent certaines conditions. Elles doivent être ouvertes à toutes les mères quelle que soit leur situation, pas de catégorie, pas de privilège. Leur publicité établira entre toutes les mères une noble et saine émulation et leur permettra de profiter toutes des conseils donnés à chacune d’elles. C’est bien là la véritable école des mères ». |

Il demande donc, qu’une loi rende la Consultation de Nourrissons obligatoire. « On n’est pas libre d’élever bien ou mal son enfant, l'intérêt de la patrie exige un contrôle sévère, aucune faute ne doit être permise». Cette loi ne porterait pas atteinte au Droit du père de famille. C’est un devoir qu’elle lui demande. Autant que Pinstruction est obligatoire pour l'enfant, la surveillance médicale doit l'être. « La santé physique vaut bien la santé morale». Dans les mesures de ses facultés, le père doit les soins matériels et moraux à l'enfant, «s’il ne le peut, la Société dans son propre intérêt, lui en donnera les moyens».

La Consultation de Nono devrait donc être obligatoire.

Voilà l’œuvre que pourrait. entreprendre et mener à bien la nouvelle Ligue dans les villes et dans l’intérieur de l'Algérie avec l’aide des médecins communaux et de colonisation. al

Il reste la question de l’éducation. Les mères qui ne l’auront reçue à l’école, en profiteront à à la Consultation de Nourrissons.

Les enfants auront dans les écoles des institutrices qu’un programme d’études aura initiées à la puériculture.

Des prospectus, des brochures, des affiches, des conférences sous les auspices de la Ligue contribueront à la vulgarisation des principes d'hygiène et de santé nécessaires au nourrisson.

Pour les indigènes des villes, on utilisera les cliniques indigènes adaptées à leur nouvelle destination, dans

l'intérieur de l’Algérie, il s'agira d’organiser tout d’abord une propagande éducatrice, attirer les mères par des primes et des dons en nature et en médicaments, éduquer des sages-femmes indigènes, leur distribuer des pansements stérilisés. Instituer des sanctions propres à faire régner une hygiène relative dans les douars ou villages habités par des indigènes. k

Nous le répétons, l'effort sera long et rude, mais c’est le seul moyen de permettre le développement des races européennes et indigènes vivant dans une promiscuité souvent dangereuse dans l’intérieur de l’Algé-. rie, et de procurer à notre cher pays les bras qui lui manqueront par suite des vides causés parmi ses Citoyens par la guerre homicide.

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