‹ Contribution à l'étude de la prothèse immédiate et de la prothèse tardive dans les résections du maxillaire inférieurChapitre 18 sur 26 · I. — OBSERVATIONS PERSONNELLES · texte numérisé non relu

I. — OBSERVATIONS PERSONNELLES

OBsEervaTIoN III

Nous donnons tout d'abord la communication faite au sujet de ce malade par notre maître, M. le doctear Léon Labbé, au 4° Congrès français de Chirurgie, à Paris, le 9 octobre 1889. On trouvera à la suite l'observation de ce malade d’après la note qui accompagnait la présentation que nous en fimes nous-mêmes à la Société d'Odontologie de Paris, le 5 novembre 1889.

Les néoplasmes si gravés de la base de la langue, du voile du palais, de l’'amygdale et des régions supérieures du pharynxne nous donnent pas grande satisfaction au point de vue des résultats de leur traitement chirurgical. Cependant un certain nombre de ces malades réclament énergiquement une intervention, et de temps à autre on observe des survies considérables, comme j'ai déjà eu l’occasion d’en rapporter des exemples. Mais, ainsi que je l’ai proposé en 1883, ces opérations ne peuvent donner de bons résultats qu’à la condition de se créer une large voie d'accès, permettant l’ablation large du mal, en enlevant préalablement une moitié du maxillaire inférieur. Ù

Depuis cette époque j'ai toujours employé ce procédé, et M. Polaillon y a eu recours également. Le résultat opératoire a toujours été satisfaisant, et quelquefois la récidive a été longue à se montrer. Je vous présente un malade qui a subi cette large intervention pour un néoplasme de la base de la langue et de la partie inférieure des piliers du voile du palais. Voilà onze mois que cet homme très énergique a été opéré, et vous pouvez constater qu’il n’y a pas trace de récidive.

Mais, dans ces cas heureux, la cicatrisation de l'énorme surface ainsi créée par l’ablation large du mal, amène à sa suite une rétraction considérable de la moitié respectée de la . mâchoire inférieure. Les deux arcades dentaires ne se trouvant plus en rapnort, il en résulte une gêne considérable de la mas-

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tication. Pour remédier à cette difformité, un des éièves de mon service, M. Roy, qui s'occupe de prothèse dentaire, a confectionné un appareil très ingénieux qui restitue la forme de la mâchoire inférieure et ses fonctions. Ce correctif précieux d'une difformité gênante permettra dorénavant de ne plus hésiter en pareille circonstance, et aucune méthode ne devra plus être préférée à la résection de la moitié du maxillaire inférieur pour permettre de dépasser très largement les limites du mal, en enlevant les moindres parties suspectes et en disséquant à son aise et trèsau jour jusque sur les vaisseaux carotidiens. Les avantages de ce procédé sont incontestables (1).

Voici maintenant l'observation de ce malade.

Le malade que je vais avoir l’honneur de vous présenter est entré à Beaujon au mois de novembre dernier, dans le service de M. Léon Labbé; il avait un épithélioma de la base de la langue et des piliers du voile du palais du côté droit. | M. Labbé, d'après un procédé opératoire préconisé par lui et par M. Polaillon, pratiqua sur ce malade la résection préalable de la moitié correspondante du maxillaire inférieur, seul procédé permettant d'enlever complètement les parties malades dans des régions aussi éloignées.

Le malade fut adressé à un de nos confrères afin qu’il remédiât, par un appareil dé prothèse, à la difformité résultant de l'opération. Celui-ci, après quelques essais, répondit qu'il n'était pas possible de faire quelque chose dans ce cas.

Ayant appris cela, je proposai à M. Labbé, dans le ser-

(1) Compte-rendu du 4 Congrès français de Chirurgie. Paris, 1889.

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vice duquel j'étais à l’époque, d'essayer de faire un appareil, et, après d’assez longues tentatives, je suis arrivé à un résultat que je crois assez satisfaisant, étant données les conditions défavorables dans lesquelles ce cas se présentait. Car je ne commençai à m'occuper de ce malade que près de cinq mois après l'opération, et, par suite de la rétraction cicatricielle, la moitié restante du maxillaire se trouvait entraînée du côté droit, de telle sorte que les deux incisives inférieures gauches venaient s’articuler avec la seconde petite molaire supérieure droite, sans qu’il fût possible, même avec une grande force, de ramener à une articulation normale. La langue était très déviée, sa pointe venant au milieu de la joue du côté gauche.

La moitié droite du maxillaire avait été enlevée complètement, corps et branche montante, et, sur la moitié droite il restait quatre dents contiguës, les deux incisives, la canine, la première prémolaire. À la mâchoire supérieure, il manquait les trois molaires droites et la première grosse molaire gauche.

Je commençai par chercher à combattre l’effet de la rétraction cicatricielle, et pour cela je fis un appareil emboftant complètement les dents inférieures, une plaque solidement ajustée à la mâchoire supérieure, et je réunis ces deux parties du côté gauche, seul côté où cela était possible, par un système d’articulation composé de deux tiges rigides articulées à leur extrémité postérieure, ce qui permettait les mouvements d’élévation et d’abaissement, et

empêchait les mouvements de latéralité. Je combinai mes

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