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deux appareils de façon à ce qu’une traction constante fût exercée du côté gauche sur la moitié restante du maxillaire inférieur; je fus obligé de modifier cet appareil au fur et à mesure des progrès obtenus, et enfin j'arrivai à ce que mon malade pât, sans effort et sans appareil, fermer la bouche presque normalement, les dents inférieures venant mordre à quelques millimètres en arrière des correspondantes supérieures. Pendant que mon malade portait le premier appareil, je lui fis exercer de temps en temps, avec les mains,
Fig. 3.
des tractions sur son maxillaire inférieur, de façon à aïder à l’action qui s’exerçait dans sa bouche. |
Ayant obtenu ce résultat, je construisis alors un appareil qui, emboîtant les quatre dents inférieures, supportait en avant de celles-ci une série de dents venant s’articuler avec celles de la mâchoire supérieure.
Cet appareil, comme vous pourrez le voir sur le sujet, est très simple étant donné qu'il ne s'appuie que sur Ha ma- -choire inférieure, et il rend la physionomie du malade aussi
normale que possible.
OBsERVATION IV
Mme T..., 31 ans, fut opérée le 12 novembre 1892 pour un sarcome siégeant sur la moitié droite du maxillaire inférieur. M. le docteur Michaux, qui fit l’opération, réséqua une notable portion du maxillaire inférieur comprenant toute la branche montante droite, la branche horizontale du même côté jusqu’à la canine gauche, le trait de section passant au niveau de l’incisive latérale gauche.
Un mois après l’opération, la malade me fut adressée par mon maître M. le docteur Michaux, pour lui faire un appareil prothétique.
A ce moment la face était notablement déformée, présentant, à droite, une grande dépression au niveau de la région de l’angle de la mâchoire; le menton était très dévié à droite et la lèvre inférieure très en retrait. Ces diverses déformations s’accentuaient encore quand la malade ouvrait la bouche : je constatai alors qu’elle avait la presque totalité de ses dents supérieures et qu’à la partie restante de la mâchoire inférieure elle avait toutes ses dents, sauf la première grosse molaire, de la canine gauche, y comprise, à la dent de sagesse du même côté. Quand la malade fermait la bouche, la canine inférieure gauche venait s’articuler avec la première prémolaire supérieure droite et, en exerçant avec les doigts une assez forte traction sur le fragment, on
ne pouvait le faire revenir que très peu dans la direction normale.