DÉFINITION. — HISTORIQUE
Qu'entend-on sous le nom de psoïte ou de psoïtis ? Si nous prenons la définition du traité de chirurgie Duplay et Reclus, nous voyons qu’on désigne ainsi les inflammations et les abcès des muscles psoas. C’est une myotite qui aboutit d'ordinaire à la suppuration. Examinons d’autre part la thèse de Marcano, plus vieille, il est vrai de quelques années et nous trouvons désignées par ce terme les lésions traumatiques du psoas. Nous avons sur l’inflammation et sur la propagation des infections, des idées tout autres que celles qui avaient force de loi en 1877. Aussi ne saurions-nous accepter sous ce nom général de psoïte les contusions, les plaies, les hernies, les luxations, l’inflammation, les abcès du muscle comme semble le faire Marcano et, si pour être plus complets, nous voulons modifier la définition du traité de chirurgie, nous dirions que la psoïte est une maladie infectieuse du psoas, due soit à une lésion directe (lraumatisme du muscle), soit à la propagation d’une inflamma- ‘ tion de voisinage, soit à une infection générale.
Il est certain que, bien souvent, la psoïte a dû donner lieu et, nous le verrons, à des erreurs de diagnostic. Du reste, pendant fort longtemps toutes les affections de
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la fosse iliaque furent le tout confus où péniblement les auteurs anciens s’efforcèrentde faire la lumière. N’avonsnous pas assisté encore de nos jours, à propos de l’appendicite, à la manifestation tardive de vérités longtemps ignorées. Aussi ne devons-nous pas nous étonner de ne pas trouver de description exacte de l'affection qui nous occupe avant la fin du siècle dernier.
Certes, Fabrice de Hilden en 1711 avait affirmé son existence; Portal, Morgagni, Rousselle-Chamseau s’étaient occupés de ruptures musculaires, ce dernier auteur ayant présenté quatre cas de ces ruptures musculaires à la Société Royale de Médecine, mais c’est seulement en 1771 que de la Motte décrit l'attitude de la psoïte. Il nous faut arriver ensuite au mémoire de J. Sédillot, en 1817, où il affirme l'importance de la rupture du muscle. Kyll, en 1832, fait un mémoire sur les abcès du psoas chez les accouchées. Lobstein, en 1833, parle de lhyperphlogose du muscle psoas et présente une observation avec autopsie. Signalons encore Ferrand Roy, pour arriver à la dernière thèse de Paris, celle de Marcano, en 1877. Des travaux importants ont été depuis cette époque faits à Lyon sur ce sujet. Gangolphe, particuliérement dans la thèse de son élève Condamin, s'est occupé du traitement et nous insisterons plus tard sur les conclusions de cet auteur.
Sans avoir la prétention de présenter un historique complet de la question, et nous réservant de signaler dans le cours de cette étude rapide les ouvrages de moindre importance, nous indiquerons les articles de Heur-
taux du dictionnaire de médecine et de chirurgie
pratique et de Vinceut du dictionnaire encyclopédique
des sciences médicales, qui nous ont été d’un grand secours.