OBSERVATION X VIII
(Herrz-Boyer, Marsan, Soc. franc. d’urol., mai 1924in Journ. d'urol., t. XVII, n° 6, juin 1924.)
Il s’agit d’une malade qui présentait des hématuries répétées sans aucune trace de pus dans les urines. On pense à une néphrite hématurique et on pratique la décapsulation.
L'intervention ne donne aucun résultat. A ce moment, l’examen
SpA
des urines montre qu'elles contiennent des colibacilles en abondance. De plus, alors qu’elles étaient restées claires jusque-là, elles deviennent purulentes et la malade fait plusieurs poussées de pyélonéphrite. Les hématuries ne disparurent qu'après le traitement du syndrome entéro-rénal conseillé par Heitz-Boyer.
OBsERvaTION XIX.
(In thèse Roger PETIr.)
Mme B..., 52 ans, entre à l'hôpital le 15 juin 1927 pour hématurie.
Celle-ci remonte à un mois et demi et s'accompagne de vives douleurs lombaires droites. L’hématurie est à caractère total et se calme, sans disparaître, sous l'influence d’un repos absolu.
Il n'y a pas de troubles mictionnels, pas d’antécédents urinaires. La malade a eu 8 grossesses normales. Il existe une légère constipation.
Un examen histo-bactériologique d’urines fait constater la présence de colibacilles abondants sans réaction cellulaire.
Le 24 juin, une cystoscopie est pratiquée. La vessie est d’aspect normal. Les orifices urétéraux sont de découverte facile. À droite une sonde 14 monte à 25 centimètres. À gauche une sonde 14 bute à l’entrée. Seule, une 12 peut monter à 25 centimètres.
Rein droit. — Sang et nombreux colibacilles.
Volume, 105 centicubes; Urée (conc.), 4 gr. 29; Chlorures, 7 gr. 19.
Rein gauche. — Sang et nombreux colibacilles. Volume, 32 centicubes; Urée (conc.), 10 gr. #0; Chlorures, 12 gr. 46.
Le lendemain du cathétérisme urétéral, les urines deviennent limpides.
Le 3 juillet, un examen histo-bactérologique fait constater l’absence
totale de colibacilles.
=. GÜr 2
OBsSERVATION XX.
(DESVIGNES el FAURE.)
Le 12 octobre 1926, Mme P..., 34 ans, ménagère, entre à la salle Sainte-Elisabeth pour troubles urinaires caractérisés par pollakiurie, pyurie, hématurie. Elle se plaint d’une douleur occupant la région lombaire droite. Elle est envoyée avec le diagnostic de tuberculose rénale probable à droite.
La malade nous apprend qu’elle est d’une bonne santé habituelle. Rien dans les antécédents héréditaires et personnels. Cependant, au cours d’une grossesse remontant à six ans, cette femme aurait déjà souifert des reins. À ce moment-là, elle aurait eu de la fièvre; ses urines étaient troubles, mais ne contenaient pas de sang. Depuis cette époque, rien d’anormal à signaler du côté des voies urinaires.
Tout semblait donc fini à cet égard lorsque, il y a deux mois environ, pendant l’été, la malade, à la suite d’une forte courbature, sentit la douleur s'installer à nouveau dans la région lombaire droite. Elle n’y prit pas garde tout d’abord, eroyant à une simple névralgie. Cependant, les mictions, plus fréquentes et plus impérieuses qu’à l’habitude, altirèrent son attention du côté des urines : celles-ci étaient troubles, avec un fort dépôt au fond du vase. L'apparition du sang dans les urines effraya la malade, qui se décida à aller consulter un médecin.
A l'examen, femme en bon état; point amaigrie; pas de température. Le ventre est souple, non douloureux. Du reste, la malade ne se plaint d’aucuns troubles intestinaux; les digestions sont bonnes et elle va régulièrement à la selle, La palpation montre un rein droit douloureux et un peu gros; à gauche, elle réveille une légère douleur, mais on ne sent pas le rein.
On procède au cathétérisme des uretères, qui donne les résultats suivants :
Rein droit. — Présence de pus; présence de sang; pas de germes ni de bacilles de Koch.
Urée, par litre, 10 gr. 50; Chlorures, par litre, 9 gr. 25.
A: PE Rein gauche. — Mème résullat, mais moins de sang.
Urée, par litre, 10 gr. 25; Chlorures, par litre, 9 gr. 10.
Bassinets normaux.
On pratique une inoculation au cobaye.
On fait la radiographie des deux reins, qui ne décèle aucun calcul.
On inslitue un traitement comportant le régime ordinaire des pyélonéphrites banales et on fait quelques lavages du bassinet au collargol. Trois semaines plus tard, la malade quitte le service, considérablement améliorée, n'ayant plus ni pus ni sang dans les urines, présentant seulement une légère sensibilité de la région lombaire droite.
Cette malade n’a pas été revue par la suite.
L’inoculation au cobaye a été négative.