OBSERVATION XXI
Docteur DEVRAIGNE, in thèse Roger PErTir.)
Les accidents ont débuté en décembre 1927, au sixième mois d’une grossesse jusque-là normale.
Une hématurie indolore, abondante, totale, est brusquement survenue, accompagnée de douleurs lombaires droites et de quelques troubles mictionnels. Un examen d’urines fait constater la présence de colibacilles.
Un cathétérisme thérapeutique est alors décidé.
Cystoscopie : Vessie saine. Une sonde est mise en place dans l’uretère droit et est laissée à demeure. L’hématurie diminue sans disparaître complètement. On retire la sonde, et la malade quitte le service très améliorée.
La malade revient, le 40 mars 1928, pour une nouvelle hématurie présentant des caractères identiques à la précédente. On hésite à pratiquer un nouveau cathétérisme, la malade élant au voisinage du
re
terme. Malgré un régime sévère et le repos le plus complet, on ne note qu’une faible diminution de l’hématurie.
Le 27 mars, l'accouchement s’elfectue normalement, mais l’hématurie persiste.
La malade sort le 5 avril.
« © OBsERVATION XXII.
(Henry BLanc, Journal d’urol., juill. 1925.)
Vi... (Marie), 23 ans, artiste de music-hall, a toujours été en parfaite santé, lorsqu'un jour, après un voyage en chemin de fer assez long, elle présente une hématurie spontanée, totale, imdolore, accompagnée seulement de courbature musculaire. Cette hématurie, peu abondante, dure une miction et ne se reproduit pas.
Ultérieurement apparaissent des douleurs rénales, plutôt localisées à droite, douleurs assez vives, constantes, qui semblent irradiées vers le bas.
Survient une grossesse, Au quatrième mois, apparaît une pyélonéphrite gravidique, qui débute par une hématurie assez abondante.
La Malade consulte M. Marion, qui, après cathétérisme urétéral, conclut à une pyélonéphrite bilatérale, plus marquée à droite. Néphrostomie à droite et désinfection de ce rein, qui finit par se fermer deux mois après l’interventiôn. Pendant ce temps, la malade fait une fièvre typhoïde. |
Un an plus tard, à Athènes, nouvelle grosse hématurie, qui dure vingt jours; dix-huit mois plus tard, à Salonique, nouvelle hématurie, qui dure trois jours avec fièvre et douleur au niveau du rein gauche.
Trois semaines plus tard, la malade rentre à Paris. M. Marion fait un nouveau cathétérisme urétéral, qui montre un rein droit tout à fait guéri et un rein gauche très infecté. Néphrostomie de ce côté. Le rein est désinfecté pendant quatre mois, puis se ferme. On institue un traitement médical, que complète une saison à Evian, à la suite de quoi les urines deviennent limpides. Elles le sont demeurées depuis.
OBservarioN XII. ;
(Henry BLanc, Journ. d’urol., juill. 19285.)
Mar... (Jeanne), 33 ans, entre le 6 décembre 1923, salle Lailler, pour des crises douloureuses du rein gauche. La première crise eut lieu, il y à cinq ans, à la suite d’une grippe. Depuis cette époque, elle en à eu trois. Ces crises s’accompagnent de frissons et de fièvre et les urines sont troubles.
Au cours des deux premières crises, la malade a présenté des phénomènes vésicaux : pollakiurie (toutes les demi-heures) et douleurs à la miction. En même temps, apparaissaient des hématuries terminales.
Actuellement, les douleurs ont disparu, mais les urines, de couleur foncée, restent troubles. On ne constate pas de points douloureux au niveau des reins, qui ne sont pas perçus, ni au niveau des uretères.
La radiographie est négative.
La cystoscopie montre une vessie normale.
Le cathétérisme urétéral donne les résultats. suivants (en 70 minutes) :
Rein droit. — Quelques hématies; des cellules épithéliales; urate de soude.
Quantité totale, 83 centicubes; Urée, au litre, 43 gr. 66; Chlorures, au litre, 9 gr. 36; P:S-P, 30 p:400,
Rein gauche. — Quelques hématies; des cellules épithéliales; urate
de soude; pus en petite quantité; bactéries innombrables.
Quantité totale, 88 ce. 5; Urée, au litre, 11 gr: 13; Chlorures, au litre, 6 gr. 45; PSP. 2 1bp 2100:
La malade n’a aucun antécédent qui puisse faire penser à une bacillose. L’inoculation au cobaye est négative. La malade sort avec
Faure
ir tee
un traitement médical, et nous la retrouvons, quelques jours après, complètement guérie, avec des urines claires.
OBsERVATION XXIV.
(Henry BLanc, Journ. d'urol., juill. 4925.)
Ru..., 26 ans, entre salle Lailler, le 27 mai 1923, pour des douleurs au niveau du rein droit. Depuis 1918, le malade a fait plusieurs crises douloureuses semblables, La première apparut à la suite d’une grippe. Elle s’accompagna de vomissements, de fièvre et de phénomènes de cystite; mictions fréquentes et douloureuses avec urines troubles. A la fin de la miction, il y avait une pelite hématurie. Cette crise a duré quelques heures et tout est rentré dans l’ordre assez rapidement; seules, les urines se maintinrent troubles pendant quelque temps.
Depuis cette époque, des crises semblables ont réapparu à intervalles irréguliers. La dernière date de six jours et a été accompagnée d’une hématurie abondante. Ces crises ne sont pas modifiées par le repos ou la fatigue.
Dans les antécédents, rien à signaler.
La radiographie est négative. La vessie est normale à la cystoscopie. Le cathétérisme urétéral montre la capacité normale des bassinets. :
L'examen fonctionnel donne les résultats suivants (en 70 minules) :
Rein droit. — (Culot insignifiant). Rares hématies, rares leucocytes.
Quantité totale, 228 centicubes; Urée, au litre, 4 gr. 30; Chlorures, au litre, 0 gr. 58; P5S. P#09 D Lou
Rein gauche. — (Culot insignifiant). Rares hématies; rares leuco-
cytes. | Quantité totale, 282 centicubes; Urée, au litre, 3 gr. 54;
PT ee
Chlorures, au litre, 0 gr. 58; PSP: 80:p. 100:
Dans ces conditions, on pense à des crises de pyélonéphrite banale, et le malade est soumis au traitement médical, Il n’a pas reparu à l'hôpital depuis.
OBsErvarioN XXV.
(Henry BLaxc, Journ. d’urol., juill. 1925.) é
Q... (Joseph), 26 ans, entre à Civiale le 8 décembre 1928 parce que, il y à huit jours, il a été pris de douleurs dans la région périnéo-rectale avec élévation de température. Pas de dysurie. Il y a trois jours est apparue une douleur testiculaire gauche avec gonflement très marqué. On trouve en eflet à l’examen une bourse gauche volumineuse, avec peau rouge, œdémateuse, recouvrant une masse testiculo-épididymaire formant un seul bloc très douloureux.
Au toucher rectal, on trouve une région prostatique, empâtée, molle, nettement fluctuante à droite. ;
Les urines sont claires et les reins non douloureux.
Aucun antécédent blennorragique, mais lorsque les phénomènes sont apparus, le malade venait de faire une congestion pulmonaire grippale.
Le 10 janvier, ouverture de l’abcès prostatique.
Le 24 janvier, ouverture d’un abcès testiculaire gauche, qui avait coïncidé avec une poussée fébrile.
Le 30 janvier, après une nouvelle poussée fébrile, ouverture d’un abcès de la cuisse droite.
Le 13 février, castration gauche.
Le 25 février, la température s'élève encore et atteint 40°5 le lendemain soir. Le malade souffre des reins, qui sont douloureux à la palpation, mais non perceptibles. Les urines, qui étaient claires jusqu'alors, deviennent troubles et il survient uné hématurie d’apparence totale avec caillots qui dure quarante-huit heures.
La température tombe régulièrement jusqu'au 1° mars, mais les “urines restent troubles. La radiographie des reins est négative. La
nu g Re
vessie est normale à la cystoscopie. On pratique un cathétérisme urétéral, qui montre des bassinets normaux.
Examen des urines séparées (en 70 minutes) :
Rein droit. — Pus; cellules épithéliales; innombrables bactéries.
Quantité totale, 19 centicubes;
Urée, au litre, 10 gr. 88;
Chlorures, au litre, 8 gr. 19;
Albumine, +;
PYSLP 2% p.100 |
Rein gauche. Sang; urate de soude; innombrables bactéries.
Quantité totale, 20 centicubes;
Urée, au litre, 10 gr. 50;
Chlorures, au litre, 8 gr. 40; Albumine, +;
PSE P 22" pe AU0 Da
Après quelques jours de traitement médical, tout rentre dans l’ordre; les urines redeviennent claires, et le malade quitte l'hôpital.
OBsERvATION XX VI.
(Henry BLANC, Journal d’urol., juill. 1925.)
M... (Robert), 26 ans, entre à Civiale le 5 décembre 1923, parce qu'il souffre du rein droit et qu'il urine du sang.
I y a dix jours, en pleine santé, le malade a été pris brusquement de frissons violents avec fièvre élevée et douleurs au niveau des poumons. Le lendemain, il commence à souffrir du rein droit, d’une douleur lancinante, continuelle, non irradiée. En même temps apparaissent des phénomènes de cystite. Les mictions sont douloureuses, le malade urine toutes les demi-heures nuit et jour, les urines sont troubles. Des hématuries terminales accompagnent les mictions. Cet état dure trois jours. Le malade entre alors à l'Hôpital Lariboisière, salle Chassaignac, où on lui donne urotropine et lactose. Sept jours après le début de la maladie, la fièvre tombe défi-
Mo
nitivement. Actuellement, le malade éprouve de la dysurie, apparue depuis la veille : il a une miction par petits jets, et ses urines, de couleur ambrée, sont purulentes. Il urine toutes les deux ou trois heures.
L’exploration des reins et des uretères est négative.
La radiographie des reins est négative.
Quant au cathéterisme urétéral, il donne les résultats suivants (en 70 minutes) :
Rein droit. — Sang; pus peu abondant; nombreuses cellules des cylindres hyalius; bactéries innombrables (staphylocoques). - Quantité totale, 131 centicubes; Urée, au litre, 4 gr. 30; Chlorures, au litre, 1 gr. 17; Albumine, +; PS P::20-p: 400.
Rein gauche. — Pus; hématies; rares leucocytes; quelques cellules.
Quantité totale, 140 centicubes; Urée, au litre, 4 gr. 05; Chlorures, au Hirosbee. 147:
Albumine, +;
PASrP,. 24p 100.
Ces temps derniers, il a présenté une éruption d’acné généralisée. Cette éruption d’acné semble être le point de départ de la poussée de pyélonéphrile aiguë dont le malade vient d’être atteint.
OgservaTion XX VII.
(Henry BLANC, Journ. d’urol., juill. 1925.)
J..., 19 ans, entre à l'hôpital pour hématurie.
La veille, le malade a été pris brusquement de frissons et la température s’est élevée à 40 degrés. Actuellement, elle ne dépasse pas 39 degrés. Cette hématurie, qui a marqué le début des accidents fébriles, a été spontanée, totale, relativement abondante, absolument indolore. Elle ne s’est pas reproduite.
SRE
Le malade ne présente pas de dysurie ni de pollakiurie. Les urines sont troubles et de coloration foncée.
L'examen des reins est absolument négatif.
La radiographie ne montre rien, non plus que la cystoscopie.
Cathétérisme urétéral (en 70 minutes) :
Rein droit. — Innombrables cellules épithéliales; rares hématies;
innombrables bactéries; rares leucocytes.
Quantité totale, 63 centicubes; Chlorures, au litre, 9 gr. 94; PSS LR ESS CD. 100
Rein gauche. — Rares hématies; quelques leucocytes; innombrables bactéries.
Quantité totale, 71 centicubes; Urée, au litre, 7 gr. 84; Chlorures, au litre, 9 gr. 36; P-S;.P., 28 p: 400:
Le malade n’avait jamais fait d’hématurie, mais, il y a un mois environ, une douleur sourde était, paraît-il, apparue dans la région lombaire gauche.
Pas dé maladies antérieures qui puissent éveiller l’idée de la bacillose. Mais le malade nous signale qu'il à eu, il y a quelques semaines, une infection furonculeuse du menton, et c’est là vraisemblablement le point de départ de l'infection rénale.
Trois jours après l’entrée du malade dans le service, la température tombe, les urines redeviennent claires et, au sixième jour, le malade sort, complètement guéri.
Ogservarion XXVIII.
(A. Bœckrer,, Assoc. franç. d’urol., Paris, 14924.)
M°° L..., 34 ans, m'est adressée le 26 mai 1920 par le Docteur Weunagel, pour des hématuries profuses, survenues il y à trois
NA
re
mois, à la suite d’une angine grave, compliquée de sinusite et d’érysipèle. è |
A peine remise, M% [... contracte une scarlatine, au cours de laquelle les pertes de sang déViennent plus fréquentes et plus abondantes. La scarlatine guérit, mais les hémaluries persistent, anémiant et affaiblissant la malade.
Le thermomètre monte presque tous les soirs à 38 degrés. Douleurs lombaires, exclusivement à gauche. Les reins ne semblent pas augmentés de volume; la palpation du rein gauche est douloureuse.
Dans l'intervalle des hématuries, les ‘urines restent toujours troubles. Elles contiennent du pus et de l’albumine.
Cystoscopie : Vessie légèrement congestionnée. Orifice urétéral gauche un peu œdématié, orifice droit normal.
Rien à signaler du côté des autres appareils. Cœur et poumons en bon état. Digestions faciles, selles régulières.
Des injections d'huile goménolée sont pratiquées tous les deux jours. .
29 mai : Cathétérisme des deux uretères; prise d’échantillons. Instillation du bassinet au nitrate d'argent à 1 p. 100.
Urine gauche : Urée, 13 gr. 80; sang, pus-et albumine. Cultures : colibacilles et staphylocoques.
Urine droite : Urée, 15 gr. 45; ni sang, ni pus, ni albumine; cultures stériles. Inoculation des deux urines à des cobayes.
1% juin : Radios des reins et des uretères négatives au point de vue calculs.
Les instillations d'huile goménolée sont continuées du 24 juin an 16 juillet. On pratique les instillations du bassinet gauche au nitrate d'argent, Les hématuries ont cessé après la 3° instillation. L’inoculation aux cobayes a été négative. Le diagnostic est, par conséquent : pyélonéphrite hémalurique gauche consécutive à une grave affection générale.
3 août : Cathétérisme de l’uretère gauche : L'urine gauche ne contient plus de pus. La malade va très bien, Plus jamais d’héma-
turie,
OBsERvATION XXIX.
(Henry Banc, Soc. franç. &urol., 17 janv. 1927; in Journ. d’urol., fév. 1927.)
Notre ami, le Docteur Duroselle, nous présente, à Angoulême, le 6 mars 1926, un jeune homme de 23 ans (V... A.), cultivateur, qui saigne depuis deux mois de façon ininterrompue. Cette hématurie, qui est survenue après une période de fatigue physique et d’asthénie, est d'apparence totale, ne s’accompagnant ni de douleurs lombaires, ni de phénomènes vésicaux.
Rien à signaler dans les antécédents. Au moment de l’apparition de l’hématurie, il aurait eu, paraît-il, une petite infection amygdalienne : « un point blane dans la gorge ».
A l'examen, le malade paraît très anémié et très fatigué. Les reins ne sont ni douloureux, ni perçus, pas de points urétéraux. Rien du côté de l’appareil génital.
Les urines sont foncées, troubles, sanglantes. Pas de caïllots.
Cystoscopie : Vessie de bonne capacité et d'apparence normale.
L'examen fonctionnel-des urines divisées donne (en 70 minutes) :
Rein droit. — Leucocytes isolés; cellules épithéliales; entérocoques.
Volume, 30 centicubes:
Chlorures, au litre, 5 gr. 50; Sang, + +.
Rein gauche. — Leucocytes isolés; cellules épithéliales; coeci à Gram positif.
Volume, 15 centicubes; Urée, au litre, 14 gr. 59; Chlorures, au litre, 5 gr. 50;
Sang, ++.
La radiographie ayant été négative, nous portons le diagnostic de pyélonéphrite hématurique à forme chronique, sous la dépendance possible. d’un syndrome entéro-rénal, et nous instituons un traitement médical.
Nous apprenons, par la suite, que l’hématurie à cessé le lendemain de l'exploration fonctionnelle des reins, pour ne plus reparaître, et que tout est rentré dans l’ordre. Deux mois après notre examen, le malade, en parfaile santé, a vu son poids augmenter de 10 kilos. =