‹ Contribution à l'étude de la pyélonéphrite à forme hématurique sans rétentionChapitre 48 sur 48 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. — Il existe une variété de pyélonéphrites à forme hématurique caractérisée, en dehors des signes habituels des infections pyélo-rénales, par des hématuries, qui bien souvent dominent le tableau clinique.

II. — L'hématurie ne présente aucun caractère particulier; c'est une hémorragie banale, très variable de fréquence et d'intensité. Parfois, elle se réduit à un simple saignement terminal lorsqu'elle est l’expression de Ja cystite accompagnant les pyélonéphrites aiguës; d’autres fois, elle se présente sous la forme d’hématuries totales peu abondantes indiquant le moment où s’installe l'infection; enfin, souvent, elle se traduit par des hématuries importantes, prolongées, durant parfois plusieurs jours, primant tous les autres phénomènes, de telle sorte que l’hématurie seule attire l'attention.

IT. — L’étiologie de la pyélonéphrite à foie hématurique n’est pas univoque. Le plus souvent, on trouve à l’origine les troubles intestinaux les plus divers; il s’agit là de la forme hématurique du syndrome entéro-rénal; dans d’autres cas, on trouve des infections locales ou générales très variées, telles que furonculose, grippe, érysipèle; dans quelques cas, enfin, on ne trouve rien : l'étude des antécédents est négative et la pyélonéphrite a l’allure d’une maladie spontanée.

IV. — Au point de vue bactériologique, n'importe quel micro-organisme capable d’engendrer une pyélonéphrite est susceptible de donner lieu à une forme hématurique. Le plus sou-

vent, on rencontre le colibacille, surtout dans les cas dépendant du syndrome entéro- rénal ; fréquemment aussi, On voit le staphylocoque, l’entérocoque, des cocci et des bactéries diverses.

V. — La pathogénie de l’hémorragie au niveau du rein est assez obscure. Il s’agit probablement de poussées congestives liées, sans doute, au passage des microbes à travers l'organe; peut-être faut-il invoquer également comme causes favorisantes les altérations de la paroi vasculaire ou de la crase sanguine. |

VI. — Le diagnostic de la pyélonéphrite à forme hématurique peut présenter des difficultés. C’est surtout avec la tuberculose rénale qu’elle peut être confondue, et il faudra mettre en œuvre tous les moyens d'exploration (cystoscopie, examen fonctionnel), tous les procédés de laboratoire (examen histo-bactériologique, inoculation au cobaye) pour éliminer l'infection bacillaire. On ne la confondra pas non plus avec la lithiase, l’hydronéphrose et le cancer infectés dans ce cas, la radiographie, la prise de capacité des bassinets, la pyélographie, l'examen complet du malade, l’évolution, permettront de préciser le diagnostic. Les affections dites. néphrites hématuriques ne s’accompagnent jamais de pus ni de microbes dans les urines et elles présentent toujours au moins des signes fugaces de néphrite. De plus, elles donnent lieu à des hématuries habituellement sans caïllots, ce qui constitue un caractère distinctif important.

VIT. — Le pronostic de la pyélonéphrite à forme hématurique est, dans l’ensemble, relativement favorable. Cette variété d'infection pyélo-rénale est assez souvent unilatérale et peut, — dans un certain nombre de cas, — ne pas altérer le rein d’une façon bien profonde. Cependant, il existe des formes partieulièrement tenaces et récidivantes qui peuvent retentir sur l’état général du malade soit par leur longue évolution, soit par l’abondance ou la fréquence de l’hématurie.

VIE — Il est très rare de procéder à une intervention sanglante, décapsulation ou néphrotomie, pour arrêter les hématuries, comme on est parfois obligé de le faire dans les néphrites hématuriques. Dans la plupart des cas, le traitement médical est suffisant. Il comprend le repos, le régime, et: doit viser un double but :

Lutter contre l'affection causale, troubles intestinaux ou infections diverses. Dans ces formes bien spéciales, qui relèvent du syndrome entéro-rénal, il y aura lieu d’instituer une thérapeutique intestinale, à laquelle on pourra associer la vaccinothérapie ou la sérothérapie (sérum anticolibacillaire de Vincent), surtout en cas de phénomènes septicémiques. ‘

Combattre les troubles urinaires, et en particulier l’hématurie. Or, nous possédons contre cette dernière une arme remarquable : la sonde urétérale. Le simple cathétérisme des uretères pour un examen fonctionnel arrête souvent une hématurie qui durait parfois depuis des semaines. Ce moyen thérapeutique puissant, auquel on associera dans la plupart des cas des lavages du bassinet au nitrate d'argent, pourra servir encore de moyen de diagnostic, car une hématurie qui cède aussi facilement au simple cathétérisme devra faire penser à une infection pyélo-rénale.

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