‹ Contribution à l'étude de la Pyélonéphrite Bacillaire chez les BovidésChapitre 3 sur 11 · A LA MÉMOIRE DE MA GRAND'MÈRE · texte numérisé non relu

A LA MÉMOIRE DE MA GRAND'MÈRE

Qui me prodigua sans cesse une affection sans bornes.

A mA MÈRE Bien faible gage de piété filiale ct

de reconnaissance pour sa tendresse infinie et tous les sacrifices qu'elle

s’est imposés.

À MEs FRÈRES

En témoignage de la grande affection qui nous unit.

A Mon Cousin

Infime témoignage de mon affection et de ma gratitude.

À Tous LES MrEns

À TOUS MES Amis

A MONSIEUR LE PROFESSEUR GAYET de la Faculté de Médecine de Lyon

Qui nous a fait grand honneur en acceptant la présidence du Jury de notre thèse.

À Mowsieur LE ProrEsseur CUNY Professeur de Pathologie Bovine et d'Obstétrique à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Lyon

Qui nous prodigua ses précieux conseils, dans l’élaboration de ce travail.

Respectueux témoignage de reconnaissance.

À MowsIEur LE PRoFEssEUuR DOUVILLE

Professeur de Pathologie Chirurgicale à l'Ecole Nationale Vétérinaire de Lyon Chevalier de la Légion d'Honneur

En témoignage de notre gratitude pour son constant dévouement,

À MES MAITRES DE L’Ecoe NATIONALE VÉTÉRINAIRE DE LYoN

À MonsIEUR ALPHONSE RIO Sénateur du Morbihan Ancien Sous-Secrétaire d’Etat Président de la Commission de la Marine Président de la Ligue Maritime

À Mowsieur HENRI LE VEZOUET Député des Côtes-du-Nord Maire de Loudéac

À Moxstœur Raouz POLLAK

Conseiller Général des Bouches-du-Rhône

Contribution à l’étude de la Pyélonéphrite bacillaire chez les bovidés

Avant-propos

La bibliographie des maladies du rein en Vétérinaire est d’une indigence telle, que nous considérons comme une bonne fortune l’occasion qui nous a été offerte, pour couronner la fin de nos études, d’avoir choisi comme sujet de thèse, sous l'inspiration de notre Maître M. le Professeur Cuny, une affection du rein encore peu étudiée : la pyélonéphrite des Bovidés.

Si en médecine humaine de nombreux travaux sont venus, depuis quelques années, éclairer la pathogénie et la pathologie générale de cette maladie, il est loin d’en être de même en médecine vétérinaire.

Chez nous, en effet, aussi bien pour les grandes femelles que pour les petites et, au moins en France, dans les ouvrages les plus récents comme dans les journaux périodiques riches cependant en observations variées, il est peu fait mention des complications éloignées consécutives à la parturition chez la vache. Aussi, nous avons pensé qu'il serait utile de rassembler les documents épars sur la matière, de manière à en faire un tout capable d'’intéresser les praticiens

vétérinaires et nous étendre plus spécialement sur l’étiologie et la pathogénie.

L'origine et la spécificité des microbes occasionnant la pyélonéphrite et leurs voies de pénétration, très’ discutées à l’heure actuelle, devraient prendre un jour nouveau en médecine vétérinaire, à la suite des découvertes faites dans ce sens en médecine humaine. Et par analogie, en nous servant des travaux déjà faits, nous essayerons au cours de ce modeste travail de démontrer que chez nos animaux l'infection urinaire et la pyélonéphrite en particulier, a quelquefois pour point de départ les troubles digestifs consécutifs à la gestation.

Inutile de dire que sans l’extrême obligeance de notre Maître M. le Professeur Cuny, nous n'’aurions pu mener à bonne fin une pareille étude. Nous sommes heureux de lui exprimer ici toute notre reconnaissance pour les bienfaits, l’enseignement et les conseils : qu'il nous a prodigués pendant notre scolarité.

Nous prions aussi M. le Professeur Gayet d’agréer l'expression de notre gratitude pour l'honneur qu'il nous à fait en acceptant la présidence du Jury de notre thèse.

Enfin, nous remercions très sincèrement M. le Professeur Douville, qui nous a toujours témoigné une très grande bienveillance, d’avoir consenti à faire partie de notre Jury.

Définition et synonymies

La pyélonéphrite du bœuf est une maladie microbienne, évoluant sous les formes aiguë et chronique, caractérisée par l’inflammation du bassinet et du parenchyme rénal. En clinique, elle s’accuse par des manifestations urinaires variables qui correspondent au terme ultime d’une maladie de la muqueuse urinaire procédant ou non par étapes et aboutissant à la suppuration rénale.

Elle a reçu des synonymies diverses tirées de son étude bactériologique. L’affection est décrite sous le nom de « pyélonéphrite bacillaire », de « pyélonéphrite mycotique », de « pyélonéphrite bactérienne »; toutes expressions trop spéciales qui avaient pour but de faire de cette maladie une entité morbide spécifique.

Très fréquente surtout chez la femelle, son étude est importante pour la nécessité d'établir un diagnostic rapide afin de sacrifier sans retard les animaux atteints.

Historique

La pyélonéphrite est très anciennement connue. Elle a été observée de tout temps.

Ce sont les vétérinaires allemands qui en ont fait un état pathologique spécial en la considérant à tort ou à raison comme une maladie spécifique. Il est absolument évident que, malgré l’absence des recherches bactériologiques, on doit considérer comme se rapportant à l’état qui nous occupe plusieurs faits publiés sous les noms divers.

C'est à cette maladie que l’on doit rattacher certaines observations.

En France, Vigney, en 1845, a appelé l'attention sur elle. Il la croit due au développement de parasites dans les lobes du rein et il signale sa marche chronique, quelquefois pourtant aiguë et mortelle de suite. La description qu'il en donne cadre néanmoins avec nos connaissances actuelles. Et l’auteur fait observer qu'elle était autrefois reconnue comme vice rédhibitoire avec délai de neuf jours, devant le Parlement de Normandie. La pyélonéphrite est un vice caché et sa constatation annule la vente de droit.

En 1848, Rossignol l’observe et attire l'attention sur les caractères de l’urine et la faiblesse des reins.

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Laurent, Vétérinaire à Bar-le-Duc en 1867, insiste sur les lésions macroscopiques du rein et sur l’analyse chimique de l'urine. En 1869, Philips affirme l'existence d'un œdème sur le flanc, symptôme rarement constaté.

Puis cette affection a été vue et décrite par Lucet en 1892, par Mollereau et Porcher, Masselin et Porcher en 1895, Cadéac et Morot. Nocard et Leclainche en ont donné une bonne description dans leur livre de maladies microbiennes.

En Allemagne, elle a été signalée dès 1867 par Pilwax, puis en 1875 par Siedamgrotzky, le premier auteur à qui l’on doive une analyse complète des altérations histologiques. Il signale la présence de bactéries dans les foyers dégénérés du rein.

Pflug mentionne les mêmes accidents dans un travail sur « les maladies des voies urinaires ». En 1877, Damman décrit un cas de « néphrite bactérienne » chez une vache ; il trouve des amas de bactéries dans les canaux urinifères. A partir de cette époque, la maladie est souvent observée dans les divers pays de langue allemande. Eichenberger la retrouve en 1884, Kaiser en 1887.

En 1888, Hess analyse les symptômes et les lésions observés dans trois cas. Pendant les années suivantes, il recueille des documents qui lui permettent une bonne étude clinique synthétique de l'affection.

Bang, en 1889, Schmidt, en 1890, apportent une série de faits qui, se joignant aux observations précédentes, contribuent à faire de la pyélonéphrite une entité morbide assez nettement définie.

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À cette époque, Enderlen d’une part, Hôfflich de l’autre, observent la maladie, en font l'étude bactériologique et décrivent l’agent spécial. Dès ce moment l'affection forme un type à part dans les maladies de l'appareil génito-urinaire.

Les observations de Knoll (1894), Roder (1896), Immenger (1898), Bartels (1897), Liénaux et Zwaenepoel (1902), Ernst (1905), Ritzenthaler (1910), Jones et Little (1928), de Ubertini (1929) ont complété nos

connaissances sur ce point.

Symptômes

La femelle étant plus fréquemment atteinte que le mâle, on tire de cette particularité un argument en faveur de la pathogénie. En clinique on constate deux formes : une aiguë et l’autre chronique ; la première aussi rare que la seconde est fréquente.

a) Forme aiguë. — Elle s'annonce par des troubles généraux graves. Il y a d’abord diminution de l'appétit et abolition de la sécrétion lactée. La rumination est rare et irrégulière, quelquefois on note de la constipation, mais le plus souvent il existe de la diarrhée, de la dysenterie. La tristesse s’accentue et la malade reste couchée. L'aspect général de l’animal est mauvais, le poil est terne et piqué, le mufle sec et chaud. Tout indique un état grave avec la température atteignant 42° ; la respiration est légèrement accélérée, 20 à 25 mouvements à la minute ; le pouls tendu, rapide à 90, 100, 110 (Cadéac). Debout, le dos est voussé, les membres rassemblés sous le tronc (Lucet), l'animal se déplace difficilement, les membres postérieurs sont agités par des mouvements alternatifs indiquant des coliques.

Puis les troubles urinaires apparaissent. Les animaux

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restent campés, ils se livrent parfois à des efforts expulsifs violents. L’urine est souvent trouble, sanguinolente, toujours très albumineuse, riche en globules purulents et en microbes (Lucet) ; elle présente une odeur anormale, indiquant qu’elle est le siège d’une fermentation ammoniacale.

La région des lombes est sensible au pincement et le poing enfoncé dans le flanc droit est accompagné de sourdes plaintes. L’exploration rectale permet de constater quelquefois l’augmentation d’un rein (Nocard et Leclainche). L’exploration vaginale montre l'existence d’une plaie ancienne ou récente.

Evolution de la maladie. — La marche est rapide.

Les symptômes s’accusent de plus en plus, l’amaigrissement s’accentue, le décubitus devient permanent et la mort survient au bout de dix ou quinze jours ; dans un cas, Lucet l’a vue arriver au bout de neuf jours. Ernst admet la possibilité d’une terminaison différente. I] croit que dans certains cas les symptômes généraux s’amendent et la maladie passe à l’état chronique.

b) Forme chronique. — C’est le type classique de l'affection.

Elle apparaît six semaines, deux ou trois mois après un accouchement laborieux suivi de plaies ou d’escharres vaginales. Elle évolue insidieusement et est précédée ou non de coliques.

Ces coliques peuvent être violentes, elles surviennent subitement, sans aucun motif, et durent un temps variable, quelquefois 36 heures. Puis, elles s’atténuent, deviennent discontinues, cessent, et tout

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rentre dans l’ordre. Pendant leur durée, la respiration et la circulation sont accélérées; l’anorexie est complète. Il peut arriver qu’elles soient légères, elles durent quelques instants pour réapparaître au bout de plusieurs jours ou plusieurs semaines. Néanmoins, elles ne tardent pas à se rapprocher en même temps qu'elles se prolongent. Elles peuvent ne pas exister mais on constate toujours des troubles vagues.

La rumination et la défécation sont irrégulières, l’état général est mauvais, la vache maigrit, le poil est piqué, la peau adhérente aux tissus sous-jacents, il n’y a pas de fièvre.

En somme, rien de caractéristique, rien de net, ces signes se constatant dans toutes les maladies graves. Mais leur durée est éphémère car l’état s'aggrave et la percussion ou la pression des lombes dénote une violente douleur (Hess) ; d’ailleurs tous les auteurs signalent l’excessive sensibilité de cette région.

Bientôt les troubles de la miction apparaissent ; elle se montre fréquente et douloureuse, les animaux restant campés, surtout quand il existe de la cystite. L'’urine est rejetée en petite quantité ; sa couleur est jaune rougeâtre, rouge foncé ; son odeur rappelle celle des carnivores et elle contient des matières floconneuses. Par le dépôt on voit se former un culot dû à la présence de fibrine, de caïllot sanguin et de pus ; abandonnée à l’air, elle fonce rapidement et prend très vite l’odeur ammoniacale. Sa densité est de 1.015 (Porcher), 1.020 (Bartels), et elle renferme plus de 3 grammes d'’urée par litre.

L'examen microscopique y décèle la présence de

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globules sanguins, de cellules du rein dont les noyaux sont apparents, de cylindres hyalins, de filaments de fibrine, de gobules purulents (Mollereau et Porcher). Par la méthode de Gram, on trouve à côté de cocci, des amas de bacilles courts, épais, arrondis, dont la longueur est d'environ la moitié de celle des hématies (Bartele).

Au point de vue chimique, elle est très alcaline et renferme de l’albumine, une notable proportion de phosphates (phosphates ammoniacaux magnésiens), des cristaux de phosphates tri-basique et d’oxalate de chaux.

L'examen de l’appareil urinaire montre chez la femelle, au niveau de la vulve, l’existence de croûtes qui ne sont autres que le reliquat de produits anormaux rejetés et desséchés. L’enfoncement du poing dans la région du flanc droit annonce une sensibilité vive; par cette exploration on peut toucher le rein malade. Chez le mâle, taureau ou bœuf, on a signalé la tuméfaction du fourreau, la sensibilité de la verge et l'existence de plaies sur celle-ci. Chez les jeunes sujets, il peut exister des phénomènes inflammatoires de la région ombilicale (Baïllet et Sères).

L’exploration vaginale permet diverses constatations. Souvent on rencontre dans le vagin des plaies anciennes, des cicatrices, des abcès sous-muqueux. La palpation de la vessie démontre qu’elle est douloureuse, tuméfiée et renferme des productions anormales comme dans la cystite chronique hémorragique et des calculs comme dans la lithiase urinaire. Cepen-

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