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Dans plusieurs observations, il a vu la maladie n'être d’abord qu’une simple pyélite, pour n’affecter qu’ensuite une localisation hépatique, laquelle peut, par son importance, primer la localisation urinaire.
« Cette infection des voies d’excrétion, qu’elles soient biliaires ou urinaires, ne va pas sans retentir sur le fonctionnement réel des organes envahis par elle. Le Professeur Caevassu a montré, en particulier, que de simples obstacles à l’excrétion urinaire étaient susceptibles d'entraîner, par une sorte d’inhibition, des troubles fonctionnels graves, par exemple, une véritable rétention uréique, alors que cependant, le débit urinaire volumétrique reste suflisant. Il semble établi, par ailleurs, que certaines pyélites, d’abord maladies de surface, peuvent aboutir secondairement à l’altération du parenchyme rénal. »
L’atteinte du foie et du rein d’une femme enceinte s’accompagne d’un trouble fonctionnel de ces organes qui sont au premier rang dans la physiologie gravidique. Il en résultera des troubles profonds dans le métabolisme. « Si on tient compte, d’autre part, des « poisons » propres à l’œuf vivant, on conçoit comment le trouble fonctionnel succédant à la lésion, le trouble toxique au trouble fonctionnel, on se trouve tout à coup devant un tableau clinique qui n’a plus rien de commun avec celui de la pyélite initiale, encore moins avec célui de la pyélite d’un urinaire quelconque. Aïnsi la pyélite de la femme enceinte peut prendre des. aspects très particuliers, au point parfois de se rendre méconnaissable, ou mieux de se réduire à n’être plus qu’un « syndrome très complexe ». |
Il pourra y avoir maladie gravido-toxique :
19 Du fait que la dépuration rénale ne se fait plus ou se fait mal chez une femme en état de gestation ; de la sorte naît parfois un état toxique particulier affectant par exemple une forme cachectisante où celle encore d’une anémie pernicieuse ;
29 Du fait de l'association des troubles hépatiques avec des troubles rénaux ; la maladie ayant débuté sous la forme anodine d’une pyélite banale, a pu évoluer tout à coup dans le sens d’un ictère grave toxi-infectieux pouvant être mortel. 1
Le Professeur FrumixsHozz distingue essentiellement :
19 Des formes où la localisation rénale et le trouble fonctionnel rénal restent prédominants.
La pyélite est seule à l’origine et garde parfois une symptomatologie propre assez fruste, avec une fièvre légère ou passagère, mais emprunte au contact de l’intoxication gravidique et par le fait d’une dépuration rénale qui se fait mal, des caractères insolites et bientôt dominants. Ainsi ont évolué des formes où, avec une symptomatologie urinaire et infectieuse fruste et de second plan, coexistait, au premier plan, un état d'intoxication profonde, accusé par une rétention uréique considérable, et imprimant à la maladie l’aspect d’une cachexie grave ou d’une anémie pernicieuse.
20 Des formes à localisation hépatique secondaire, où le trouble fonctionnel hépatique et, par conséquent, toxique surajouté, finit par occuper presque toute la scène. La maladie, d’abord petite infection rénale, a évolué insidieusement dans le sens d’une infection hépatique pour constituer enfin une toxi-infection à cachet gravidique.
La lecture des observations publiées par les différents auteurs nous conduit à penser qu’à côté de ces deux formes cliniques essentielles on pourrait ranger deux autres modalités de cette toxi-infection, une forme avec vomissements, une forme s’accompagnant de troubles nerveux et psychiques
19 Forme avec vomissements. — Il ne s’agit pas de la phase terminale des formes à localisation hépatique. Dans ce cas, comme le dit le Professeur FRuniINsnozz : « Le tableau clinique tend à se rapprocher de celui qu’on observe au stade ultime de l’intoxication gravidique émétisante. »
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Mais, dans la plupart des observations, et dans nos observations personnelles, les vomissements abondants, fréquents et répétés, apparaissent dès le début de la maladie. S'ils ne sont pas incurables, ils méritent presque la qualification de graves, et ils contribuent à donner la note toxique au tableau clinique.
20 Forme avec symptômes nerveux et psychiques. — Dans une de nos observations (Obs. IV) et dans les observations de Brinpeau et SicureT, RHENTER et PizzErA, l'apparition de symptômes nerveux ou psychiques est venu compliquer l’évolution. Nous avons vu une polynévrite, prédominant aux membres inférieurs, succéder aux manifestations urinaires et hépatiques, et coexister avec quelques manifestations de troubles du caractère, qui évoquaient l’idée d’une psychose commençante.
Enfin, le Professeur FruniNsHorz assigne un dermer caractère à la maladie gravido-toxique : caractère d’ordre thérapeutique.
L'interruption spontanée ou provoquée de la gestation — traitement rationnel de ces formes graves — permet de dissocier le syndrome : les phénomènes d’ordre toxique (ictère grave, rétention uréique, vomissements) disparaissent rapidement après l’élimination de l’œuf, tandis que l’infection colibacillaire banale, persiste quelque temps ou même continue à évoluer d’une façon latente pendant de longues semaines.
Ce fait paraît démontrer la part de la toxémie gravidique — sinon prépondérante — du moins essentielle en de pareilles circonstances : « C’est bien elle qui paraît donner leur personnalité à la localisation rénale, puis à la localisation hépatique des accidents», et parfois à leur localisation nerveuse.
En résumé, les formes dites gravido-toxiques des pyélonéphrites se caractérisent cliniquement par un syndrome
qui peut être réalisé au complet ou partiellement, dans lequel on rencontre :
19 des signes urinaires : symptômes de pyélonéphrite banale avec souvent des signes généraux peu intenses, une absence de rétention pyélique ou une rétention très minime contrastant avec le caractère rebelle à la thérapeutique habituelle :
20 des symptômes d’atteunte de la fonction rénale, caractérisée par une oligurie souvent très marquée et une rétention uréique rapidement progressive, s’accompagnant souvent d’hypothermie ;
30 des signes d'ordre hépatique pouvant aller du simple subictère à l’ictère grave, et s’accompagnant de symptômes d'insuffisance hépatique ;
40 une atteinte profonde de l’état général, dans laquelle peuvent prédominer soit les vomissements, soit une anémie intense pouvant prendre le type d’une anémie pernicieuse et aboutissant parfois à une véritable cachexie ;
50 des troubles d'ordre nerveux (polynévrite) ou psychique (psychose).
L’énumération de ces symptômes montre que l'infection
urinaire passe au second plan dans le tableau clinique de ce syndrome complexe et que celui-e1 apparaît avant tout comme une mamfestation de ce qu'on appelait jadis la toxémie gravidique, que le Professeur PINarD dénommait, en lui donnant un sens pathogénique, l’hépato-toxémie gravidique, et que les auteurs étrangers désignent actuellement sous le nom de « gestoses » ou de « toxicoses » —- ces dénominations n’étant qu'un moyen commode de réunir des manifestations cliniques d’ordre très varié, en liaison manifeste avec la gestation, mais dont le mécanisme reste ignoré dans l’état actuel de nos connaissances. Car, « pour légitimer l’appellation d'intoxication gravidique, on devrait mettre en évidence la substance toxique ; or, Jamais l’analyse chimique n’a permis de la déceler, ni dans les urines, ni dans le sang » (Lévy-Sorar).