‹ Contribution à l'étude de la pyélonéphrite dite "gravido-toxique"Chapitre 18 sur 67 · XVI. — Bacxrroc (Obs. I · texte numérisé non relu

XVI. — Bacxrroc (Obs. I

Primipare âgée de 18 ans.

Gestation bien supportée jusque vers le 6° mois. À ce moment surviennent des phénomènes infectieux graves, avant débuté brusquement par une température à 409, frissons répétés, sueurs profuses, douleur lombaire droite et urines troubles.

À l’entrée dans le service, l’état général est assez bon, mais les phénomènes infectieux sont très marqués. Les urines contiennent du pus et des colibacilles. Utérus gravide de 6 mois. Enfant vivant.

Malgré le traitement médical habituel, la température reste en plateau entre 39° et 400, Une hémoculture reste négative.

On pratique un cathétérisme urétéral avec lavage des deux bassinets. L'examen ehimique et bactériologique des urines séparées montre l’existence d’une pyélonéphrite bilatérale avec colibacilles à l’état pur et excrétion urinaire assez satisfaisante, diminuée cepen-

dant pour le rein droit.

Urée sanguine : 0,35.

Malgré les lavages répétés du bassinet, l’état général reste grave avec température à 4002. La malade maigrit (elle perd L kg. 500 en 7 jours). Elle présente une anémie très marquée.

Auto-vaccinothérapie. Après 3 injections d’auto-vaccin, sédation assez brusque : en 3 ou 4 jours la température tombe au-dessous de 38°.

Pendant les quinze jours suivants, l’état général s’améliore progressivement ; la température, après avoir oscillé entre 379 et 38°, redevient normale et le restera jusqu'à l'accouchement. La malade reprend du poids. Les urines sont parfois encore troubles avec colibacillurie.

L'accouchement se produit NU trois semaines avant terme : enfant vivant pesant 2.400 grammes. L'enfant, débile à la naissance, se cvanose et meurt à la 40€ heure. Les suites de couches sont normales.

XVII — Voron, Piceaup et Prizzera (in Backtrog, obs. IT). — Pyélonéphrite gravidique à forme toxique.

Primipare âgée de 21 ans.

Début au 6® mois par douleur lombaire avec fièvre.

À l'entrée, la malade est pâle ; son état général est assez mauvais ; elle se plaint de douleurs lombaires localisées à droite. Température : 280 pouls 0 ETES <

La palpation de la région lombaire droite est douloureuse : le rein n’est pas perçu. Les urines contiennent des colibacilles et des entérocoques.

Une semaine plus tard, l’état de la malade, tout en restant précaire, est cependant très amélioré et elle rentre chez elle : pas de température, pas de douleurs lombaires. Au bout de quinze jours apparaissent des vomissements répétés. La malade maigrit rapidement et bientôt apparaissent des douleurs lombaires à gauche.

Elle revient alors à la Maternité : son état général s’est aggravé et (ce qui domine la scène, c’est moins le syndrome urinaire que le syndrome de vomissements incoercibles de la gestation: »

La malade souffre de la région lombaire gauche ; la palpation y est dou'oureuse, mais ne permet pas de percevoir le rein.

Gestation de 7 mois environ : utérus gravide normalement développé. B. d. C. perçus.

Température matinale : 3705, vespérale : 3895. f

Les urines (800 grammes par 24 heures) contiennent du pus et des colibacilles à l’état pur.

Coefficient de Maillard : 15,30. Urée sanguine : 0,35.

Wassermann négatif dans le sang et le liquide céphalo-rachidien.

Cystoscopie : muqueuse vésicale très rouge, sans lésions spécifiques. Un cathétérisme urétéral droit amène l’évacuation d’une assez grande quantité d'urine purulente produite par une distension certaine du bassinet. Lavages du bassinet. Auto-vaccino-thérapie.

Malgré l’apyrexie, l’état général reste mauvais et la malade vomit de façon continue. L’amaigrissement est très marqué (elle a perdiu 5 kilogrammes en 16 jours).

L’urée sanguine s'élève à 0,45. Coefficient de Maillard : 10,38. Les jours suivants la malade vomit tous les aliments ; elle perd plus de 500 grammes par Jour ; son poids est tombé à 42 kg. 500. Elle présente une insomnie totale.

Les urines restent purulentes : la diurèse est tombée à 500 grammes par 24 heures. Coefficient de Maillard : 23,33.

Devant l’aggravation de l’état général et craignant une issue fatale, on procède à l’interruption de la gestation (bougie de Krause); gestation de 7 mois 1/2 environ. Accouchement d’un enfant vigoureux, pesant 1.750 grammes (délivrance : 320 grammes).

Les vomissements cessent 48 heures après l’accouchement. On assiste alors à une amélioration rapide de l’état général : les signes urinaires persistent, mais le syndrome toxémique a disparu.

Une eystoscopie avec cathétérisme facile des uretères, pratiquée au 18° jour des suites de couches, montre l’absence de lésions vésicales. Les urines recueillies dans les deux bassinets sont purulente et contiennent des colibacilles à l’état pur. Il existe une déficience de l’excrétion uréique et chlorurée du rein droit.

La femme quitte le service en bon état au 32€ jour des suites de couches, mais ses urines contiennent encore des colibacilles.

L'enfant est vivant et pèse 2.100 grammes.

Revue quatre mois plus tard, l’état général est excellent ; il n°v a pas de colibacilles dans les urines. L’enfant est superbe et se développe bien.

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STONES s

Un mois après, la femme revient dans le service pour avortement de six semaines. Curage digital, suites simples. Aucun symp ôme

urinaire.

XVIII — Ruenrer et Pizzera (in Backtrog, obs. IV) (1930), —

Pyélonéphrite gravidique à forme toxémique. Interruption de la y P £ MORE q D

gestalion sous anesthésie rachidienne, après mise en train du travail

à la Bougie de Krause. Guérison.

Primipare âgée de ?

Début au 6? mois par des symptômes banaux de pyélonéphrite apparus brusquement, accompagnés de signes de cystite : douleur à la miction, pollakiurie. Urines troubles avec légère hématurie. Puis douleur lombaire droite très violente, avec deux crochets thermiques à 39%5, frissons et atteinte de l’état général.

3 février 1930 : À l’entrée : température 39%, pouls à 120. Frissons. Violentes douleurs dans la région lombaire droite. La pollakiurie et la douleur à la miction ont sensiblement diminué d’intensité* Depuis deux jours sont apparus des vomissements.

La palpation bimanuelle de la région lombaire droite est particulièrement douloureuse, mais il est impossible de percevoir le rein. L'examen précise, en outre, l'existence de points douloureux dans la région costo-lombaire droite et sur le trajet de l’uretère droit.

Urines : 800 grammes par 24 heures, très troubles, contenant de très nombreux colibacilles. Tension artérielle : 9/5.

Examen général négatif : le foie n’est n1 douloureux, ni hypertro: phié. Utérus gravide de 6 mois en position normale. B. d. C. +. Le diagnostic de pyélonéphrite gravidique banale s’impose.

Traitement médical (urotropine puis bactériophage en ingestion)

Dans les Jours qui suivent son entrée, la malade se sent mieux ; les phénomènes douloureux s’apaisent et la température progressivement retombe à la normale. La diurèse atteint 1.800 à 2.200 grammes. |

Les 11 et 13 février, nouveaux crochets thermiques à 4005 et 4091, accompagnés des mêmes sÿmptômes fonctionnels et généraux.

Puis, une période d’apyrexie plus longue s’installe et il se produit une amélioration manifeste de l’état général.

Le 19 février, nouvel accès thermique moins élevé à 390 et plus

SE

passager, accès qui ne se répétera que le 26, n’attéignant alors que 3804. Ce léger accès est le dernier constaté jusqu’au 8 mars, date à laquelle la malade, se sentant tout à fait bien, quitta le service.

À Ja sortie, l’état général est, en effet, très satisfaisant. Les douleurs lombaires sont à peine estompées. Néanmoins, les urines restent troubles et contiennent de très nombreux colibacilles.

Bref, la malade a présenté des symptômes de pyélonéphrite à forme fébrile banale, et, après un mois d'évolution, tout paraissait être rentré dans l’ordre.

Le 25 mars, elle entre à nouveau dans le service, ayant présenté depuis une dizaine de jours quelques élévations thermiques à 390 et 402.

Mais surtout son aspect n’est plus celui d’une « urinaire » et le syndrome qu'elle réalise répond bien plutôt à celui d’une intoxication gravidique à allure particulièrement sévère et à évolution rapidé.

Si, d’une part, on peut noter une amélioration des signés fonctionnels dé pyélonéphrite, on est frappé d’autrè part par l'atteinte particulièrement grave de l’état général : amaigrissement considérable (14 kilos en moins d’un mois), facies subicterique, dyspnée avec cyanose légère des extrémités. Tachycardié à 120 eoïncidan: avec une température sensiblement normale.

Dépuis une semaine des vomissements à type incoercible sont apparus rendant toute alimentation impossible et la malade présente en outre un état psychique particulier avec angoisses et subdélire.

Urines : 500 grammes par 24 heures. Acétone. Pigments biliaires. Nombreux leucocvtes et polynucléaires. Très nombreux colhibacilles.

Urée sanguine : 1 or. 08.

L'interruption de la gestation, arrivée maintenant au voisinage du 8% mois, paraît nettement indiquée.

27 mars : Bougie de Krause. Le travail, déclanché rapidement, né progresse que lentement et, après 48 heures, on retrouve un col complètement effacé, entouré d’un segment inférieur remarquablement mince, mais dilaté seulement à 2 centimètres. La gravité de l’état général imposé une solution urgente : une rachianesthésie (8 centigrammes scurocaïne) permet d'obtenir en 35 minutes un enfant vivant pesant 2.350 grammes. La dilatation complète a été obtenue en dix minutes sans aucun effort par simple écartement des

Mine

doigts successivement introduits et l’extraction fut obtenue. par une très facile application de forceps en O. [. G. A.

Dès le soir, l’état de la malade est sensiblement amélioré, et, dans les jours suivants, on assiste à la rapide disparition de tous les symptômes alarmants. Les vomissements ont disparu ; Rennes tion redevient possible. Le pouls tombe à 100, puis à 90 et à 80. Pas de température. Les phénomènes psychiques disparaissent.

Les urines renferment encore un nombre considérable de eolibacilles, quelques traces de pigments biliaires. Pas de sucre, pas d’albumine, pas d’acétone.

L'urée sanguine est descendue à 0, 65 le lendemain de l’accouchement, puis à 0,25 au 9€ jour des suites de couches.

Au 12€ jour, élévation thermique passagère à 3905. \

Ce fut la dernière manifestation constatée et la malade quitte le service complètement guérie un mois après l’accouchement, en excellent état général, avant repris du poids et en état d’apvyrexie constante depuis plus de deux semaines.

L'enfant présenta dès la naissance un état anémique très ppooncs (G. R, 2.263.000) et succomba à la fin du premier mois.

En. résumé, 1l s’agit d’une pyélonéphrite grave se traduisant surtout par des signes d'intoxication qui paraissent être en rapport avec l'atteinte du parenchyme rénal bien mise en évidence par l’hyperazotémie.

XIX=Baickrsoc (Obs V}:

B., prinupare, enceinte de à mois, présente une poussée aiguë de prélonéphrite avec élévation thermique à 409, douleurs lombaires el urétlérales, pvurie et colibacillurie.

Pendant dix jours, la température est oscillante, sans amélioration des symptômes fonctionnels et généraux. Cathétérisme des uretères avec instillations de nitrate d’argent dans le bassinet droit.

Après quelques jours de rémission, les accidents se reproduisent, revêtant une allure très aigë ;

Douleurs lombo-adbominales droites.

Température à grandes oscillations entre 3822 et 410.

Cette situation se prolonge pendant quinze jours environ, puis on constate une altération progressive de l’état général jusque-là résistant avec, secondairement, alternatives d'excitation et de somnolence.

On envisage l interruption de la gestation, lorsque spontanément se produit un accouchement prématuré à 6 mois 1/2. L’enfant ne vit que quelques instants.

La température baisse dès le lendemain pour revenir à la normale en une semaine, les suites de couches sont normales, la colibacillurie a disparu au bout de trois semaines.

Deux ans après, deuxième gestation. Accouchement à terme d’un enfant pesant 4.000 grammes. Césarienne basse en raison d’un rétrécissement du bassin. Ni pendant la gestation, ni pendant les suites opératoires, elle ne présente le moindre réveil de l'infection

pyélique antérieure.

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