‹ Contribution à l'étude de la pyélonéphrite dite "gravido-toxique"Chapitre 37 sur 67 · D LE · texte numérisé non relu

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guère d'exemple d’amaigrissement aussi marqué et aussi rapide dans son évolution, capable de faire perdre à la malade un tiers de son poids initial en l’espace de quelques semaines, si ce n’est au cours de l’évolution de certains abcès du cerveau.

d) Anémie. — L’anémue est-elle un symptôme constant dans les formes dites gravido-toxiques ? |

Cliniquement, si on se contente d'apprécier l’état d’anémie par la pâleur de la face, la décoloration des téguments et des muqueuses, la rapidité du pouls, on constate qu’un certain degré d’anémie plus ou moins intense existe toujours.

Si on veut mettre en évidence l'intensité de lPanémie par la numération globulaire, on s'aperçoit que dans quelques cas l’anémie est considérable au-dessous de 2.000.000 de globules rouges, mais que le plus souvent elle est modérée, aux environs de 3.000.000.

L’anémie, prise isolément, n’a qu’une importance restrente dans la constitution du syndrome. Elle n’est qu’un élément parmi ceux qui marquent l’altération profonde de l’état général.

Les premiers symptômes de l’anémie apparaissent insidieusement : on voit de jour en jour la malade pâhr, et ses muqueuses se décolorer, tandis que son pouls s’accélère. La malade devient extrêmement faible : les vertiges, la lHipothymie vont en s’accentuant, et bientôt la moindre fatigue sera susceptible de provoquer une syncope.

Le cas le plus net d’anémie coexistant avec une pyélonéphrite gravidique a été publié par le Professeur Fruüumixs- HoLz dans son observation II de 1929: le diagnostic d’anémie pernicieuse gravidique chez une primigeste enceinte. de 5 mois avait été porté par le médecin, et c’est dans un état impressionnant que la malade fut amenée à la Maternité. « Elle est d’une pâleur extrême avec des reflets jaunes et verdâtres ; elle présente une orthopnée extrêmement pémible. Les traits sont angoissés. La respiration met en action,

non seulement les muscles du cou qui soulèvent le thorax, mais encore les muscles commissuraux des lèvres. Il y a un subictère très léger. La malade a la sensation de sa mort imminente et on doute, à la voir, qu’elle puisse passer la nuit. Elle tousse légèrement, elle est couverte de sueurs froides et reste demi-assise dans son lit. Il existe un souffle anémique intense à l’auseultation de la zone méso-cardiaque. Tension artérielle 10,5-5, 5 (Pachon). La palpation du rein droit et du trajet de l’uretère est nettement douloureuse. Les urines sont rares et troubles ». Une transfusion sanguine de 350 cc. permit de provoquer l’avortement dans la nuit. Dès le lendemain matin la malade est transformée : «Tout en restant d’une pâleur très accusée, elle respire plus librement, la vue qui s’était obnubilée est plus nette. Le pouls à 108 est mieux frappé ». Une numération globulaire, pratiquée le lendemain de l’avortement donne 1.455.500 globules rouges avec quelques hématies nuclées (6 novembre).

- Le 11 novembre — soit 5 jours plus tard : 1.600.000 G. R.

Le 21 novembre — soit 16 jours après l’avortement, 4.150.000 globules rouges.

De tels chiffres donnent une idée de l’intensité que peut atteindre l’anémie, et surtout de la rapidité avec laquelle se fait la régénération sanguine après l’évacuation de l'utérus.

Chez la malade d’Anxperopras, GAurTRET et Bouc dont nous avons noté déjà l’amaigrissement considérable, une anémie prononcée se mamfestait dès le début de la maladie par la décoloration de la peau et des muqueuses et l’accélération du pouls. Elle a été authentifiée seulement à partir du 8€ Jour des suites de couches par des numérations globulaires qui ont montré une réfection sanguine progressive.

En même temps, le pouls diminuait de fréquence, tandis que la pyurie et le nombre des colibacilles dans les urines demeuraient à peu près stationnaires.

Date dans les $. de C. 8° jour 15e jour 22e jour 33° jour 2.540.000 2.820.000 3.360.000 3.520.000

Hémoglobine 5.80 80 %

Valeur g'obulaire … . 152 LT

Parmi les autres observations, nous relevons, comme chiffres les plus bas trouvés au cours de l’évolution de la maladie, ceux de Backrroc (obs. ! : 2.700.000) et de Kzaus (obs. I : Baudelocque : 2.720.000, avec hémoglobine : 60 %)). |

Dans les autres observations recueillies à Ia: clinique Baudelocque nous n’avons pas trouvé d’anémie aussi intense que celle signalée par le professeur FRUHINSHOLZ, mais seulement une diminution notable du nombre des globules rouges avoisinant le chiffre de 3 millions à 3.100.000. Cette diminution du nombre des hématies s’accompagnait d’une pâleur plus ou moins marquée des téguments avec décoloration des muqueuses et des conjonctives, et d’un état de faiblesse avec lipothymie.

Dans les autres observations, 1l est fréquemment noté. que la malade est « pâle », que l’anémie est très « marquée » ou qu'elle est considérable, mais l’absence de numération globulaire ne permet ni d’en apprécier l'intensité, ni d’en suivre lPévolution.

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