‹ Contribution à l'étude de la pyélonéphrite dite "gravido-toxique"Chapitre 38 sur 67 · DE L’ATTEINTE RÉNALE · texte numérisé non relu

DE L’ATTEINTE RÉNALE

On sait que, dans les pyélonéphrites fébriles banales, après une phase initiale d’oligurie, et après des alternatives d'oligurie et de débâcle urinaire en rapport avec les phases

OL ot t

de rétention, et d'évacuation du bassinet, la diurèse aug-

mente dès que les signes généraux et la fièvre disparaissent.

Dans les formes cliniques que nous envisageons, l’oligurie apparaît comme un symptôme presque constant et d’apparition précoce.

Tantôt elle s’installe d'emblée dès l’apparition des premières crises douloureuses et de la pyurie. |

Tantôt elle est d'apparition plus tardive, succédant à l’évolution d’une pyélonéphrite fébrile banale.

Elle est parfois modérée, la malade émet 700 à 800 grammes d’urines par 24 heures.

Tantôt, au contraire, elle est très marquée, la malade émettant moins de 500 grammes d’une véritable boue urinaire, rougeàtre et parfois fétide. L’oligurie est persistante, malgré des améliorations transitoires pendant lesquelles la diurèse redevient normale. Elle dure pendant toute l’évolution de la maladie jusqu’à l'évacuation de l’utérus gravide. Elle est rebelle aux thérapeutiques habituelles. L’absorption d’une quantité abondante de liquide, de tisanes en particulier, que la malade absorbe, d’ailleurs, souvent avec difficultés, ne la fait pas céder. Il en est de même des injections sous-

“cutanées ou intra-veineuses de sérum glucosé isotonique ou hypertonique.

Elle coïncide parfois avec un débit et une concentration urinaire de l’urée et des chlorures sensiblement normaux, et avec un taux d’urée relativement peu élevé.

Dans d’autres cas, au contraire, elle n’est qu’un élément du syndrome de déficience rénale : un cathétérisme urétéral avec séparation des urines, peut permettre de mettre en évidence une déficience fonctionnelle plus marquée d’un des deux reins.

De toute façon, l’oligurie apparaît comme un élément de haute gravité, sa persistance ne permet pas de voir son origine dans une rétention massive d’urine dans le bassinet : cliniquement, l’absence de gros rein, par hydronéphrose ou

arogse

par pyonéphrose, — d’une façon plus précise encore, un cathétérisme urétéral révélant lexistence d’une rétention pyélique minime ou même l'absence complète de rétention, permettent d'éliminer rapidement cette intérprétation. Il s’agit bien d’une oligurie par mauvais fonctionnement du filtre rénal ; sa persistance et son intensité souvent progressivement croissante en font un élément de très fâcheux pronostie, qui a, dans plus d’un cas, contribué à faire poser l'indication de l'interruption de la gestation.

L'oligurie est d’ailleurs un des symptômes alarmants qui s’améliorent le plus rapidement après l’évacuation spontanée ou provoquée de Putérus.

À côté de loligurie, les signes de ete rénale sont fournis essentiellement par des recherches de laboratoire : recherche de l’azotémie, de la concentration urinaire’ de l’urée et des chlorures, de la cylindrurie, de l’élimination urinaire de substances colorées (phénolsulfonephtaléine).

Les manifestations d’ordre rénal ont été les premières à attirer l’attention du professeur FruHINsHorz quand il publia son observation « d’un cas atypique de pyéhte oravidique à forme urémique avec azotémie et cachexie prédominantes » ; la viciation du fonctionnement rénal était marquée par une azoténue très accusée.

Azotémie. — La recherche de l’azotémie donne des chiffres variables. En tenant compte des réserves que l’oligurie marquée oblige à faire sur la valeur des chiffres trouvés, il est fréquent de voir une augmentation nette, parfois considérable, de l’urée sanguine, alors que ceelle-ei est abaissée chez la femme enceinte normale : Czersz et LAupaT donnent le chiffre moyen de 0,247 ; Larronr et Macmesac celui de 0,25 pour les primipares, et de 0,34 pour les multipares.

Dans la première observation du professeur Fruhinsholz de 1923, le chiffre d’urée sanguine était de 2 gr. 02, deux jours avant l’interruption de la gestation, alors que la malade était dans un état grave. Huit jours après l'avortement,

SRE, BEM

l’urée sanguine était tombée à 0,76, et quinze jours après, à 0,45. « Ce qui nettement domine, écrit le professeur Fruhinsholz, c’est un état d’anémie plus ou moins analogue à ces « urémies curables » décrites par Caevassu, et dont certaines n'ont d'autre symptomatologie que l’amaigrissement, l’insomnie, l’anorexie et les troubles digestifs ». L’élimination urinaire peut être abondante — et elle l'était dans le cas particulier — ce qui n'empêche pas une azotémie profonde avec son risque mortel. Celui-ci commandait l'avortement provoqué : les événements ont confirmé le bien fondé d’une telle indication ».

Dans lobservation de Ruenrer et PicsauD (1925), l’urée sanguine était montée jusqu’à 4 grammes quand on décida d'interrompre la gestation : «les urines étaient rares », mais le chiffre de la diurèse n’est pas indiqué. La malade est morte deux jours après l’intervention.

Dans l'observation de RuesnTer et Pizzara 1930 (obs. BackrroG, IV) l’urée sanguine était à 1 gr. 08, coïncidant avec une diurèse inférieure à 500 cc. quand fut posée l’indication de l'interruption de la gestation. Le taux de l’urée tomba à 0,65 trois jours après, puis à 0,25 dix jours après Pinterruption.

Dans notre observation III, l’urée sanguine était à 1 gr. 69 la veille de l'interruption de la gestation, coïncidant avec une oligurie très marquée (300 cc. en 24 heures).

Dans les jours qui suivirent l'interruption, on assista à une élévation considérable, mais transitoire, du taux de l’'urée sanguine :

Pendant ce temps, la malade était hypothermique et la diurèse oscillait entre 500 cc. et un litre ; une débâcle urinaire survint le 122 jour, portant le taux des urines de 700 cc, à 1.500 cc. du jour au lendemain, le chiffre de 1.500 ce. se maintenant les jours suivants. À la date où l’urée sanguine était à 4 gr. 20 (6€ jour des suites de couches), la glycémie (0,97) était sensiblement normale et les chlorures sanguins

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