ÉcnEc DES TRAITEMENTS HABITUELS
S'il est peu conforme à l'esprit clinique d’accorder une part capitale à la thérapeutique dans la guérison de certains états pathologiques, il est important, en revanche, de tenir compte de l’échec prolongé de la thérapeutique dans une maladie dont la tendance vers la guérison spontanée est connue ; tel est le cas de la forme habituelle de la pyélonéphrite au cours de la gestation. L’échec du cathétérisme des
uretères est d'autant plus frappant qu’il peut être considéré comme une thérapeutique « pierre de touche ».
Le professeur CouveLAIRE, d'accord avec beaucoup d'auteurs, enseigne que la plupart des infections pyélorénales aiguës survenant au cours de la gestation évoluent rapidement vers la guérison spontanée. Dans ces cas « le traitement hygiénique sulflit et les traitements surajoutés paraissent inutiles ».
Mais la persistance de l’état fébrile et laecentuation des réactions locales commandent avant tout l'établissement du drainage du bassinet par cathétérisme avec sonde à demeure. « C’est en tout cas le seul traitement, si la distension vésicale de PasrEAuU n’a pas donné le résultat escompté. Ce cathétérisme a d’ailleurs l’avantage de préciser l’état des voies urinaires et de diagnostiquer la nature de l’obstacle à l’écoulement des urines. »
Or, ce qui caractérise précisément les formes gravidotoxiques, c’est quelles résistent à l’action du traitement médical ou urologique. Dans toutes les observations, les malades ont été soumises au traitement médical (régime, antiseptiques, urinaires) complété souvent par auto-ou stock-vaccins, par le bactériophage ou par le sérum anticolibacillaire. Ce traitement n’a été suivi d’aucune amélioration persistante et d'aucune guérison.
Il en a été de même des distensions vésicales et du cathétérisme urétéral, avec ou sans sonde à demeure, avec ou sans lavage du bassinet. Le cathétérisme uni ou bilatéral a été pratiqué 16 fois, et une fois 1l a été impossible. 7 fois seulement 1l a mis en évidence une rétention pyélique notable qui n’a Jamais été supérieure à 40 cc.
Les méthodes urologiques ont été suivies :
— Tantôt d’échec complet : aucune amélioration n’a été notée ; ni dans les symptômes infectieux, n1 dans les symptômes d’ordre toxique ;
— Tantôt d'échec partiel, avec : amélioration transitoire
des phénomènes infectieux, mais sans aucune modification des symptômes toxiques,
Il est noté, par exemple, dans l’observation d’ANDERODIAS, Gaurrer et Bouc, qu’à la suite du cathétérisme de l’uretère droit avec sonde à demeure pendant quatre jours et lavages répétés au nitrate d'argent, « la douleur lombaire droite a disparu, la température est normale, mais les vomissements persistent, puis augmentent ». Puis apparaît un état cachectique, avec amaigrissement considérable, anémie et subictère, qui fait envisager l’interruption de la gestation. Mais une amélioration de l’état général survient, malgré la persistance de la pyurie, qui permet à la gestation de durer encore plus de trois semaines, et de se terminer par un accouchement prématuré au 8€ mois.
De’ même dans l'observation d’Arrivar et BrEMox», l'emploi répété à quatre reprises du cathétérisme avec sonde à demeure n’empêcha pas une aggravation continue de l’état de la malade, à laquelle s'oppose la rapidité de la guérison après lévacuation utérine. | En présence de ce groupe de faits : altération grave et progressive de l’état général, existence de symptômes d’ordre toxique, et échec des traitements médicaux et urologiques, on est conduit à envisager l’emploi d’autres thérapeutiques à action rapide, et aussi peu shockantes que possible ; elles sont imposées par l’état extrêmement grave des malades, qui fait redouter une issue fatale à bref délai.