AR EURE
gène contre lequel l'organisme se défend par la production d’anti-corps.
Albarran et Mosny, les premiers, tentèrent la préparation d’un sérum anticolibacillaire. Efficace au laboratoire, il se montra inactif en clinique.
Rodet reprit ultérieurement ces essais mais
n'aboutit pas.
-S. E. Lewis en 1913, publie un cas d'infection coli- -bacillaire du rein traité par le sérum anti-colibacil-
laire (Burroughs et Welcome).
! Weinberg et Prévot, en 1927, préparent un sérum À anti-colibacillaire par injections d’auto-lysat formolé. Cet essai fut meilleur que les précédents, mais le sérum n’était pas actif contre toutes les £ souches. Un nouvel essai infructueux fut tenté en
AUNINEEX €
Le sérum de Vincent. — Le professeur H. Vincent après des recherches nombreuses sur le colibacille, met en évidence la propriété commune et caractéristique à toutes les races, de sécréter deux toxines : neurotrope et entérotrope, identiques, que nous avons étudiées plus haut.
Partant de ce principe, il a préparé son sérum polyvalent.
Il inocule au cheval des cultures microbiennes à dose très progressives.
Au début, le sérum donnait de vives réactions sériques. On changea de cheval, ce dernier fournit
un sérum aussi actif mais donnant des réactions
HABANEE
moindres ou nulles. Le sérum préparé actuellement est désalbuminé, c'est-à-dire débarrassé des éléments protéiniques inutiles à la production de l’immunité, et qui sont même nocifs, ils entraînent même Île vieillissement du sérum.Onne garde que la pseudoglobuline inoffensive, la mieux tolérée, et qui, surtout, sert de support essentiel aux anti-corps. Ce sérum désalbuminé et purifié est d’une activité thérapeutique théoriquement illimitée ; cependant on peutévaluer à cinq ans au maximum sa durée d’activité.
Il peut être employé par toutes les voies : souscutanée, intra-musculaire, intra-veineuse, buccale, locale, en lavages de la vessie et du bassinet. Hire jection sous-cutanée est suffisante, et d’ailleurs le plus souvent utilisée. On la fait dans le tissu cellulaire sous-cutané des parties latérales de l’abdomen ou de la face externe de la cuisse. Il faut pousser lentement l'injection, ne pas masser, après, la peau distendue. En cas de tension douloureuse ou érythémateuse, on appliquera des compresses chaudes. Si on emploie l'injectionintra. veineuse, il faut injecter le sérum tiède (37°) dans une veine du pli du coude. Si la malade a déjà reçu, antérieurement. un sérum thérapeutique, d’origine équiae, on peut injecter généralement, sans inconvénient, le sérum désalbuminé. Cependant, il vaut mieux désensibiliser la malade par la méthode de Besredka : injection sous-cutanée deux ou trois heures auparavant
d'un centimètre cube de sérum.
ue Z :
SPAS TGA.
Le sérum de Vincent apporte une immunité passive de 15 jours environ. Si la cause d'infection per= siste, il faut craindre une récidive et réinjecter du sérum pendant un temps suffisamment prolongé. La dose la plus employée est celle de 20 cmc. souscutanée par Jour, pendant quatre jours de suite.
Dans les formes graves, ia dose quotidienne doit être portée à 40 cme. et même 60 cmc. et renouvelée pendant une semaine. La voie sous-cutanée est suffisante, mais on pourra employer, si on le désire, la voie intra-veineuse. Si au bout de quatre à huit injections sous-cutanées, le résultat n’est pas obtenu, on administrera 20 à 40 cmc. de sérum par voie buccale, tous les matins à jeun, pendant cinq à huit jours encore.
En cas d'échec du traitement sous-cutané, on pourra lui adjoindre le traitement par les lavages du bassinet ou de la vessie avec le sérum. Le professeur Vincent a montré que les anti-corps apportés massivement ne filtrent que faiblement ou passagèrement dans l'urine, et d'autant moins que le rein est moins atteint. Ils ne peuvent ainsi détruire complètement le colibacille, c'est pourquoi il y a avantage à employer le traitement local concomitant qui atteint le microbe dans tous ses repaires pyélo urétéraux. Il est des cas bien étudiés par le professeur Vincent où le sérum peut, à lui seul, entrainer la guérison, en raison de la grande quantité d’anti-corps que le rein laisse passer dans le milieu urinaire, Ce passage sera d'autant plus impor-
Mu OS as
tant que le rein est plus lésé, les anti corps filtrant à travers la brèche rénale. On a observé, à plusieurs reprises, ce fait en apparence paradoxal que, plus la pyélonéphrite est accusée, plus la suppuration est abondante, plus la sérothérapie est efficace. L'état de porteur de germes, et celui de colibacilluriques stabilisés, s'expliquent aisément par ce passage très réduit des anti-corps.
Lorsque après la troisième ou quatrième injection de sérum, l'urine ne s’est pas éclaircie suffisamment, le professeur Vincent conseille formellement de faire des lavages du bassinet et de la vessie. On emploiera la solution de nitrate d'argent. On répétera ces lavages afin de débarrasser les malades de ce reliquat colibacillaire.
L'action du sérum est souvent incomplète ou nulle si l’on n’a pas traité auparavant les lésions mécaniques associées à la colibacillose urinaire. C’est là une cause d'échec commune à tous les traitements biologiques, mais moins fréquente avec le sérum. Dans ces conditions, la sérothérapie devrait être suivie d'échec dans la pyélonéphrite gravidique où le facteur rétention est si important. Nous allons voir qu'il n’en est pas toujours ainsi.