HISTORIQUE
Dès 1861, Rayer ‘dans son Traité des Maladies des Reins avait entrevu l'existence de la pyélonéphrite des femmes enceintes.
En 1889, Albarran dans sa thèse, montre la possibilité de l’infection rénale par voie sanguine.
En 1891, Achard et Renault, par une de leurs observations, attirent l’attention sur la possibilité de l’origine sanguine d'une pyélonéphrite gravidique.
En 1892, Reblaud, dans son mémoire Des Infections du Rein et du Bassinet consécutives à la compression de l'uretère par l'utérus gravide, basé sur des observations recueillies dans le service de Guyon, reconnaît l'agent habituel de ces infections, le colibacille. Il constate le polymorphisme de ces infections dans leurs manifestations cliniques ; montre la difficulté du diagnostic avant l’apparition de la suppuration, la variabilité de leur évolution, soit qu’elles guérissent après l’accouchement, soit qu’elles persistent et entraînent une pyonéphrose nécessitant une intervention chirurgicale.
Au point de vue pathogénique, Reblaud émet l'hypothèse de l’origine intestinale du colibacille, de son arrivée au rein par voie sanguine, et de sa
fixation dans les voies urinaires supérieures, à la faveur de la légère hydronéphrose consécutive à la compression mécanique de l'uretère par l'utérus gravide.
A partir de 1892, les travaux se succèdent nombreux. Ceux de Bar surtout, ont permis de compléter et de corriger les premiers travaux de Reblaud.
En 1904, il démontre les détails du processus de l'infection dans les pyélonéphrites de la grossesse, en prenant sur le fait le mécanisme de contamination par voie sanguine. Il trouve, en effet, par hémoculture du sang de femmes enceintes avec suppuration urinaire, le colibacille. Quelquefois, il le trouve à la période pré suppurative dont il a démontré l’existence et qu'il a ainsi dénommée.
Il met, d'autre part, cette colibacillémie sous la dépendance des troubles intestinaux si fréquents chez la femme enceinte. Il montre que la pyurie peut être précédée d’une phase de bactériurie.
Cathala, son élève, qui avait mis en valeur ces faits dans sa thèse, en 1904, condense en 1905, dans un travail tous les arguments en faveur de cette thèse, que tous les accoucheurs admettent aujourd’hui.
En 1912, une observation tout à fait concluante de Widal et R. Bénard confirme ces travax.
En 1995, et dans ces dernières années, le Professeur H. Vincent communique à l’Académie des
Sciences, à la Société de Biologie, et à l’Académie
à ù de Méd
h ches sur la pathogénie de la colibacillurie, les
, les résultats de ses nouvelles recher-
Je Pa]
ecine
toxines du colibacille, il établit les bases expérimentales de la sérothérapie anticolibacillaire et met au point un nouveau sérum, dont il relate les effets.
En 1996. Philippart et de Graeve présentent un rapport sur les colibacilluries, à l'Assemblée Générale de la Société Belge d'Urologie.
En 1930, le Professeur Lepoutre, de Lille, publie un travail remarquable sur les Bactériuries, Pyélites et Pyélonéphrites.
La même année, le Professeur Spyridion Oeconomos, d'Athènes, présente un rapport très documenté, au Congrès de la Société Internationale d’Urologie, sur l'infection colibacillaire de l’appareil urinaire.
ÉTIOLOGIE ET PATHOGÉNIE
Les pyélonéphrites à colibacilles sont, de beaucoup, les plus fréquentes, non seulement pendant la grossesse (85 à 90 %, Lepoutre) mais encore, en
général.
Le colibacille.
Historique. — Le colibacille fut décrit, en 1879, sous le nom de bacille de Bouchard. En 1884, Escherich le découvre dans les selles des jeunes enfants. En 1887, Clado le découvre dans les urines et l’appelle bactérie septique de la vessie. En 1888, Ultzmann dans ses lecons cliniques sur la bactériurie, dit que, le plus souvent, on a aflaire aux bactéries de la putréfaction qui pullulent dans l’intestin. À la suite des travaux de Clado, Albarran et Halié on admettait que la bactérie septique de la vessie ou bacterium pyogenes qu’ils avaient décrit, était une espèce autonome; ils avaient précisé ses caractères et montré son rôle dans l'infection urinaire. En 1891, Achard et Renault montrent l'identité de cette bactérie et du colibacille. Ils montrent aussi que, sous le nom de bactérie pyogène, on avait décrit plusieurs types de microbes très voisins. Le
colibacille est un de ces types. Il en existe un autre,
Ed 7 y ses
le bacterium-lactis aero-genes dont Morelle (de Louvain) a établi l'identité avec la bactérie pyogène. Mais le procédé de la vaccination des milieux de culture met en évidence de légères différences.
Etude bactériologique.
Le colibacille est un saprophyte constant du tube digestif, où il se multiplie abondamment dans l’intestin et, en particulier dans le côlon, d’où le nom qui lui a été donné. Il envahit le tube digestif humain dès les premières heures de la naissance (1). De là, il passe dans la bouche, le vagin, la peau où il n'existe qu’à l’état d’unités. Dans l'intestin adulte, il y en aurait 100 à 200 milliards d’après Strassburger. C’est le microbe prédominant de l'intestin.
D'une vitalité extrême, il résiste dans la nature à toutes les intempéries, il est repiquable après plu-
sieurs mois dans les cultures.
Forme et coloration. — C'est un bacille polymorphe. On le décrit trapu, rectiligne, aux extrémités arrondies, de À à 5u de long, sur 0 &, 4 à Ou,7 d'épaisseur. Il ne forme pas de spores n'à pas de capsule. Ilest souvent mobile grâce à des cils courts et grêles,au nombre de 4 à 6. Sa mobilité peut manquer. Il se colore facilement par tous les colorants.
Ses formes courtes peuvent présenter parfois une
1. Une demi-heure après la naissance, on le trouve dans le selles du nourrisson.
coloration bi-polaire. Il se décolore par la méthode
de Gram.
Fisch a montré qu’il se multiplie dans l’urine de la vessie, puis dans le bocal d'urine et que ces divisions successives apportent des modifications qui le rendent méconnaissable. On‘trouve des formes courtes, longues, en chaïnette.
Mais, la culture, ramène toutes ces formes à une seule espèce. On peut cependant trouver, dans la même culture, des formes courtes, cocco-bacillaires ou de véritables filaments. Si l’on pratique un examen direct, il faut donc le faire le plus tôt possible après l'émission.
Mais, pour bien identifier le colibacille, la culture est nécessaire.
Cultures. — Le colibacille, cultive facilement sur tous les milieux usuels, à toutes les températures, mêmes les plus basses, et les plus élevées (460). Optimum à 379 380.
C'est un anaérobie facultatif.
Il ne liquéfie pas la gélatine. Il coagule le lait, fait virer au rouge le tournesol bleu. Il produit de l'indol], en culture dans l’eau peptonée. Il fait fermenter le lactose et divers autres hydrates de carbone.
C’est le microbe dont la rapidité de multiplication est la plus grande. En quatre à cinq heures déjà, il détermine un trouble abondant du bouillon qui,
après agitation, présente partransparence des ondes
AT Ha | je moirées ; au bout de 48 heures, le bouillon s’éclais cit légèrement et il se produit au fond du tube un dépôt floconneux, et à la surface, une pellicule légère qui se désagrège eu laissant une petite collerette collée au verre.
L'acidité de l'urine favorise le développement du colibacille, Dans l’urine alcaline, le colibacille peut continuer à vivre mais il ne provoque que rarement des effets désastreux (Kidd). Le Professeur Vincent a montré que les urines alcalines des herbivores sont peu favorables au développement du colibacille.
Races. — Elles sont très nombreuses, Wulff sur 100 cultures, en trouva 50 variétés différentes. On ne peut les classer nettement, suivant leurs caractères, les propriétés des cultures (sécrétion d’indol, action hémolytique, fermentation de divers sucres, de etc.) les réactions humorales. Ces caractères varient,
et sous l'influence des facteurs les plus divers. On a donné à ces variétés les noms de: communis, | communior, vulgaris, inversus, immobilis, hemoly- | ticus..….
On peut se demander si les plus éloignés du type 4 normal, appelés paracoliques ou coliformes méritent | tous d’être rangés dans le groupe colibacille, et si quelques-uns ne seraient pas des micro-organismes distincts.
« Cette question, écrit le Professeur Vincent, est très importante au double point de vue théorique
LPAG
et immunologique. La préparation du sérum anticolibacillaire soulève, en effet, le problème de l’unicité réelle ou de la pluralité des races du colibacille, puisque l'efficacité du sérum est essentiellement fonction de la nature et des qualités de l’antigène inoculé aux chevaux.
Le Professeur Vincent a étudié les propriétés immunigènes réciproques, des bacilles du type communis où communior et des races atypiques. Les cultures croisées en gélose vaccinée avec des colibacilles de différents types sont restées négatives. Mais ces études n’ont pu résoudre la question de l'identité ou de la disparité fondamentales des bactéries rangées dans le groupe colibacille. Il a montré que tous ces microbes produisent une exotoxine neurotrope thermolabile, constante, une endctoxine entérotrope thermostabile, et que les corps bacillaires contiennent une protéine toxique qui résiste à la température de 4000 et tue la souris. Il résulte de ces expériences que « le pouvoir toxique des colibacilles est indépendant de la race des microbes et de leurs autres particularités biologiques... » Colibacilles vrais et paracolibacilles ont donc manifesté la propriété commune de fabriquer ces toxines. La différence n’est qu’une question de quantité et non
de qualité, une simple variation d'indice toxique,
Recherche.— La recherche, l'isolement et la détermination du bacillus coli doivent être faits avec la
plus grande précision possible. Nous avons vu, que
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