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CHAPITRE V

Résultats de la pyothérapie

Les observations nombreuses relevées par différents vétérinaires permettent d'affirmer que l'inoculation des dilutions de pus stérilisé, quand elle accompagne un traitement chirurgical approprié, donne d’heureux résultats dans le traitement des suppurations banales qui relèvent de l’action isolée ou associée des germes pyogènes vulgaires. « La pyothérapie agit directement sur les différents éléments constitutifs de l’inflammation : l'état fluxionnaire, la sécrétion purulente, la douleur inflammatoire, les réactions cellulaires. » (VELU.)

1° Etat fluxionnaire. — Consécutivement aux injections d’'émulsion de pus, il se produit aw niveau des plaies des modifications vasculaires accusées : vaso-dilatation intense, hémorragies en nappe facilement provoquées, tissu lisse, très vascularisé.

OS € 2 Sécrélion purulente. — Tout d'abord la plaie se déterge, la suppuration augmente, les enduits diphtéroïdes ou bien les plaques plombées disparaissent; Chanier a observé l'élimination spontanée de lambeaux, de tissu mortifiés, opérant un véritable neltoyage de la plaie, Ce nettoyage n’est cependant pas toujours complet, surtout quand il existe de gros foyers de nécrose. Il ne dispense pas de l’intervention chirurgicale. | «€ Lorsque la phase positive s'établit, les caractères de la suppuralion se modifient. Ces modificabons sont bien nettes vers le 8° ou le 10° jour ; le pus devient beaucoup moins abondant. La plaie est alors recouverte par un exsudat plasmatique où muqueux très pauvre en globules blancs. Dans les cas heureux, cet exsudat se concrète en croûtes brunâtres sous lesquelles la cicatrisation se poursuit sans suppuration.

« 3° La douleur inflammatoire. — L'atténuation de la douleur inflammatoire est toujours très marquée... Dans les suppurations banales, elle est si nette que souvent il est inutile d’avoir recours à des moyens de contrainte pour empêcher les grattages. (Chez le chien, Velu a pu observer, à la suite des injections, la suppression d’un prurit intense au niveau de plaques d’eczéma...) Cette atténuation de la douleur offre le gros avantage de permettre la suppression des pansements protecteurs, d’un prix de revient très élevé, qui facilitent chez nos malades

la macération par le pus des tissus de nouvelle for- :

mation.

« 4 Les réactions cellulaires. — Des modifications cellulaires doivent également se produire. Elles se traduisent par l'apparition de très petits bourgeons fins et denses, d’une belle couleur rouge, constiluant une surface lisse, bien vasculaire, évoluant rapidement vers la réparation totale, sans suppuration et sans cicatrice déformante. « La rapidité de ce travail de cicatrisation est parfois teHe, qu’elle dépasse tout ce que l’on peut imaginer. » (CHANIER.)

« En définitive, la pyothérapie, qui n’est pas une panacée, constitue un adjuvant puissant de l'intervention chirurgicale. Elle entraîne une cicatrisation plus régulière en un temps plus court.

« Malheureusement, il est difficile de traduire ces faits par des chiffres. La cicatrisation des plaies superficielles n'obéit pas à des lois ayant une rigueur mathématique ; d'autre part, si l'on admet aisément qu'un sérum spécifique, le sérum antidiphtérique par exemple, guérit sûrement l'affection contre laquelle il est préparé, on n'accepte pas avec la même facilité, l'efficacité d’une médication utilisée dans le traitement de lésions qui peuvent guérir seules. » (VELU.) .

D'après les relations cliniques portées à notre connaissance, par des confrères obligeants, et celles consignées plus loin, les résullats obtenus par la pyothérapie varient avec l’âge du sujet, son état d'entretien, la préexistence et à plus forle raison la coexistence d’une affection cachectisante, l'ancienneté de la lésion traitée et les médications employées.

C'est ainsi que le succès est d'autant plus certain

50e que le sujet est jeune ou adulte, en bon état de santé, et

que la lésion est de date récente et non traitée par des antiseptiques caustiques.

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