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CHAPITRE I

Historique

« C'est à Duncan que revient le mérite d'avoir eu le premier l’idée d'employer le pus comme agent thérapeutique dans le but d’activer la production des opsonines. Sa méthode de traitement des maladies infectieuses a été dénommée l’autothérapie. C'était l'application directe de la doctrine de l’auto-inoculation de Wright, d'après laquelle la guérison spontanée résulte de la production, dans les liquides organiques, de substances immunisantes provoquées par la pénétration dans l'organisme des bactéries provenant du foyer d'infection et de leurs produits solubles. Aux vaccins autogènes, Duncan substituait le pus et les tissus nécrosés, « milieu de culture idéal contenant la totalité des substances toxiques provenant du développement bactérien ».

« En 1912, Mangan utilise la méthode de Duncan sur le cheval et donne trois techniques de préparation du pyovaccin.

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« En 1915, au cours de leurs recherches sur la gangrène gazeuse, Weinberg et Seguin ont pensé que, « pour agir vite et obtenir un vaccin correspondant vraiment à chaque infection de la plaie, il serait beaucoup plus simple de préparer d'emblée un vaccin, soit avec la sérosité, soitavec du pus du malade ». Ils constatent que la présence même d'un grand nombre de leucocytes dans l’autovaccin iodé total qu'ils ont employé n’a jamais paru incommoder les malades.

« À la même époque, Belin essaye de traiter les plaies suppurantes des chevaux blessés à l’aide du pus soumis à l’action de l’éther durant un temps suffisant pour tuer les germes microbiens ; ses premières tentatives n'aboutirent pas ; mais, à la suite de la communication de Delbet sur lauto-pyovaccination, il reprend ses expériences, donne une technique extrêmement simple de préparation du vaccin et traite deux chevaux vraisemblablement atteints de lymphangite épizootique ». (VELU.)

La lecture du petit opuscule du D' René Gaultier sur les « opsonines et la thérapeutique opsonisante », et plus particulièrement du chapitre relatif à la vaccinothérapie de la furonculose, donna l’idée à Velu d'essayer les vaccins de Wright dans le traitement de la lymphangite épizootique ; le travail de Belin lui permit de la réaliser et de mettre au point un procédé de traitement curatif de cette affection par le « pyovaccin polyvalent ».

« Poursuivant ses recherches sur les autovaccins, Belin précise sa technique et l’applique au traite-

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CAT ment de la lymphangite épizootique et ulcéreuse.

« Jusqu'à ce moment, tous les expérimentateurs considèrent la dilution du pus comme un « pyovaccin », devant son action bienfaisante aux corps microbiens qu'elle renferme, et la méthode de traitement comme une « vaccinothérapie » dérivée dé la méthode de Wright. » (VELu).

Velu constate alors, que le pus à cryptocoques stérilisé n’a pas une action rigoureusement spécifique et qu'il se montre efficace dans les affections qui n'ont rien de commun avec la lymphangite épizootique : plaies délabrantes, fistules rebelles, arthrites traumatiques, suppurations diverses. |

Cette constatation de la non spécificité du pyovaccin à cryptocoques et de l'efficacité dans la lymphangite ulcéreuse d’un pyovaccin très -pauvre en germes amène Bridré à démontrer que «les dilutions de pus ne doivent pas leur efficacité aux agents microbiens spécifiques qu’elles renferment, mais aux leucocytes ou aux débris leucocytaires et aux produits qui en dérivent et que des résultats absolument comparables à ceux déjà publiés peuvent être obtenus par des injections de pus aseptique. »

Cette opinion de Bridré est confirmée par M. le Professeur Vallée et L. Bazy. Ces derniers prétendent que l'emploi d’un antigène hétérologue donnerait d'aussi bons résultats que l'emploi de l’agent causal lui-même utilisé comme vaccin. Certains auteurs vont même, non sans raison, jusqu’à utiliser à ce titre des matières protéiques d'origine non microbienne (protéinothérapie).

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La dénomination de bactériothérapie serait donc préférable à celle de vaccinothérapie qui éveille l'idée de spécificité corrélative de toute tentative de vaccination.

Quelle que soit la forme donnée à l'antigène utilisé (germes vivants, sensibilisés ou non, cadavres microbiens diversement traités, etc.), l’efficacité du procédé de traitement reste la même.

Depuis lors, de nombreux auteurs, parmi lesquels il faut citer Thomas, Chanier et Dupont, Capmau, ef, plus récemment, van Saceghem, Franc, Bemelmans, Leduc, Taskin, Miessner et Berge, Antoine et Liégeois, Barth, ont publié des observations détaillées qui ont fait ressortir tous les avantages de cette nouvelle méthode thérapeutique.

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