ACTION DE LA PYRODINE SUR LA TEMPÉRATURE
Nous avons administré la pyrodine dans cinq cas de fièvre typhoïde, onze cas de tuberculose, un cas de pneumonie, enfin chez une malade atteinte de phlegmon périnéphrétique.
La température a été suivie toutes les heures, et dans quelques cas même, nous l’avons recueillie toutes les cinq minutes.
Nous avons prescrit la pyrodine généralement à la dose de 5 à 10 centigrammes. Rarement nous avons dépassé cette dose, quoique dans un cas nous l’'ayons sans inconvénient portée jusqu'à 29 centigrammes. Mais presque toujours la dose de 10 centigrammes nous a donné des résultats suf-
ts =
fisants, et dans deux cas même elle a provoqué des accidents de collapsus.
Quand on administre la pyrodine chez un fébricitant, on constate que la température commence à baisser peu de temps après l'absorption du médicament , puis après être restée stationnaire, elle s'élève de nouveau, et atteint bientôt son niveau primitif. En résumé elle décrit une courbe à sommet inférieur que nous allons maintenant étudier dans tous ses détails.
1° Degré de la Rémission thermique.
Nous étudierons successivement le degré de la rémission thermométrique, c’est-à-dire la quantité dont s’est abaissée la température, produite par des doses de 4, 8, 10 centigrammes et plus.
1° Doses de 5 centigrammes.
32 fois, nous avons administré la pyrodine à la dose de 5 centisrammes et nous avons obtenu les rémissions suivantes :
DévO T4 0 1 fois 005 » 1° CS 1e 18 » 4 53e 10.
Résultats nuls 2 »
La température s’est donc abaissée de 1° à 3° dans près des trois quarts des cas (76 p. 100);
moins souvent de 5 dixièmes à 1° (12 p. 100), rare-
ment de 1° à 5 dixièmes, ou de 4 (3 p. 100); enfin 6 fois sur 100 la pyrodine a échoué.
En additionnant les rémissions obtenues, et en divisant par 32, on obtient comme rémission moyenne {°1.
2 Doses à 8 centigrammes.
Nous ne possédons que huit tracés obtenus avec 8 centigrammes de pyrodine. Ce nombre peu considérable vient de ce que cette quantité n’a été prescrite, que quand la rémission étant insuffisante avec » centigrammes, il semblait dangereux de pousser la dose jusque 10 centigrammes.
Nous avons obtenu les résultats suivants :
1° 3 fois 102 A à 16 4 >»
18 ‘on
La rémission moyenne produite par 8 centiorammes a été de 1°4.
4° Doses de 10 centigrammes.
Cette dose a été administrée 24 fois et nous avons obtenu des rémissions de :
0°5 à 1° 3 fois F9” » 20 D > ZOO 20 car 92 >» 4 CC Résultats nuls ES
La rémission la plus fréquente a donc été de 2: à 4o (54 p. 100). 33 fois sur 100, elle a varié entre
5 dixièmes et 2. Enfin le médicament a échoué 12 fois sur 100.
L’abaissement moyen a été de 1°9,
4 Doses supérieures à 10 centigrammes.
Dans sept cas nous avons administré des doses supérieures à 10 centigrammes. Ces cas se répartissent ainsi : Doses de 10 centigrammes 3 fois, doses de 15 centigrammes 2 fois, doses du 20 centisgrammes une fois, doses de 25 centigrammes une fois.
Avec ces différentes doses nous avons obtenu les résultats suivants :
Doses de 12 centigrammes
1°6 2 fois 108 IR
Doses de 15 centigrammes 0°6G 1 fois De 1)
Avec 20 centigrammes la rémission a été de 8 dixièmes, avec 25 centigrammes de 4o.
En comparant ces divers résultats avec ceux qu'ont obtenus MM. Bernheim et Simon (1), Devaux (2), Specher (3) avec les autres antithermiques, on voit que la dose de 10 centigrammes cor-
respond assezexactement,quoiqueavantuneaction
(1) Revue médicale de PEst.
(2) Thèse de Nancy 1885.
(3) Thèse de Nancy 1889.
un peu plus énergique, à des doses de 50 centigrammes (lantifébrine et de phénacétine et de 2 grammes d’antipyrine.
Arrêtons-nous maintenant sur les cas où le médicament s’est montré efficace. Sur 69 cas où nous avons administré la pyrodine, elle a échoué cinq fois : deux fois à la dose de 5 centigrammes, trois fois à la dose de 10 centigrammes.
Doit-on de ces insuccès conclure à l’infidélité du médicament? Nous ne le croyons pas. Si la pyrodine n’a pas agi, c’est qu’elle n’a pas été absorbée à une dose suffisante.
La fièvre, en effet, n'offre pas la même résistance aux antithermiques, non seulement dans des affections différentes, mais chez le même malade. C’est ainsi qu'avec une dose de 5 centigrammes nous avons obtenu, chez un mème sujet, des ré missions de 8 dixièmes et de 1°6.
Deux de nos insuccès sont relatifs à une malade atteinte de phlegmon pérméphrétique. La pyrodine, administrée successivement à la dose de 5 à 10 centigrammes, n'eut aucune action; 15 et 20 centigrammes ne déterminèrent qu’une rémission insionifiante, et il fallut, pour obtenir un résultat satisfaisant, porter la dose à 25 centigrammes. La fièvre était donc dans ce cas particulièrement rebelle.
Deux autres insuccès concernent un malade atteint de rhumatisme articulaire aigu, chez lequel
oo
50 centigrammes d’antifébrine furent également impuissants à abaisser la température.
Enfin, chez un malade atteint de pneumonie, alors que la fièvre avait résisté à l’administration de 10 centigrammes de pyrodine, on obtint avec 15 centigrammes une rémission de 3°2.
Il nous semble donc légitime d’imputer non pas au médicament, mais à la dose administrée, et à la résistance de la fièvre ces insuccès, et l’on peut dire que même à faible dose la pyrodine est un médicament constant.
Un fait qui mérite d’être signalé, c’est le rapport entre la température initiale et la rémission thermique obtenue.
En étudiant l’antifébrine, Jacob (1) avait signalé ce fait que plus la température initiale est élevée plus l’abaissement est considérable. MM. Bernheim et Simon, reprenant l’étude de ce médicament, infirmèrent cette opinion contraire à leurs propres observations. « Sur 12 tracés de fièvre typhoïde, disent-ils, où la température était inférieure à 40°, la rémission moyenne obtenue par une dose de 25 centigrammes était de 1°6, elle était de 1°7 dans 8 autres cas où la température dépassait ce chiffre; des doses de 50 centigrammes ont donné dans les 2 cas une rémission moyenne de 2 et de 2%3, Chez nos tuberculeux la moyenne
(1) These de Nancy, 1887.
ce
des rémissions où la température initiale était inférieure à 38° a été également très rapprochée de celle fournie par les tracés où la température dépassait 38°, »
La question a son importance, car si la température initiale et le degré de l’abaissement thermique était exacte, elle permettait jusqu'à un certain point de régler l'emploi du médicament et d'éviter les accidents.
Or, en prenant la moyenne des températures initiales correspondant à des rémissions de même valeur, nous avons obtenu les tableaux suivants :
Doses de 5 centigrammes.
Rémission de 0°1à0°5 temp. initiale, 38°8
005 » 1° 39° Sp 39°2 2o » 3 3905 4° 40°
Doses de 10 centigrammes.
Rémission de 0°5 à 1° temp. mitiale, 38°4
dr 520 3800 ARE a de 3905 Un EL 398
Il semble donc bien réellement exister une progression constante de la rémission à mesure que la température s'élève davantage.
Mais ce qui est vrai en prenant en masse {fous nos tracés, ne l’est plus en étudiant séparément les tracés de fièvre typhoïde et ceux de tuberculose.
Dans la fièvre typhoïde la rémission a été sensiblement la même quand la température n’atteignait pas 39°, où quand elle dépassait ce chiffre.
Dans la tuberculose, au contraire, nous avons toujours vu l'hyperthermie de la dernière période céder beaucoup plus facilement que la fièvre du début. C’est ainsi qu’en prenant la moyenne des rémissions obtenues par 5 centigrammes de pyrodine dans la tuberculose au début, nous avons obtenu Lo$, tandis qu’à la dernière période elle a été de 2°6. De même avec des doses de 10 centigrammes, l’abaissement moyen suivant les périodes a été de 1°8 et de 3°5.
Cela posé, comme un grand nombre de nos tracés concernent des tuberculeux avancés, il est facile de comprendre que nos relevés aient paru confirmer une opinion qui ne résiste pas à un examen approfondi des faits.
En résumé nous avons administré 69 fois la pyrodine : 64 fois nous avons déterminé à l’aide de ce médicament un abaissement de la température, 5 fois seulement 1l à échoué. En général la rémission a été d'autant plus considérable que la dose administrée était elle-même plus forte, sans toutefois lui être rigoureusement proportionnelle. Enfin de toutes les affections dans lesquelles nous avons administré la pvrodine, c’est la tuberculose à la dernière période dont la température nous a semblé céder le plus facilement.
2 Abaissement de la température.
L'action de la pyrodine est rapide : une demiheure, en général, après son administration, elle a produit déjà une action bien marquée. Dans 10 cas où nous avons relevé de 5 en 5 minutes la température, nous avons constaté qu’elle commençait à baisser au bout de :
o minutes { fois.
10 » pe 19 » 4 »
20 » 14e 30 » He 45 » 15
Cest donc, en général, au bout de 10 à15minutes, que l’action commence à se faire sentir. Dans un cas même, elle fut plus rapide, puisqu’au bout de 5 minutes, la température commençait à baisser, et que 10 minutes après l’administration du médicament, il s'était produit déjà une rémission de 6 dixièmes.
L'action de la pyrodine semble donc être plus rapide que celle des autres antithermiques. Nous n'avons malheureusement pas pu comparer suffisamment nous-mêmes ces divers médicaments, mais si nous consultons les expériences faites au service de M. le professeur Bernheim, nous voyons que l’antifébrine, d'après MM. Bernheïm et
Simon, agit en général au bout de 15 à 30 minutes, l’antipyrine, d’après Devaux, au bout d’une demiheure à une heure, la phénacétine enfin, d’après Specker, et d’après quelques expériences personnelles faites comparativement avec la pyrodine, après une heure, le plus rarement au bout d’une demi-heure.
Une fois commencée, la rémission se poursuit d’une facon généralementirrégulière. La première heure, la température baisse rapidement, souvent d’un degré et demi ou même de 2 degrés, puis la rémission devient moins considérable la 2° heure, et la 3° elle ne se chiffre plus que par quelques dixièmes (voir tracé n° 1).
Cette marche n’est du reste pas constante, c’est ainsi que dans 7 tracés la plus forte rémission se produisit dans le cours de la 2° heure (voir tracé n° 2). Enfin dans une de nos observations (voir tracé n° 3), après s'être abaissée de quelques dixièmes, les 2 premières, la température arriva brusquement dans l’espace de la 3°, à son minimum par une rémission de 1°2.
Très rarement la rémission a été brusque, la température atteignant son minimum dans l’espace d’une heure (voir tracé n° 4).
Dans un certain nombre de cas, peu nombreux d’ailleurs, la marche de Pabaissement thermique fut au contraire très régulière en même temps que très lente, la température S'abaissant de quelques
dixièmes seulement par heure (voir tracé n°5).
De PT £ { IT RÉ ES OS Mn ns a dir san A nine en Con de SUD ER PE ne ce En TE a
unie ue s =. | EHRE, % AU tt + À) 4x 4 : ares Entre 27 (ads w = = 17 s ’ :
x A F PSE , CE ES de prmméoe
Dir # BR eh em a paré ce ee panel = mob Pro nent on ee ramir mn à È $ 1% n À * - be cu 4 ; d ' Lu goss me of. : = $ É des :
nn Set
SeunuerPTQUES O] SUIPOIL seunueshnuso 0] OUTPOIL
EE
SOON SNA GGGAGURS
+ 19Ydl - 1$01N943an1 € 19V4L — 3S01n9439n1
4 n# J 1 È É ne : D = ne mi en re pe a ae mm 1 mm GA Er mn tre ant À [es 1x: OMAN IC IT C'HIARTI 1200715:
; ee CS CE - = PNEU ; 1 À î $ L 1 f 4 î ; 3 ”.
LASER PR Le "he sguere À -# és PS RER È L è ; fo: Le i ; ) 2. : | A | ñ i î i $— & L + é aa > " R £ ÿ M
ru fond momannnne , ae | ' Î ; D.
À ‘ É ; ; Le Ne de
PR - HIER : Le st : ï 5 È ; k A h ;
î [ds : i $ ET À. PE 1 . Le sé":
| î DEN E —mmnrabhte a ne ER :9 Er 402 Fr [4 î = f $ / ? RE | à | : » / : < ./ ä ù + { f I 2} : >
de ns " e |
sotuuweJbnUso ç -
QUIPOIAT
AMC