OBSERVATION IX
Royer, Elise, 27 ans, domestique.
Entrée le 26 septembre. 1° atteinte. Malade depuis un mois environ.
27 septembre. — Douleurs spontanées et à la pression avec gonflement sans rougeur au niveau du poignet droit que la malade ne peut ni étendre ni fléchir. Fléchit et étend difficilement l’avant-bras ; douleurs spontanées et à la pression sans gonflement au niveau du coude, surtout à la partie antéro-interne. Douleur à la pression au-dessous de l'acromion, peut cependant lever le bras sans grande douleur.
À gauche, douleur vive avec gonflement au niveau de l'articulation de la première avec la deuxième phalange du pouce. Gonflement sans rougeur, douleurs spontanées et à la pression au niveau du poignet. Ne peut fléchir le poignet.
Douleur vive sans gonflement notable au niveau
de Particulation tibio-tarsienne droite surtout au des-
ride
sous de la malléole externe. Mouvements d'extension et de flexion impossibles. Plie difficilement le genou droit, douleur à la pression au niveau du creux poplité.
Les douleurs sont surtout intenses le soir (pyrodine 10 centigrammes).
28 septembre. — La malade à pris 10 centigrammes de pyrodine à cinq heures et demie du soir. Elle avait à ce moment des douleurs vives dans les articulations malades, et surtout au niveau des vertèbres cervicales. Ne pouvait fléchir, étendre ni tourner la tête. Les douleurs ont persisté aussi intenses et ne se sont calmées que vers quatre heures du matin. N’a pu dormir.
Actuellement même état du poignet et du coude droits, toutes les articulations des doigts de la main gauche sont gonflées et douloureuses, sauf celles du pouce qui sont moins sensibles qu'hier. Même état du poignet gauche. Pas de douleur au niveau des vertèbres cervicales, peut fléchir et étendre la tête, fléchit et étend bien le cou de pied droit, légère sensibilité à la pression au-dessous des malléoles. Plus de douleur au genou droit (pyrodine 15 centigrammes).
29 septembre. — La malade a pris 15 centigrammes de pyrodine hier à six heures du soir. Elle éprouvait à ce moment de vives douleurs surtout à la nuque et aux mains. Une heure après, elle n'avait plus aucune douleur et pouvait mouvoir toutes les articulations.
Actuellement peut fléchir, quoique difficilement,
fl
en —
les deux poignets qui sont encore tuméfiés et légèrement douloureux à la pression. Sensibilité à la pression au-desous de la malléole externe droite. Toutes les autres articulations sont dégagées (pyrodine 10 centigrammes).
30 septembre. — Hier soir la douleur a reparu à la nuque, aux poignets et au coude gauche. La malade a pris 10 centigrammes de pyrodine, et la douleur s’est calmée au bout d’une heure. Ce matin ne souffre plus, toutes les articulations sont libres (suppression de la pyrodine).
1% octobre. — La malade n’a pas souffert hier dans la journée. Depuis onze heures et demie du soir, douleur vive au niveau des vertèbres cervicales, mouvements de flexion et d'extension impossibles. Douleur vive spontanément et à la pression au poignet et au coude gauches. Douleur légère à la pression seulement au poignet droit (pyrodine 15 centigrammes).
2 octobre. — Les douleurs ont disparu environ trois quarts d'heure après l'administration du médicament (dix heures du matin), elles ont reparu mais peu intenses vers dix heures du soir. Actuellement les articulations sont à peu près dégagées. Légère douleur pendant les mouvements du cou, sensibilité légère à la pression au niveau du poignetet du coude gauches (pyrodine 10 centigrammes).
» octobre. — Hier et avant-hier la malade a pris 10 centigrammes de pyrodine, plus de douleurs spontanées, sensibilité au niveau des poignets et du coude vauche.
Ce matin les urines sont hémaphéiques, teint très
pàle, muqueuses décolorées, pas d'ictère. Souffle très
intense au premier temps et à la base, qui n'existait pas auparavant (Suppression de la pyrodine).
9 octobre. — Les urines sont plus rouges qu’hier, teinte jaune assez prononcée des téguments plus marquée aux sclérotiques, anémie profonde,
Douleur vive à la nuque et aux poignets.
19 octobre. — Les urines ont repris leur coloration normale. Le teint est moins pâle, muqueuses toujours très décolorées. Depuis huit jours environ les douleurs ont disparu.
Les observations qui précèdent sont relatives à des malades atteints de rhumatisme articulaire subaigu. Dans ces cas les douleurs ont cédé rapidement, en général trois quarts d'heure ou une heure après l'administration du médicament. Mais l'expérience montre que pour obtenir un résultat satisfaisant il faut en administrer une quantité relativement considérable. Ainsi la dose de 5 centisrammes, prescrite d’ailleurs une seule fois (observation VIT), s’est montrée complètement imefficace. La dose de 10 centigrammes n’est pas suffisanment énergique et la douleur n’a cédé Le plus souvent complètement qu'avec 15 centigrammes. Ajoutons que l’administration quotidienne de 10 ou 15 centigrammes de pyrodine a déterminé, chez la malade qui fait l’objet de notre dernière obser-vation, des accidents d’hémoglobinurie sur lesquels nous reviendrons plus loin.
Voici maintenant un cas de rhumatisme articulaire aigu où le médicament a échoué.